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Dr. Marine Gilabert : « Trouver des biomarqueurs pronostiques et prédictifs de la réponse thérapeutique des tumeurs pancréatiques »

« Malgré les progrès récents de la chirurgie et l’arrivée de combinaisons de chimiothérapie et/ou de thérapies ciblées, les cancers du pancréas restent difficiles à prendre en charge. Deux patients, de « même profil » au diagnostic, peuvent présenter une évolution et une survie très différentes, sans que l’on puisse l’anticiper avec les outils scientifiques actuels. Il en est de même pour les taux de réponse thérapeutique. C’est une des problématiques essentielles de l’adénocarcinome pancréatique : savoir proposer le traitement le plus adapté au patient et à sa tumeur. Il existe donc un véritable défi à identifier des biomarqueurs à utilité clinique, qui permettraient de savoir comment traiter un patient, en tenant compte de l’hétérogénéité tumorale et de la résistance aux médicaments.

Le Projet PaCaOmics, pour « Pancreatic Cancer et techniques de Omics », a donc vu le jour dans ce contexte connu de maladie très agressive, laissant peu de chances à l’efficacité d’un « seul traitement pour tous ». A l’aide de xénogreffes (greffes tumorales sur souris) et de cultures primaires (croissances cellulaires in vitro) obtenues à partir de prélèvements tumoraux de patients consentants, nous pouvons réaliser des analyses très précises sur les cellules tumorales au niveau de leur ADN, ARN, protéines et voies de signalisation de prolifération tumorale, mais aussi au niveau de leur métabolisme cellulaire, comportements/interactions avec les autres cellules de l’organisme et principaux facteurs cellulaires impliqués dans la résistance aux traitements.

Grâce à la collaboration de trois centres hospitaliers (IPC, Hôpital Nord et Hôpital de la Timone) avec la plateforme de recherche du CRCM sur le cancer du pancréas du Dr Juan Iovanna, le projet a pu démarré en 2012. Nous espérons pouvoir inclure un total de 300 patients. Les premiers résultats ont été rapides puisque de nombreuses publications scientifiques sont en cours, dont certaines déjà publiées dans d’excellents journaux scientifiques (2 en 2014 et 1 en 2015), portant notamment, grâce aux techniques d’analyse moléculaire à haut débit, sur l’étude des différents profils génomiques des tumeurs et, grâce aux chimiogrammes, sur les tests de sensibilité aux chimiothérapies. Une demande de brevet concernant ces techniques et résultats a été déposée en décembre 2014.

Ce projet est donc un projet très ambitieux, porteur de résultats scientifiques majeurs pour la recherche marseillaise en Cancérologie. Nous espérons qu’il nous permettra de mieux appréhender cette maladie et de traiter les patients de la façon la plus proche possible d’une médecine personnalisée. »