Joindre l'IPC

04 91 22 33 33

 Prendre rendez-vous

04 91 22 30 30


Cancers hématologiques - Focus sur les lymphomes


Les lymphomes sont dus à des anomalies moléculaires affectant les lymphocytes. Le développement de la maladie, comme le traitement, dépendent du type de lymphome. On compte une trentaine de formes, plus ou moins agressives, mais qui toutes se soignent de mieux en mieux.

Docteur Réda Bouabdallah, Chef de l’unité d’Hématologie I à l’IPC

Peu connus, les lymphomes sont pourtant les 6ème maladies cancéreuses en termes d’incidence en France, les premiers cancers chez les adolescents et jeunes adultes et ils sont en augmentation. Une trentaine de formes différentes avec un foyer de départ commun : le lymphocyte. Les lymphomes surviennent quand la maturation du lymphocyte est bloquée et que cette cellule prolifère de façon anarchique.

Les lymphocytes font partie des globules blancs et, baignant dans le liquide que constitue la lymphe, ces cellules jouent un rôle primordial pour le système immunitaire. Elles « voyagent » dans le système lymphatique (lymphe, ganglions, organes lymphoïdes) empruntant son réseau des canaux pour jouer leur rôle d’agent immunitaire et protéger  l’organisme contre les agressions.

On distingue deux formes de lymphocytes qui agissent de façon complémentaire pour protéger notre organisme des agents infectieux, mais aussi du développement de maladies tumorales : les lymphocytes B produisent des anticorps et sont responsables de l’immunité dite « humorale », alors que les lymphocytes T exercent leurs effets soit par des interactions cellulaires directes avec leurs cibles, soir en sécrétant diverses substances délétères pour ces cellules cibles ; les lymphocytes T sont responsables de l’immunité « cellulaire ».

Paradoxalement, il arrive que ces lymphocytes acquièrent ou développent des anomalies, se transforment en cellules qui échappent au contrôle de l’organisme et se multiplient anarchiquement, faisant d’elles des cellules cancéreuses. C’est cette prolifération qui aboutit à un lymphome malin qui évolue et se répand plus ou moins vite dans l’organisme.

« Globalement, explique le Docteur Réda Bouadbdallah, les lymphomes sont dus à des anomalies moléculaires affectant les lymphocytes. Alors qu’avant on pensait qu’il y avait deux pics de fréquence, l’un chez les jeunes adultes puis un autre autour de 60 ans, on constate aujourd’hui une distribution de plus en plus linéaire des cas sur tous les âges de la vie. »

 

De très nombreux facteurs dont on connaît encore mal l’incidence entrent en ligne de compte pour expliquer cette prévalence. Certains sont d’ordre génétique, d’autres d’ordre environnemental, ou encore induits par des virus ou bactéries. Ainsi, environ 10 % de la population française est porteuse d’une anomalie moléculaire qui est une translocation entre les chromosomes 14 et 18 et qui est susceptible de devenir un lymphome folliculaire. « Ce que l’on ne sait pas encore, c’est pourquoi chez certaines personnes, l’anomalie deviendra maladie. »

Autre exemple, le virus d’Epstein-Barr, responsable notamment de la mononucléose infectieuse, et que l’on retrouve dans le lymphome de Burkitt, qui était un lymphome à mauvais pronostic mais qui se soigne dans la majorité des cas maintenant.

 

« Natural killers »

Le développement de la maladie, comme le traitement, dépendent du type de lymphome. On les classe en deux grandes catégories : les lymphomes hodgkiniens, ou maladie de Hogdkin, les plus fréquents chez les jeunes adultes, et les lymphomes non hodgkiniens. Les lymphomes hodgkiniens s’identifient à la présence de cellules particulières et parfaitement reconnaissables au microscope, les cellules de Reed-Sternberg. La maladie de Hodgkin se subdivise en 4 types et 2 grandes formes : le LH classique et le LH nodulaire à prédominance lymphocytaire.

Les lymphomes non hodgkiniens comptent une trentaine de lymphomes différents selon leur aspect microscopique, clinique, leur évolution et leur réponse aux traitements. Ils sont globalement plus agressifs que les lymphomes hodgkiniens, et leur agressivité dépend des lymphocytes affectés, B qui représentent 80 % des cas de lymphomes non hodgkiniens, ou T.

« Il y a des lymphomes indolents encore appelés de faible grade de malignité, explique le Docteur Réda Bouabdallah, qui sont peu agressifs et se développent plutôt lentement, donc ne justifiant pas de traitement immédiat, à la différence des lymphomes dits de haut grade de malignité qui évoluent vite, et exigent donc un traitement dès le diagnostic. »

 

Un peu moins d’un quart des LNH sont des lymphomes folliculaires à évolution lente et peu agressive. Ce caractère lent et progressif explique qu’ils sont souvent diagnostiqués à un stade avancé. Les lymphomes B diffus à grandes cellules sont les plus fréquents. Ils touchent surtout des patients adultes âgés en moyenne de 60 ans, ils sont plutôt agressifs et d’évolution rapide et, s’ils apparaissent en général dans les ganglions, ils peuvent aussi naître dans d’autres organes, comme le tube digestif, la peau, les poumons…

 

Article paru dans La revue de l'IPC n°8 - Décembre 2014



Partagez cette information sur les réseaux sociaux