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Le cancer du rein : un cancer mieux détecté et mieux soigné

L’incidence du cancer du rein a connu une augmentation de l’ordre de 20 % en l’espace de 30 ans. Cette évolution est liée au vieillissement de la population, à l’impact de facteurs de risque reconnus - le tabac, l’obésité et l’hypertension artérielle (voir ci-dessous), mais aussi à une meilleure détection de ces cancers : le recours plus fréquent à l’imagerie médicale permet d’identifier de façon fortuite et précoce plus de cancers du rein. Une détection qui a radicalement changé la prise en charge et les pronostics de guérison, plus favorables aujourd’hui.


Le traitement à l’IPC : privilégier une approche mini-invasive

La majorité des cancers du rein sont des tumeurs de petite taille, localisées (pour environ 80 % des cas au moment du diagnostic). Ce qui explique que deux cancers sur trois au moins sont découverts fortuitement, à l’occasion d’une échographie ou d'un scanner. Dans la majorité des cas également, un seul rein est touché, l'atteinte des deux reins étant exceptionnelle.

Les lésions relevant de la simple surveillance

Du fait de la découverte fortuite de petites lésions cancéreuses rénales, certains cas ne réclament qu’une surveillance sans intervention. Cette option n'est envisageable que si la tumeur est de petite taille, de faible agressivité sur les données de la biopsie et ne progresse pas au cours du suivi.

Selon les résultats des examens menés dans le cadre du suivi, l’équipe évalue le meilleur choix pour le patient : surveillance ou intervention.

En première intention, la chirurgie

Quand une intervention est nécessaire, la chirurgie est le traitement le plus fréquemment proposé pour réaliser l'ablation de la tumeur. Aujourd’hui, néanmoins, d’autres techniques de radiologie interventionnelle sont possibles dans certains cas.

Le type de chirurgie proposée dépend de la taille de la tumeur

Selon la localisation de la tumeur, le chirurgien urologue décide de la meilleure stratégie, en essayant de privilégier si possible une néphrectomie partielle, à condition qu’elle soit techniquement possible et sans impact sur le pronostic.

Pour les tumeurs localisées, la chirurgie est généralement partielle (néphrectomie partielle). L’intervention consiste à n'enlever que la partie du rein où se situe la tumeur, ce qui permet de conserver la fonction de l’organe, sachant que la moitié d’un rein suffit à assurer l’autonomie rénale.

Pour les tumeurs qui sont mal positionnées pour relever de  la chirurgie partielle, l'intervention vise à ôter la totalité du rein malade, ainsi que tous les tissus qui l'entourent : il s’agit d’une néphrectomie totale.

A l’Institut Paoli-Calmettes, ces interventions sont réalisées en favorisant une approche mini-invasive, par robot chirurgical pour la chirurgie partielle, par coelioscopie classique pour l’ablation totale :

- La chirurgie robotique extraie la tumeur par une incision de la taille d’une boutonnière, une pratique mini-invasive qui favorise les suites opératoires ;

- En cœlioscopie, le chirurgien travaille sous caméra en introduisant des instruments à travers la paroi abdominale par de petites incisions.


Le traitement anti-angiogénique de la maladie métastatique

Le cancer du rein n’est pas une maladie sensible à la chimiothérapie. En complément des autres traitements (chirurgie, radiologie interventionnelle), les médicaments de référence sont des traitements appelés anti-angiogéniques : ils ont pour but de bloquer la prolifération vasculaire, c’est-à-dire la fabrication des vaisseaux sanguins irriguant les tumeurs.

Ces médicaments s’administrent par voie orale. Ils nécessitent une surveillance clinique et biologique régulière car ils peuvent occasionner des effets indésirables digestifs, cardiovasculaires, métaboliques, cutanés, muqueux…

Enfin, notre collaboration nationale et internationale à des essais cliniques dans cette pathologie pourra conduire votre oncologue à vous proposer une prise en charge thérapeutique innovante. Notamment, de nouveaux traitements d'immunothérapie, qui stimulent le système immunitaire, ont récemment montré leur efficacité dans le cancer du rein.

Les thermo-ablations : des méthodes non invasives contre les petites tumeurs et les métastases

Lorsque la tumeur est de petite taille, c’est à dire moins de 4 cm, localisée à l’extérieur du rein, éloignée d’autres organes et bien accessible par une aiguille passée à travers de  la peau (per cutanée), l’équipe en charge des cancers urologiques peut être amenée à proposer un traitement par thermo-ablation (cryothérapie ou radiofréquence).

Guidée par un scanner interventionnel, qui offre une vision en 3 D, sous anesthésie générale, la cryothérapie consiste à implanter des « cryosondes » - de fines aiguilles - qui vont geler la tumeur pour la détruire.

Pratiquée également sous scanner, la radiofréquence consiste, au contraire, à détruire les petites tumeurs en les soumettant à une chaleur de 60 degrés ou plus.

Dans certains cas, pour les cancers métastatiques, ces thermo-ablations peuvent être proposées en complément du traitement anti-angiogénique.

En savoir plus sur les thermo-ablations

Les reins

Les reins sont situés dans l’abdomen sous le thorax, de part et d’autre de la colonne vertébrale. En élaborant l’urine à partir du sang, ils jouent le rôle de filtres. Ils participent à l’épuration du sang et à l’élimination des déchets de l’organisme. L’urine fabriquée par les reins est drainée par les uretères vers la vessie où elle est stockée entre deux mictions. Un seul rein peut suffire à assurer cette fonction d’épuration.

Chiffres-clefs

Environ 11 000 nouveaux cas par an en France selon l'INCa, le cancer du rein arrive en 3ème place, par ordre de fréquence, parmi les tumeurs urologiques, après le cancer de la prostate et celui de la vessie, et au 8ème rang des cancers en général. Il touche deux fois plus d’hommes que de femmes, avec un âge moyen de survenue estimé à 62 ans. Les formes familiales sont rares : elles ne concernent qu’un individu sur 36 000. 

Ressources

  Association Française d’Urologie 

  Association Européenne d’Urologie (European Association of Urology – EAU)