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Vivre greffée

Après avoir vaincu une leucémie myéloïde, Laurence Pierrefeu témoigne de son parcours et de son quotidien.  Ses angoisses passées ont laissé place à la joie de vivre et à l’envie de transmettre son expérience.

« L’annonce de ma leucémie a été un moment très difficile. Même si j’avais un mauvais pressentiment d’être si fatiguée, me dire que j’avais une défaillance qui pouvait mener à la mort m’assommait. Je ne pouvais pas me faire à l’idée de laisser mon mari et de ne pas voir grandir mes trois enfants. Je me suis battue pour eux, c’est eux qui m’ont donné la force de me battre et jamais je n’aurai pensé être si combative.

Mon parcours thérapeutique a été très éprouvant. Deux greffes et plus d’un an de chimio, d‘asepsie, d’antibiotiques ... Refusant l’appartement thérapeutique, j’ai dû porter un masque, mon mari désinfectait régulièrement toute la maison, je ne devais pas manger d’aliments crus ni de laitages.  La douleur et la fatigue étaient là aussi, mais le soutien de mes proches a été d’un grand secours.

Après ma greffe allogénique, il a fallu que j’apprenne à me ré-apprivoiser, à m’aimer à nouveau. Car au début j'avais l'impression que mon corps ne m'appartenait plus, que j'étais quelqu'un d'autre.

Je suis consciente que mon frère m'a sauvée, que grâce à lui je peux voir grandir mes enfants auprès de mon mari. Il est une partie de moi.

 Mon aspect général ne reflétait plus l’image que je me faisais de moi. J'avais grossi, mes cheveux, autrefois raides,  repoussaient bouclés, et ma silhouette avait changé, transformant ma petite tablette d'abdominaux en pot de Nutella ! J'ai donc repris une activité sportive, le travail, et tout est rentré dans l'ordre petit à petit.

Aujourd’hui,  je vis ma vie pleinement, toutes les années qui passent sont du bonus. Les petits chagrins qui autrefois me pesaient sont relativisés. Je n'ai pas de contraintes au quotidien, si ce n'est une visite de contrôle annuelle et un bilan sanguin tous les trois mois.

A l’annonce de ma rémission, je me suis dit que j’avais eu la chance d’avoir un donneur intrafamilial et de m’en sortir, et qu’il fallait alors que je fasse quelque chose de bien. Depuis, je fais partie d’une association, les veilleurs de vie, dont l’objectif est de recruter de nouveaux donneurs. Je fais aussi publier des articles dans la presse afin de mobiliser et informer la population sur le réel besoin de moelle osseuse.

Aux malades, je souhaite dire qu’il ne faut pas baisser les bras, qu’il faut se battre car la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Que des associations aident au  recrutement de donneurs universels et que le moral joue fortement sur la guérison. Sortir vivant d’une telle maladie est une renaissance. C'est pour cela que maintenant je croque la vie à pleines dents… sans faire d'excès ! ».