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L’IPC lance les RCP de médecine moléculaire et prédictive


Pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique ou localement avancé, l’IPC propose des Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP) de médecine moléculaire et prédictive.

Objectif : trouver au plus tôt, pour ces femmes, des thérapeutiques ciblant au mieux les anomalies identifiées.

Depuis toujours, la prise en charge pluridisciplinaire des patients constitue l’une des spécificités des Centres de Lutte Contre le Cancer, une condition de bonne pratique. Les Réunions de Concertation Pluridisciplinaire, encore appelées RCP, visent à mettre en commun les connaissances entre plusieurs professionnels, à faire émerger, pour chaque patient, une décision thérapeutique collective, afin d’atteindre une efficacité optimale.

A l’Institut Paoli-Calmettes, plus d’une dizaine de RCP sont ainsi organisées chaque semaine. Elles regroupent des médecins de différentes spécialités médicales et chirurgicales : oncologues, chirurgiens, radiologues, radiothérapeutes… Au début de son parcours de soins et à tous les moments critiques de sa prise en charge, chaque patient voit son dossier étudié en RCP. A tout moment, il peut avoir accès à la liste des praticiens ayant participé.

A moyen terme, des RCP de médecine moléculaire et prédictive pour tous les cancers localement avancés ou métastatiques

Depuis avril dernier, l’IPC organise un nouveau type de RCP : des RCP de médecine moléculaire et prédictive, intégrant également des biologistes, des anatomopathologistes, ou encore des spécialistes de la génomique. L’idée : lors de la prise de décision thérapeutique, prendre en compte les spécificités moléculaires de la tumeur de la patiente concernée.

Car, comme l’explique le Dr Daniel Birnbaum, biologiste moléculaire, « compte tenu de l’expertise de l’IPC dans la prise en charge du cancer du sein, tant sur le plan clinique qu’au niveau des plateaux techniques, le processus débute avec des patientes atteintes d’un cancer du sein, métastatique ou localement avancé, réfractaire aux médicaments  classiques. Pour ces malades qui n’ont pas répondu aux différentes lignes de traitement mises en oeuvre, il s’agit de proposer une approche plus personnelle ».

 

Entre 20 et 40 patientes pourraient bénéficier de cette filière en 2014. Puis, à partir de 2015, cette nouvelle méthodologie de prise en charge devrait progressivement être élargie à l’ensemble des cancers avancés (tumeurs solides et hématologie), non accessibles à un traitement conventionnel et nécessitant des réponses innovantes.

A chaque résistance pourrait correspondre un médicament

Cette approche personnalisée implique de réaliser tout d’abord une biopsie de la métastase. Aujourd’hui, cette biopsie s’effectue la plupart du temps sous actes mini-invasifs, sous anesthésie locale. Il s’agit d’une procédure de moins en moins compliquée. D’ici quelques années, le développement de la recherche d’anomalies moléculaires dans les cellules tumorales circulantes, récoltées par une simple prise de sang, pourrait remplacer les biopsies traditionnelles.

« Pour chaque patiente, nous allons étudier, à partir des tissus obtenus par biopsie, le matériel génétique des cellules métastatiques et rechercher, notamment grâce à la technique de séquençage à haut débit, des altérations moléculaires, c’est-à-dire des lésions dans les gènes. Une cinquantaine de gènes altérés, pour lesquels il existe d’ores et déjà des médicaments, nous intéresse en particulier », affirme le Pr Anthony Goncalves, co-responsable du projet avec le Pr François Bertucci.

 

En fonction de telle ou telle mutation ou altération mise en évidence, il est en effet possible, d’une part de mieux comprendre pourquoi la patiente a résisté aux traitements traditionnels, d’autre part de prescrire un médicament agissant directement sur cette mutation génétique, lorsqu’il existe.

400 gènes à étudier

Pour les patientes sélectionnées, la démarche est en priorité à visée thérapeutique. Parce que, bien souvent, leur tumeur s’adapte très rapidement aux traitements habituels et les contournent, c’est une course contre la montre qui s’engage. Mais le projet va aussi de pair avec des objectifs de recherche pour, selon le Pr Jean-Paul Borg, Directeur scientifique de l'Institut Paoli-Calmettes et Directeur du Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille, « répondre à de nouveaux défis médicaux ». En clair, faire évoluer la médecine personnalisée pour toutes les pathologies.

« Nous savons maintenant qu’un certain nombre d’anomalies moléculaires connues peuvent être communes à différents types de cancer et répondre à des thérapeutiques transversales. Par ailleurs, nous allons sûrement développer à l’avenir des médicaments qui ne seront plus nécessairement dépendants de la maladie primitive, c’est-à-dire du premier cancer. Depuis peu, nous pensons en effet qu’il existe des différences entre les tumeurs primitives et leurs métastases, voire entre plusieurs localisations de métastases », ajoute le Pr Anthony Gonçalves.

 

Parallèlement, l’essor de l’étude moléculaire des tumeurs va permettre de mieux connaître et de tester un plus grand nombre de gènes. Environ 400 gènes, pour lesquels il n’existe pas encore de médicaments ciblés, sont dans le collimateur. Pour élargir le champ d’étude à ces 400 gènes, un nouveau programme de modélisation préclinique est mis en œuvre à l’IPC. Un programme d’envergure visant à tester des molécules innovantes sur des cellules tumorales en fonction de leurs caractéristiques génomiques, à étudier des mutations connues apparues dans de nouveaux contextes, ou encore à sélectionner l’approche thérapeutique ou le traitement mixte le plus efficace en cas de multiples mutations.

Enrichir l’arsenal thérapeutique

Trouver de nouveaux médicaments devient en effet une priorité majeure, au regard d’un arsenal thérapeutique devenu trop limité pour répondre à l’évolution des connaissances sur les phénomènes tumoraux. Mais outre les problématiques financières d’accès aux nouvelles molécules, l’innovation est freinée par des systèmes d’autorisation particulièrement lourds. C’est donc au cas par cas, et toujours avec un souci de respect de l’éthique, que, pour l’heure, chaque dossier doit être spécifiquement étudié.

« Il convient de conserver une certaine dose d’humilité face au cancer. Mais je pense sincèrement que, enfin, nous sommes sur la bonne voie et que tout va considérablement s’accélérer dans les années à venir. Il y aura des échecs, car nous ne pouvons pas garantir le succès à tout le monde. Mais il y aura certainement de beaux succès, impossibles à envisager avec les médicaments traditionnels », ajoute le Dr Daniel Birnbaum.

 

Raisons pour lesquelles en interne, le projet suscite beaucoup d’enthousiasme. Tous les acteurs sont mobilisés : du brancardier qui amène la patiente, au coursier responsable de l’arrivée de l’échantillon au laboratoire dans les bonnes conditions, en passant par le technicien qui réceptionne les éléments pour identification et analyse, en s’assurant de disposer du consentement de la malade…



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