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Les thermothérapies

Depuis quelques années, les alternatives à la chirurgie classique pour enlever les tumeurs cancéreuses primitives se sont développées, offrant une efficacité au moins comparable au geste chirurgical, en même temps qu’un meilleur confort pour les patients, avec des effets secondaires moins lourds. Par le froid ou au contraire par la chaleur, les méthodes comme la cryothérapie, la radiofréquence ou le bistouri à micro-ondes s’appuient sur les dernières techniques d’imagerie pour des interventions très ciblées à l’aide d’instruments miniatures. 

La cryothérapie : par le froid

Depuis 2011, pour certains patients et certaines localisations tumorales, l’IPC pratique la « cryothérapie »,  une méthode qui peut être une alternative à la chirurgie pour certains patients. La cryothérapie est une technique récente dans le traitement de certains cancers, dont le principe est d'éliminer des tumeurs grâce au froid

Connue depuis les années 1970, elle n’était utilisée quasiment que pour des patients dont les tumeurs étaient impossibles à extraire par voie chirurgicale. Elle est aujourd’hui employée avec succès dans le traitement de cancers du rein, mais d’autres indications se développeront dans les années à venir, notamment dans le traitement des métastases osseuses. 

La cryothérapie requiert un scanner interventionnel, qui offre une vision en 3D, et des médecins et radiologues formés. L’intervention, qui est pratiquée dans les unités de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale, consiste à implanter des « cryosondes » - de fines aiguilles - qui vont geler la tumeur pour la détruire. 

Les cryosondes sont introduites dans la tumeur sous guidage d’un scanner, et diffusent un gaz très froid (le gaz Argon) qui, en se détendant, congèle la tumeur. La formation de ce « glaçon » se voit au scanner, ce qui permet de suivre en temps réel l’effet de l’intervention et la zone touchée. Puis, sous l’effet du réchauffement au contact du corps humain, la membrane de la cellule explose et la tumeur éclate en autant de cellules mortes que l’organisme évacue. 

L’intervention se déroule avec des alternances de froid et de réchauffement : dix minutes de gel, puis un réchauffement dit « passif » par la chaleur du corps humain, puis à nouveau dix minutes de gel. Soumises à ces effets de refroidissement-réchauffement, les cellules finissent par éclater. Au bout d’un an environ, les cicatrices que l’on voit au scanner sur l’organe montrent des tumeurs réduites et détruites.

Ainsi, le premier avantage de la cryothérapie est de préserver les organes sains autour de la tumeur, donc d’être un traitement moins invasif que les méthodes classiques. Puisqu’il n’y a pas d’incision, on évite les complications et saignements liés en général à la chirurgie, donc la récupération du patient est beaucoup plus rapide. De fait, la durée d’hospitalisation est de 48 heures environ.

L’expérience a également montré que les interventions réalisées sous cryothérapie sont souvent moins douloureuses dans les suites opératoires : du fait de l’absence d’incisions dans les organes, bien sûr, de la précision des fines aiguilles qui pénètrent dans la tumeur sans toucher les tissus voisins, mais également parce que le froid, s’il peut brûler, se contrôle mieux que l’intense chaleur. Ainsi, et par exemple, la cryothérapie est une indication amenée à se développer pour traiter des métastases vertébrales pour lesquelles la chirurgie ou même la radiofréquence sont délicates.

Le choix de recourir à cette technique de soins fait l’objet d’une réunion collégiale entre médecins oncologues, chirurgiens et radiologues qui décident ensemble si la cryothérapie est le meilleur mode de traitement selon le cas du patient. Traitement local contre certains cancers, elle est la plupart du temps associé à des traitements adjuvants (notamment de chimiothérapie).

La radiofréquence : la chaleur électrique contre les tumeurs

Par un guidage sous scanner ou échographie, et des aiguilles placées dans la tumeur, la radiofréquence est une technique qui consiste à détruire les petites tumeurs en les soumettant à une chaleur de 60 degrés ou plus. Elle est souvent utilisée pour les lésions du foie de petites tailles (moins de 5 cm) et, de plus en plus, du poumon, du rein et des os.

L’intervention est pratiquée par un radiologue interventionnel qui introduit une petite aiguille à travers la peau dans la tumeur grâce au repérage scanner ou échographique sous anesthésie générale. L’aiguille de radiofréquence permet d’appliquer localement un courant électrique qui chauffe et brûle les cellules cancéreuses, sans endommager les tissus et organes voisins. La tumeur se rétracte, détruite, en ne laissant qu’une minuscule trace (cicatrice interne).

Connue depuis l’après-guerre et qu’elle est utilisée en médecine pour le traitement par ponction directe depuis longtemps, la radiofréquence n’a fait son entrée dans le traitement du cancer qu’à la fin des années 1990, et avant tout pour traiter des patients chez qui la chirurgie était impossible. 

Actuellement, les indications les plus fréquentes sont les traitements des cancers du foie, mais d’autres indications, sur des cancers du rein, du sein, les poumons, des glandes surrénales pour les tissus mous, ou les métastases osseuses, se multiplient, pour des métastases ou des tumeurs primitives. 

Le traitement peut être répété plusieurs fois en cas de récidive locale ou de nouvelle lésion. Autre atout de la radiofréquence : l’atténuation des douleurs. Les technique de radiofréquence, couplées ou non à de la cimentoplastie, sont également en plein essor pour le traitement des métastases osseuses douloureuses, et permettent des traitements combinés avec la radiothérapie pour un meilleur contrôle des douleurs.

Le bistouri à micro-ondes 

Cette technique consiste à détruire les tumeurs par une chaleur qui peut atteindre les 100°C, obtenue grâce aux micro-ondes de hautes énergies. Le principe est toujours le même, l’aiguille est placée très précisément au sein de la tumeur grâce à l’imagerie puis, sous anesthésie générale. L'énergie thermique produite par les micro-ondes et conduite par l'aiguille entraîne un échauffement et une nécrose des tissus tumoraux. L’aiguille est similaire en taille à celle de la radiofréquence mais permet de traiter des lésions plus volumineuses.

L’intérêt est majeur en particulier pour le poumon et le rein où éviter l’insuffisance respiratoire ou rénale reste une préoccupation en parallèle du traitement curatif.