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Comprendre comment les cellules tumorales survivent au stress pour mieux les affaiblir

L’équipe de Juan Iovanna, spécialisée dans l’étude du stress cellulaire, travaille avec les oncologues et les chirurgiens de l’IPC pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles, notamment pour le cancer du pancréas.

Au quotidien, une cellule reçoit de très nombreux stimuli. On parle de stress cellulaire lorsque, pour la cellule, les limites physiologiques supportables sont dépassées. Ce stress peut provenir de l’intérieur même de la cellule, par exemple en cas de surproduction anormale d’une substance toxique, ou peut découler de son environnement extérieur (mauvaise vascularisation entraînant un manque d’oxygène, des apports insuffisants en glucose, etc.).

En cas de stress cellulaire, plusieurs situations sont possibles. Soit la cellule est « habituée » à ce stress, elle sait y répondre et génère les mécanismes à mettre en place ; soit elle parvient à survivre en déployant de judicieux systèmes de défense ; soit elle n’arrive pas à s’adapter et se suicide. Des stimuli très forts ou prolongés dans le temps peuvent déclencher l’apoptose (mort organisée). 

 

Identifier les mécanismes « anti-stress » des cellules tumorales

Une tumeur est constituée, dans des proportions variables, de cellules transformées en cellules tumorales et de stroma, partie fibreuse et dense, mal vascularisée. Lorsque la part du stroma est relativement importante, la tumeur est globalement moins « alimentée ».  D’une part les cellules tumorales sont donc des cellules qui se sont particulièrement bien adaptées à leur environnement hostile et au stress induit : elles ont multiplié les systèmes de défense et sont devenues particulièrement résistantes. D’autre part, comme la tumeur est peu vascularisée, il s’avère plus difficile d’amener en son coeur des médicaments actifs.

« Face à ce constat, nous tentons d’identifier tous les mécanismes mis en place par les cellules tumorales pour résister au stress et les conséquences de ces mécanismes d’adaptation, afin de trouver comment les affaiblir. Nous savons aujourd’hui que chaque patient a une constitution de tumeur qui lui est propre, chaque tumeur étant composée, dans des pourcentages divers, de cellules qui ont surmonté ce stress par des voies différentes, certaines ayant utilisé une seule voie, d’autres plusieurs », explique le Dr. Juan Iovanna.

D’où l’intérêt d’étudier le profil d’expression de chaque tumeur, afin de la caractériser et de la confronter à tous les médicaments qui existent pour affiner les différentes approches thérapeutiques. Il s’agit à la fois de recherche fondamentale, mais aussi, déjà, pour ce qui concerne les cancers du pancréas, de recherche translationnelle. L’équipe de Juan Iovanna travaille en effet sur une nouvelle cible thérapeutique à même d’abaisser la réponse au stress des cellules cancéreuses pancréatiques et ainsi les rendre plus sensibles à leur microenvironnement délétère.