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Cancers primitifs du foie :
d’énormes progrès grâce à la pluridisciplinarité

Le point avec le Dr Marine Gilabert, Oncologue digestif à l’IPC

Gilabert Marine oncologue institut paoli calemette

Existe-t-il plusieurs types de cancers primitifs du foie ?

Dr Marine Gilabert : Oui. Mais en réalité, 90 % des cancers primitifs du foie sont des hépatocarcinomes. En France, on dénombre plus de 8 000 nouveaux cas chaque année (un chiffre qui par ailleurs ne cesse d’augmenter), ce qui place l’hépatocarcinome au 12ème rang des cancers en termes de fréquence dans notre pays.

L’homme est concerné dans 8 cas sur 10, essentiellement après 50 ans. Enfin, point fondamental, ce cancer survient presque toujours sur une maladie du foie préexistante : une cirrhose dans 85 % des cas, une hépatite chronique B ou C, voire une maladie chronique du foie due à la surcharge pondérale ou au diabète.

 Et les autres 10 % ?

Dr Marine Gilabert : Ce sont des cholangiocarcinomes, deuxième type possible de cancer primitif du foie. Il s’agit d’un cancer développé aux dépens des voies biliaires.

Quels sont aujourd’hui les points forts à retenir en termes de prise en charge ?

Dr Marine Gilabert : Dans les deux cas, le développement de la prise en charge pluridisciplinaire a permis d’enregistrer des progrès notables. Globalement, nous disposons d’un véritable éventail thérapeutique pluridisciplinaire, mixant la chirurgie, la radiothérapie, la radiologie interventionnelle, les thérapies systémiques. D’où des possibilités de prise en charge de plus en plus accrues pour les patients.


Pour les hépatocarcinomes, plusieurs types de traitements peuvent être mis en oeuvre, selon le profil du patient.

Les différents traitements sont proposés en fonction de trois paramètres :

  • le type et le stade de la maladie du foie à l’origine du cancer,
  • le stade de la tumeur,
  • l’état général du patient.

La première option consiste à réaliser une chirurgie de résection, entre autres lorsque le foie fonctionne encore normalement. Il s’agit d’une ablation partielle : on enlève la partie du foie sur laquelle la tumeur s’est développée. Dans certains cas, la chirurgie est une transplantation hépatique, c’est-à-dire une greffe du foie. Objectif : traiter à la fois le cancer et la maladie chronique, en remplaçant le foie atteint par un foie sain.

Il existe aujourd’hui des alternatives à la chirurgie. Lors d’une intervention réalisée sous anesthésie générale en radiologie interventionnelle, on vient détruire la tumeur grâce à l’action de la chaleur (radiofréquence) ou du froid (cryothérapie). Des domaines dans lesquels l’IPC a été précurseur. Enfin, dans la même optique, l’équipe peut aussi faire appel à la radiothérapie conformationnelle.

D’autres traitements, délivrés localement ou régionalement, peuvent également être utilisés avec une excellente efficacité.

  • La chimioembolisation : on injecte, par le biais de l’artère hépatique qui vient nourrir la tumeur, un traitement médicamenteux sous forme de particules remplies de chimiothérapie. Le produit est alors libéré durant plusieurs semaines avec une efficacité locale majeure, sans toxicité pour le reste de l’organisme.

  • La radioembolisation consiste à injecter des sphères microscopiques, faites de verre ou de résine, chargées d’un produit radioactif agissant localement. Ce traitement fait appel aux savoirs-faire de la médecine nucléaire et de la radiologie interventionnelle.


Si la maladie est trop avancée pour un traitement local, une thérapie ciblée, délivrée par voie orale sous forme de comprimés, est proposée. Celle-ci permet de détruire spécifiquement les petits vaisseaux des tumeurs, où qu’elles soient dans l’organisme, pour qu’elles ne soient plus alimentées.

Par ailleurs, en lien avec les progrès récents, plusieurs essais cliniques nationaux et internationaux tendent à démontrer un bénéfice de l’immunothérapie. Ces traitements d’immunothérapie, délivrés en perfusion, visent à « booster » l’immunité du patient (activation des lymphocytes) pour l’aider à lutter contre sa maladie.

Depuis 2015, l’IPC a lancé plusieurs essais cliniques d’immunothérapie. Compte tenu des premiers résultats, ces traitements vont probablement révolutionner la prise en charge des patients atteints d’hépatocarcinome.

 

 

 

La prise en charge des cholangiocarcinomes a clairement évolué en s’ouvrant à la pluridisciplinarité.

Les traitements reposent toujours sur la chirurgie, mais aussi sur la chimiothérapie et la radiothérapie. Enfin, des traitements intra-artériels de radioembolisation et de chimioembolisation, pour lesquels l’IPC est reconnu, sont en cours de développement et peuvent être proposés dans certains cas.

La combinaison de ces différents types de traitements permet :

  • soit de diminuer la taille de la tumeur et de l’opérer,
  • soit de diminuer les risques de récidive,
  • soit de bloquer durablement la tumeur.

Cela a induit des progrès significatifs ces dernières années. Les nouveaux traitements d’immunothérapie pourraient aussi apporter un bénéfice chez certains patients mais les études sont encore en cours et les résultats encore préliminaires.


Maj le 05/02/2018

Le foie

  • Le foie est un organe qui possède plusieurs fonctions. Il fabrique la bile, filtre le sang, stocke le glucose et produit des substances indispensables au maintient de l’équilibre dans l’organisme.

  • Il existe deux types de cancers primitifs du foie : l’hépatocarcinome, le plus fréquent, et le cholangiocarcinome.

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