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Un Nobel de médecine né dans l’incubateur marseillais


Le prix Nobel de médecine 2018, décerné à deux chercheurs en immunologie, l’Américain James Allison et le Japonais Tasuku Honjo, a mis à l’honneur l’immunothérapie, traitement du cancer particulièrement prometteur.

Un prix Nobel, fruit de recherches ayant débuté à Marseille : les explications du Pr. Jean-Paul Borg, directeur scientifique de l’IPC et directeur du Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM).

 

Qu’est-ce que James Allison et Tasuku Honjo ont découvert ?

Jean-Paul Borg : James Allison a mis en évidence la fonction d’une protéine, la protéine CTLA-4, qui freine l’action des lymphocytes T, des cellules du système immunitaire.

Tasuku Honjo, lui, a découvert un récepteur, appelé PD-1, présent sur des cellules immunitaires, et qui ralentit la réponse immunitaire. Leurs travaux ont permis le développement de nouvelles « molécules – médicaments » : l’ipilimumab, un anticorps anti-CTLA-4, et le nivolumab, un anticorps dirigé contre PD-1.

Dans les deux cas, on active la réponse immunitaire de l’organisme contre le cancer.

Il est intéressant de noter que, au départ, CTLA-4 a été découverte à Marseille, par un chercheur du Centre d’Immunologie de Marseille Luminy, en l’occurrence le Dr Jean-François Brunet, qui travaillait dans l’équipe du Dr Pierre Golstein. C’était il y a 30 ans déjà, en 1987.

 

L’utilisation d’anticorps pour agir sur le système immunitaire est-elle LA solution contre le cancer ?

Jean-Paul Borg : En aucun cas. Certes, l’immunothérapie, sous cette forme, a récemment donné lieu à d’excellents résultats, mais ce n’est pas le Graal pour tout le monde.

D’une part, pour qu’un patient puisse en bénéficier, son système immunitaire doit être en bon état ; d’autre part, certaines pathologies répondent mieux que d’autres. Enfin, on enregistre des différences de réponse entre plusieurs patients présentant la même pathologie.

Néanmoins, indiscutablement, l’immunothérapie constitue une évolution majeure.

  

Quels sont les axes de recherche des équipes IPC-CRCM qui travaillent sur l’utilisation d’anticorps en immunothérapie ?

Jean-Paul Borg : Le premier axe de travail consiste à identifier de nouvelles cibles puis à tester des anticorps dirigés contre ces cibles, afin de développer de nouveaux médicaments.

Au-delà de l’histoire de CTLA-4 et de PD-1, nous continuons effectivement à identifier d’autres molécules, impliquées dans la réponse immunitaire anti-tumorale. Le second consiste à trouver les moyens de mieux prédire la réponse aux traitements : soit en découvrant dans la tumeur des marqueurs susceptibles de nous aider à mieux prédire cette réponse aux traitements, soit en étudiant directement le système immunitaire du patient.

Au total, cinq équipes de recherche scientifiques et médicales, IPC et CRCM, travaillent sur ces sujets.

Nous avons également plusieurs programmes de collaboration en cours avec des partenaires extérieurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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