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Myélome : la survie moyenne a été multipliée par deux en dix ans


Ce qu’il faut savoir sur cette pathologie, les grandes lignes de la prise en charge thérapeutique et les enjeux de la recherche : tour d’horizon avec le Dr Anne-Marie Stoppa, hématologue à l’Institut Paoli-Calmettes.

Qu’est-ce que le myélome ?

Dr Anne-Marie Stoppa : Le myélome, qui touche 3 personnes sur 100 000 en France, est le cancer de la moelle osseuse qui touche les plasmocytes. Ces cellules du système immunitaire, dérivées des lymphocytes B, fabriquent les immunoglobulines qui, normalement, nous protègent des infections. Elles sont présentes dans le sang à hauteur de 10 à 15 g.

Lorsqu’il y a un dysfonctionnement des plasmocytes, le plus souvent, le taux de gammaglobulines devient trop élevé (pic monoclonal) ; parfois, au contraire, il est insuffisant. Mais ce sont les lésions osseuses, l’insuffisance rénale, l’anémie qui font la dangerosité du myélome.

 

Est-ce que l’on sait le dépister ?

Dr A-M S : La maladie est probablement précédée par une phase indolente : on est porteur d’une anomalie mais on va très bien pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, cette phase indolente n’est pas prise en charge. Il ne faut pas traiter un myélome indolent c’est-à-dire sans lésions osseuses, sans anémie, sans insuffisance rénale, car il n’y a pas de bénéfice démontré d’une prise en charge précoce des myélomes asymptomatiques. Donc le dépistage est actuellement déconseillé. En effet, 5 % de la population de plus de 65 ans présente une anomalie de la synthèse des immunoglobulines, dite gammapathie monoclonale bénigne. Seulement 10 % de ces cas nécessiteront un traitement 10 ans plus tard.

 

Comment un myélome est-il pris en charge ?

Dr A-M S : Le myélome doit être traité lorsqu’il y a des lésions osseuses, et/ou une anémie, et/ou une augmentation du calcium, et/ou une insuffisance rénale, liée/liées à la gammapathie. C’est l’une des pathologies qui, ces dix dernières années, a le plus bénéficié des thérapies mettant en oeuvre de nouvelles modalités d’action. Grâce à deux familles de médicaments, d’une part les inhibiteurs de protéasome, d’autre part les IMiDs, associés à la cortisone et à une chimiothérapie classique par Melphalan, nous parvenons à la rémission, suite à laquelle le patient est hors de danger pendant plusieurs années. Si la récidive est la règle dans cette hémopathie maligne, la survie a néanmoins doublé depuis les 10 dernières années grâce à l’accès à ces nouvelles drogues.

 

Quelles sont les particularités des lésions osseuses dans le myélome ?

Dr A-M S : 80 % des patients présentent des lésions osseuses. Tous les os peuvent être touchés par la maladie, mais la colonne vertébrale, le bassin et les fémurs sont particulièrement concernés. La destruction osseuse - spécifique du myélome - entraîne des lacunes douloureuses, parfois même des fractures, et la reconstruction osseuse après rémission est rarement de bonne qualité.

A l’IPC, un dispositif de prise en charge des patients douloureux a été mis en place grâce à une collaboration interdisciplinaire étroite entre les hématologues et les radiologues interventionnistes. Pour lutter contre la douleur, mais aussi pour consolider les os atteints et préserver le squelette, une ou plusieurs cimentoplasties1 sont réalisées par voie percutanée sous contrôle de l’imagerie.

Il est fondamental de prendre en charge les lésions osseuses, les douleurs provoquées, le plus rapidement possible. Il est en effet important de conserver au mieux l’autonomie physique et psychique de ces patients, souvent âgés de 70 ans et plus, d’éviter la chronicisation de la douleur, les répercussions somato-psycho- sociales et les possibles séquelles à long terme.

 

Quels sont les axes de recherche spécifiques au myélome ?

Dr A-M S : Les recherches sur des thérapies ciblées avancent. Des études de phase I, II et III sont en cours à l’IPC avec de nouvelles molécules incluant des anticorps monoclonaux spécifiques du plasmocyte ou de son micro environnement.

Parallèlement, nous cherchons à savoir si nous pouvons identifier et quantifier la maladie résiduelle chez des patients en rémission. Nous participons à un programme de recherche sur ce thème, lancé par l’Intergroupe Francophone du Myélome, association dédiée à la recherche fondamentale et clinique sur le myélome.



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