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Les tendances d'avenir de la cancérologie : L’exemple de l'IPC


Marseille, 28 janvier 2014.

Lors d’un point presse, à la veille de la Journée mondiale du cancer du 4 février et de la présentation du Plan Cancer III, le Professeur Patrice Viens, Directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC)  a présenté « les tendances d’avenir de la cancérologie : l’exemple de l’IPC », en présence du Professeur Didier Blaise, Chef du département d’Onco-Hématologie et Président de la Commission médicale d’établissement et du Professeur Anthony Gonçalves, de l’unité d’Oncologie médicale, expert de la médecine personnalisée.

A cette occasion, le Professeur Viens est revenu sur 4 grands axes du programme d’établissement lancé en 2013, axes emblématiques des tendances d’avenir dans le domaine de la cancérologie :

  • Le développement de la prise en charge en ambulatoire, à la faveur de traitements mini ou non invasifs,
  • Le développement de la médecine personnalisée ou l’individualisation des traitements,
  • La prise en charge des patients guéris, plus nombreux grâce aux meilleurs résultats des traitements qui augmentent les chances de guérison, et la nécessité d’inscrire la prise en charge dans la durée,
  • Le projet IPC 4, un bâtiment dédié à la prise en charge des leucémies, illustrant une partie des parcours de patients réclamant une haute technicité de soins.

 

Les changements dans le domaine de la cancérologie

Les approches diagnostiques, les prises en charge thérapeutiques, et les besoins des patients changent en cancérologie. « L’avenir des traitements des cancers est à une prise en charge la plus contractée possible (de l’avènement des filières rapides de diagnostics, du développement des prises en charge ambulatoires…) avec le moins de séquelles pour le patient (grâce aux pratiques mini et non invasives), une prise en charge qui, pour être plus simple et rapide pour les patients, suppose une grande complexité des soins et de l’organisation (traitements individualisés, organisation des soins en un  temps contracté) et, en parallèle à ces prises en charge fluidifiées, des plateaux techniques de plus en plus sophistiqués pour les patients requérant des prises en charge lourdes (à l’instar des leucémies pour lesquelles  IPC4 sera construit) ». Professeur Patrice Viens, Directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes 

 

 

Filières rapides de diagnostic

Les diagnostics peuvent être de plus en plus rapides et de plus en plus précis, et les filières de diagnostic rapide et pluridisciplinaire s’organisent pour réduire au maximum l’attente des patients, sans diagnostic et sans perspective thérapeutique, avec la suspicion de cancer qui est intolérable. Une fois le diagnostic posé, la cartographie de la tumeur se doit d’être la plus exhaustive possible, dans un délai permettant une prise en charge rapide. Les nouveaux séquenceurs à moyen et haut débit permettent de connaître les gènes impliqués dans la transformation cellulaire et de mesurer l’agressivité d’une tumeur pour un patient donné.

 

Parcours individualisés et médecine personnalisée

Dans les années à venir, la prise en charge de la majorité des patients va évoluer dans deux directions différentes : d’un côté, une prise en charge lourde, nécessitant une hospitalisation et des soins de haute technicité, et de l’autre  (parfois complémentaire) une prise en charge ambulatoire, mais nécessitant de multiples consultations de suivi, et rendant de plus en plus complexe le parcours du patient pour qui le traitement sera conçu sur mesure.

FOCUS IPC : pour une meilleure fluidité des prises en charge

Face à ces évolutions, l’IPC s’équipe de nouvelles unités de soins ou plateaux techniques, mieux adaptés à ces nouveaux modes de prises en charge,  et met en place une organisation facilitant une plus grande fluidité de prise en charge. Pour répondre aux enjeux de demain, de nouveaux métiers vont apparaître ou se développer et des investissements souvent lourds sont, et seront, nécessaires pour réussir la mutation des pratiques en cancérologie, indispensable pour une prise en charge moderne, conforme aux nouveaux besoins des patients.

 

Le développement des techniques d’intervention mini ou non invasives

La prise en charge thérapeutique des pathologies cancéreuses fait de plus en plus appel à des techniques mini-invasives ou non invasives,  guidées par l’imagerie : chirurgie robotique, échoendoscopie et imagerie interventionnelle thérapeutique.

FOCUS IPC : Le nouveau bâtiment IPC3 qui ouvrira en novembre prochain abritera un nouveau plateau intégrant toutes les techniques de pointe en matière d’endoscopie et d’imagerie interventionnelles.

L’imagerie interventionnelle thérapeutique consiste à réaliser des interventions sous guidage de l’imagerie permet de focaliser le traitement sur la tumeur, et à le rendre plus efficace, mais également de diminuer sensiblement sa toxicité en épargnant les organes non atteints.

L’échoendoscopie digestive est la seule technique qui mette en évidence des lésions de moins de 2 cm, grâce à une sonde souple d’échographie miniaturisée placée à l’extrémité d’un endoscope, pour visualiser un organe (œsophage, estomac, rectum, côlon), et la zone périphérique. C’est un atout majeur pour le diagnostic, les traitements, et la recherche, en faisant progresser la connaissance de la vie et des mécanismes des tumeurs.

L’endoscopie confocale permet de visualiser des cellules ou des tissus vivants, grâce à la bioluminescence, au microscope et de réaliser des images vidéo en temps réel au niveau cellulaire pour le diagnostic précoce de certains cancers. L’IPC fait partie des quelques centres français équipés des dernières innovations avec des microscopes miniaturisés, et qui permettent en un geste non invasif de 2 minutes de déterminer avec 93% de fiabilité la malignité éventuelle de cellules.

Près de 8 000 actes d’endoscopie sont réalisés chaque année à l’IPC.

La chirurgie robotique : La chirurgie robotique fait appel aux principes de la cœlioscopie (chirurgie mini invasive) qui consiste à prendre en charge des tumeurs pelviennes ou abdominales par les voies naturelles, ou en passant les instruments et la caméra par le biais d’incisions cutanées centimétriques. Les instruments sont miniaturisés et doués de 7 degrés de liberté, plus mobiles que le poignet humain, et  une caméra constituée de deux optiques donne une vision en 3 dimensions, par le biais de lunettes binoculaires, favorisant encore plus la précision du geste chirurgical. L’intervention est peu traumatisante et les suites opératoires sont mieux tolérées : moins de douleurs, de risque infectieux postopératoires, et moins de saignements. Le séjour à l’hôpital est plus court, et le rétablissement plus rapide.

L’IPC a été le premier Centre de Lutte Contre le Cancer français à s’équiper d’un robot chirurgical en 2007.  L'équipe de chirurgie gynécologique de l’IPC enregistre la plus grosse activité française et l’une des premières en Europe dans cette spécialité oncologique, et elle a réalisé la première hystérectomie avec curage pelvien en France en 2008.

 

La chirurgie ambulatoire : fluidifier le circuit des patients

Dans les prochaines années, la chirurgie ambulatoire va progresser parce qu’elle répond aux attentes de plus en plus de patients, préférant éviter une hospitalisation traditionnelle, et parce que les évolutions techniques et les innovations thérapeutiques permettent une prise en charge chirurgicale ambulatoire, pour certaines pathologies, gain de sécurité, souplesse et confort.

FOCUS IPC : 50% à 80% d’ambulatoire à l’horizon 2020

L’IPC enregistre une augmentation continue et régulière de sa file active, avec 7 600 nouveaux patients en 2012. Nombreux sont ceux qui sont déjà pris en charge en ambulatoire, à un moment ou à un autre de leur parcours de soins, pour une cure de chimiothérapie, un traitement effectué dans le cadre d’un nouveau protocole thérapeutique, une transfusion sanguine, un suivi de greffe, ou une cytaphérèse. A court terme, 80 % de ces actes seront effectués en ambulatoire.

L’IPC entend également poursuivre le développement de la chirurgie ambulatoire, particulièrement dans le domaine des chirurgies mammaires pour réaliser, à l’horizon 2020, 50 % des actes de sénologie chirurgicale en ambulatoire, contre 20 % actuellement.

Ce développement implique de prévenir et de mieux traiter les effets secondaires attendus, notamment la douleur, et d’instaurer des protocoles de surveillance à distance. Précurseur, l’Institut a travaillé sur un protocole de prise en charge de la douleur, spécifique à la chirurgie du sein. Une stratégie d’amélioration du confort péri-opératoire dans les modalités d’administration et les associations de médicaments, axée sur l’analgésie anticipée et multimodale, a notamment été mise en place.

Les chirurgies mini invasives de l’ovaire pourraient elles aussi s’effectuer de plus en plus en ambulatoire, et représenter à terme de l’ordre de 15 % des interventions chirurgicales pour cet organe. L’activité d’endoscopie digestive interventionnelle se développera sur ce mode ambulatoire. En urologie, certains gestes chirurgicaux seront également réalisés en ambulatoire.

 

La prise en charge du « patient guéri » 

Grâce aux découvertes de la recherche et à l’apparition de techniques innovantes de soins, les traitements ont changé, se traduisant de plus en plus par des succès. « De fait, commente le Professeur Patrice Viens, nous devons faire face à un défi nouveau : comment accompagner les patients dans la guérison ? Comment réduire les complications à long terme des traitements, ou en tout cas, comment atténuer leur impact sur la qualité de vie des patients ? »

FOCUS IPC : Pilote sur l’après cancer

L’IPC s’est engagé avec ses patients dans un programme pilote « d’après-cancer » depuis la fin 2011, sous l’égide de l’INCa, afin de permettre un suivi des patients guéris, mais qui doivent faire l’objet d’une surveillance médicale et qui, souvent, ont également besoin d’appuis pour reprendre une vie sociale et personnelle.

 « Dans la prise en charge des cancers, l’étape de la fin du traitement à l’IPC est décisive : le patient  a souvent le sentiment qu’après avoir été entouré, soigné, accompagné, il se retrouve seul avec sa guérison, après un traitement qui a souvent été lourd, avec des effets secondaires importants…  Or, s’il n’a plus besoin de traitements à l’hôpital, il a souvent des traitements à domicile et, dans les mois et les années qui suivent la fin des soins, des examens de contrôle. Ce dispositif est donc avant tout médical, avec un calendrier d’examens de suivi en lien étroit avec la médecine de ville. Mais il prend aussi en compte les dimensions psychologique ou sociale, qui agissent sur la qualité de vie des patients. Ainsi, il s’est enrichi d’un programme pilote lui aussi d’aide au maintien dans l’emploi ou à la réinsertion professionnelle. »

Docteur Jacques Camerlo, oncologue, responsable du dispositif Après cancer de l’IPC



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