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Frédéric Attané
L’appel des « Pompiers de l’espoir »

« Quand on vous annonce une maladie comme ça, c’est un séisme :
le sol se dérobe sous vos pieds, puis la colère s’installe tout de suite. »

Je m’appelle Frédéric Attané. J’ai 47 ans. Je suis papa de 2 enfants de 17 et 22 ans. J’ai été marin-pompier sur Marseille pendant 23 ans, et j’ai pris ma retraite en avril 2011, depuis je suis fonctionnaire territorial et pompier volontaire sur ma commune, à Vitrolles.

En janvier 2013, on m’a diagnostiqué un cancer du pancréas. Et depuis, je suis soigné à l’IPC. En juin 2012, à l’issue d’une intervention, j’ai eu une grosse crise d’hypoglycémie. Ça a été la première alerte. Ensuite en novembre, aux 10 kilomètres de La Provence, je ne suis pas rentré dans mes temps, et avec une douleur énorme au niveau du ventre. Je n’en ai pas dormi de la nuit et là, j’ai vraiment commencé à m’inquiéter.

Visite chez le médecin, examens médicaux, scanner, IRM… s’enchaînaient, mais on ne trouvait rien. Alors, j’ai pris mon PC, j’ai tapé « Institut Paoli-Calmettes » et j’ai regardé les noms des gastro. Dr Pesenti. Ce nom m’a convenu. J’ai eu la visite médicale le 17 janvier à 10h. Et à 14h, il m’a diagnostiqué mon cancer, avec les examens médicaux que je lui avais amenés.

Donc, au fond de moi, je savais déjà que ce n’était pas anodin. Et puis quand on est un sportif, on connaît son corps et les maux que j’avais à ce moment-là n’étaient pas des maux habituels. Et le verdict est tombé, avec toutes ses conséquences, pour moi et pour ma famille.

Quand on vous annonce une maladie  comme ça, c’est un séisme : le sol se dérobe sous vos pieds, puis la colère s’installe tout de suite. La colère, puis j’ai voulu protéger ma famille, pour savoir que, lorsque l’issue fatale arriverait, ma famille serait préservée.

J’ai eu ma première cure de chimio à l’hôpital, de nuit. Je suis tombé sur un infirmier fabuleux, qui m’a expliqué avec patience tous les produits, l’enchaînement du protocole. Et là, je me suis rendu compte que l’IPC était une institution à la hauteur de sa réputation.

A l’hôpital, j’étais dans une chambre, je ne voyais pas ce qui se passait. Mais à l’hôpital de jour, on se retrouve avec d’autres malades. Il y avait cette jeune fille, qui devait avoir l’âge de ma fille, 17 ans, qui n’avait plus de cheveux, qui était dans la souffrance et qui était en chimio, juste en face de moi. Et je ne pouvais pas la regarder dans les yeux, j’étais oppressé, je compatissais à sa souffrance. Je la comprenais et je me suis dit qu’à cet âge-là, ce n’est pas possible.

Et j’ai pensé aux petits qui eux, sont dans leurs chambres d’hôpital, et je me suis dit : « Ces gamins, ils supportent les mêmes produits que toi, qui es adulte. Toi tu sais, eux, ils ne savent pas. Ils ne se plaignent pas. »

Puis de retour dans le taxi, je n’ai pas arrêté d’y penser, me dire il faut faire quelque chose. De toute façon, toi tu es malade, tu es un adulte. Même si tu es condamné, avec la volonté, tu peux déplacer les échéances, déjouer les pronostics et faire de ton combat, si on appelle ça un combat, parce que pour moi, ce n’est pas un combat, le cancer.

On ne se bat pas contre le cancer, on cohabite avec. Le cancer n’a pas d’âme. On combat contre quelqu’un qui a une âme, mais on cohabite avec cette saleté. Je me suis dit : « Il faut que tu fasses un truc. Et pourquoi ne pas amener de l’argent et pour la recherche, et pour ces gosses ? »

J’en ai parlé à mes collègues, en caserne. Déjà ils étaient touchés par ma maladie, ils ne comprenaient pas pourquoi moi, j’étais malade. Mais quand je leur ai dit moi, ce n’est pas le plus important. Moi, je suis là, je vais tenter de faire quelque chose.

Pourquoi ne pas s’unir tous et demander à tous les pompiers de France 1 € minimum, de participer au moins à la hauteur d’1 € symbolique pour la recherche, et pour ces gosses ?

J’ai levé une armée derrière moi. Et aujourd’hui, on se retrouvera, peut-être 250 000 bonhommes… Imaginez qu’on puisse apporter une pierre à l’édifice. Bien sûr, autour de ça, on va faire un événement. On a pensé, vu qu’on est des sportifs, on va faire une course pour symboliser l’action.

Aujourd’hui, je suis malade, mais j’ai une nouvelle thérapie : la thérapie de mon projet, la thérapie de mes amis, la thérapie de ma famille, qui sont là, qui sont derrière, qui me poussent. Ca m’amène une certaine fierté, et ça me permet aujourd’hui de vivre et de m’accrocher. Et quoi qu’il arrive, et quoi qu’il arrivera, je partirai serein.

Bien sûr, autour de ça, on va faire un événement. On a pensé, vu qu’on est des sportifs, à faire une course pour symboliser l’action.