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La thermo-chimiothérapie : une nouvelle alternative thérapeutique pour les tumeurs non infiltrantes de la vessie


L’Institut Paoli-Calmettes s’engage dans l’optimisation de la prise en charge de des patients atteints d’une tumeur non infiltrante de la vessie en proposant une stratégie innovante : la thermo-chimiothérapie.  Interview du Dr. Géraldine Pignot, chirurgien urologue.

Quels sont les patients concernés par cette innovation ?

Dr. Géraldine Pignot : 75 % à 85 % des cancers de la vessie diagnostiqués sont des tumeurs non infiltrantes. Le traitement standard repose sur une résection endoscopique (par les voies naturelles). Mais certaines de ces tumeurs, plus agressives que d’autres, sont associées à un fort risque de récidive et/ou de progression à 5 ans. Dans ces cas particuliers, un traitement post opératoire standard est également recommandé : des instillations par les voies naturelles. Selon le grade et le stade de la tumeur, il s’agit de chimiothérapie (Mitomycine C), ou encore de BCG, qui vient agir sur le système immunitaire.

La thermo-chimiothérapie s’adresse d’une part aux patients présentant une tumeur multi-récidivante malgré une ou plusieurs séries d’instillations de Mitomycine C et/ou de BCG ; d’autre part aux patients considérés comme réfractaires au BCG, puisqu’en récidive précoce après une série d’instillations de BCG, et pour lesquels une cystectomie est donc théoriquement indiquée. S’ajoutent, enfin, les patients pour lesquels le BCG ne peut être proposé en raison d’une contre-indication ou d’une intolérance au traitement.

En quoi consiste ce nouveau traitement ?

Dr. Géraldine Pignot : La thermo-chimiothérapie repose sur une synergie anti-tumorale entre la chimiothérapie et une hyperthermie de 42°C +/-1. La Mitomycine, produit disposant déjà de l’autorisation de mise sur le marché, est chauffée à 42°C puis instillée dans la vessie par l’intermédiaire d’une sonde vésicale. Le schéma d’administration est identique à celui de l’instillation standard, soit une instillation hebdomadaire pendant 6 à 8 semaines. Les conditions et les précautions d’emploi sont également similaires. La thermo-chimiothérapie est déjà largement diffusée en Europe. En France, en revanche, seuls trois centres l’utilisent actuellement, dont l’IPC.

Quels bénéfices pour les patients ?

Dr. Géraldine Pignot : Chez les patients éligibles, cette stratégie thérapeutique innovante permet de diminuer le risque de récidive de l’ordre de 60 % par rapport à la Mitomycine seule, et donc potentiellement les indications de cystectomie totale (ablation totale de la vessie), avec une efficacité au moins équivalente à celle du BCG. Plusieurs études cliniques multicentriques internationales sont actuellement en cours pour confirmer ce bénéfice à long terme. La tolérance semble également excellente, avec quelques effets secondaires irritatifs locaux, mais moins fréquents et moins marqués qu’avec le BCG.

La thermo-chimiothérapie devient donc une alternative thérapeutique. Une option à privilégier dans les années à venir, notamment en raison de la pénurie chronique de BCG, véritable problème sur le plan médico-économique, puisque privant nos patients du traitement standard recommandé en cas de tumeur à haut risque.



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