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Les DIMI explorent les voies d’avenir


DIMI, pour diminution des incisions, des séquelles, et des suites opératoires… à l’IPC, les équipes de chirurgie et d’endoscopie digestive ont créé les DIMI pour développer ces approches qui répondent à de plus en plus d’indications en chirurgie oncologique. Le point avec le docteur Eric Lambaudie, chirurgien et le docteur Marc Giovannini, gastro-entérologue.

Quels sont les avantages de ces approches mini-invasives ?

Eric Lambaudie : L’enjeu est de limiter les conséquences du geste opératoire. L’hospitalisation est  moins longue, la cicatrisation plus rapide, les séquelles plus légères, les saignements moins abondants et les infections post-opératoires moins fréquentes avec les méthodes mini-invasives.

Marc Giovannini : L’endoscopie et l’échoendoscopie sont les seules techniques qui permettent de mettre en évidence des lésions superficielles du tube digestif ou des tumeurs débutantes du pancréas. En cas de lésion tumorale du tube digestif, elles donnent un bilan d’extension avec une précision de 90 %, ce qui est une aide fondamentale à la prise de décision pour un traitement. Couplée à une biopsie, ces techniques évitent une chirurgie lourde, dès aujourd’hui il est possible de réaliser la résection complète et curative de tumeurs cancéreuses superficielles de l’oesophage, de l’estomac, du duodénum et du côlon et il sera bientôt possible de réaliser le traitement de tumeurs du pancréas en guidant diverses thérapeutiques comme la destruction locale par radio-fréquence ou cryothérapie. C’est donc, à résultat égal, des méthodes moins mutilantes, mais aussi de nouvelles indications et un éventail de techniques pour un choix démultiplié de possibilités.

Que représentent aujourd’hui à l’IPC les méthodes mini-invasives pour extraire les tumeurs ?

EL : L’utilisation de l’assistance robotisée a été particulièrement développée pour la prise en charge des cancers de la prostate et des cancers gynécologiques, l’IPC enregistrant la plus grosse activité française dans cette spécialité. La chirurgie par robot pour le traitement de cancers digestifs se développe aussi. Aujourd’hui, à l’IPC, 100 % de la chirurgie des cancers de la prostate et 70 % à 80 % de la chirurgie des cancers du col de l’utérus sont traités par voie coelioscopique assistée ou non.

Pour les cancers colorectaux, les équipes ont réalisé 220 interventions en 2013 en utilisant une technique chirurgicale mini-invasive.

MG : L’unité d’échoendoscopie et d’endoscopie oncologique digestive de l’IPC pratique près de 8 000 actes par an. L’IPC est équipé des dernières innovations avec des microscopes miniaturisés, qui permettent en un geste non invasif de 2 minutes de déterminer avec 93 % de fiabilité la malignité éventuelle de cellules. Les indications de soins se développent sans cesse.

Vous avez créé un groupe, les DIMI, qui réunit 4 grandes spécialités de l’IPC : la chirurgie urologique, digestive, gynécologique et les endoscopies digestives. Qu’attendez-vous de cette réunion informelle ?

EL : Cette unité transversale s’inscrit dans la dynamique du développement de soins moins lourds. Partant de notre point commun, la réalisation de gestes chirurgicaux à ventre fermé, sous contrôle d’une caméra, le partage permet de s’inspirer de ce que font les autres pour trouver de nouvelles possibilités de soins. Par exemple, nos collègues du digestif se sont inspirés pour la chirurgie du côlon et du rectum des méthodes employées en gynécologie et urologie, et en gynécologie nous employons maintenant l’endoscopie confocale habituellement utilisée dans les voies biliaires et le pancréas. Et il faut aller au-delà : en France, aujourd’hui, faute de matériel et de formations adéquats, moins de 40 % des femmes qui subissent une hystérectomie pour un cancer sont soignées avec ces méthodes mini-invasives. Mais les perspectives de développement de ces techniques existent car ce taux n’était que de 20 % il y a 5 ans et seulement 17 % en région PACA.

MG : Il nous semble très important de faire bénéficier plus de patients de ces approches, et pas seulement dans des centres d’excellence, d’où le volet formation que facilite le DIMI : nous devons partager les compétences, la connaissance, les études et les évaluations, notamment auprès des jeunes médecins et chirurgiens, pour le bénéfice d’un plus grand nombre de patients.

Donc ce groupe enrichit nos pratiques, nos approches et nos réflexions, mais la création des DIMI permet aussi de quantifier mieux, d’évaluer, de comparer des pratiques qui ne sont ni suffisamment développées ni suffisamment étudiées. Nous faisons le pari qu’elles sont les voies d’avenir.

 

LA CHIRURGIE AMBULATOIRE, TENDANCE D’AVENIR

La chirurgie ambulatoire progresse parce qu’elle répond aux attentes de plus en plus de patients qui la préfèrent à une hospitalisation traditionnelle, et parce que les évolutions techniques et les  innovations thérapeutiques permettent une telle prise en charge chirurgicale.

L’IPC entend poursuivre le développement des prises en charge en une journée, particulièrement dans le domaine des chirurgies mammaires pour réaliser, à l’horizon 2020, 50 % des actes de sénologie chirurgicale en ambulatoire, contre 20 % actuellement.

Ce développement implique de prévenir et de mieux traiter les effets secondaires, notamment la douleur, et d’instaurer des protocoles de surveillance à distance. Précurseur, l’Institut a travaillé sur un protocole de prise en charge de la douleur, spécifique à la chirurgie du sein.

Une stratégie d’amélioration du confort péri-opératoire dans les modalités d’administration et les associations de médicaments, axée sur l’analgésie anticipée et multimodale, a été mise en place.

Les chirurgies mini invasives de l’ovaire pourraient elles aussi s’effectuer de plus en plus ainsi, et représenter à terme de l’ordre de 15 % des interventions.

L’activité d’endoscopie digestive interventionnelle se développera sur ce mode ambulatoire.

En urologie, certains gestes chirurgicaux seront également réalisés en ambulatoire.



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