Joindre l'IPC

04 91 22 33 33

 Prendre rendez-vous

04 91 22 30 30

L’IPC, plateforme d’excellence en échoendoscopie digestive

Plus précise que le scanner ou l’IRM pour le diagnostic des tumeurs digestives, l’échoendoscopie est une technique mixte qui combine l’endoscopie et l’échographie. 

Dirigée par le Dr Marc Giovannini, l’unité d’échoendoscopie et d’endoscopie d’oncologie digestive de l’IPC est reconnue par les spécialistes comme une plateforme d’excellence, principalement sur quatre thématiques :

  • l'échoendoscopie diagnostique et thérapeutique,
  • le dépistage précoce des tumeurs digestives,
  • la résection des tumeurs superficielles,
  • les pathologies bilio-pancréatiques néoplasiques.

L’échoendoscopie est une technique mixte qui combine l’endoscopie et l’échographie : une sonde souple d’échographie miniaturisée est placée à l’extrémité d’un endoscope. L’ensemble permet de visualiser non seulement l’intérieur de l’organe exploré (œsophage, estomac, rectum, côlon) mais également la zone périphérique.

Elle est un atout majeur pour le diagnostic, prometteur pour les traitements et elle se révèle indispensable à la recherche en cancérologie, car elle fait progresser la connaissance de la vie et des mécanismes des tumeurs.

L'unité se positionne clairement à la pointe de l'innovation et de la recherche au niveau international : ce positionnement comme centre de référence en échoendoscopie et en endoscopie dédiées à l'oncologie, notamment digestive, a fait de l'Institut Paoli-Calmettes un pôle d'enseignement international. Chaque année, l'équipe de Marc Giovannini accueille un symposium international dédié à l'endoscopie et à l'échoendoscopie digestive. Des interventions sont retransmises en direct à un public d'experts.


Un examen précis, pour le diagnostic initial et pendant la maladie

Avec une précision supérieure à celles des autres techniques d’imagerie conventionnelle, l’échoendoscopie est un examen clé en cancérologie digestive.

Actuellement, l’échoendoscopie est utilisée essentiellement à des fins de diagnostic. C’est notamment la seule technique qui permet de mettre en évidence des lésions de moins de 2 cm de diamètre. Par ailleurs, en cas de lésion tumorale du tube digestif, l’échoendoscopie donne un bilan d’extension loco-régional, entre autres ganglionnaire, avec une précision de l’ordre de 90 %. Autre intérêt majeur, l'échoendoscopie peut être couplée à une biopsie, qui permettra de définir le type exact de tumeur afin d'indiquer le traitement le plus adapté.

Ce niveau de qualité constitue une aide fondamentale à la prise de décision, un traitement préopératoire (radiothérapie ou chimiothérapie) pouvant éventuellement être décidé.


L’échoendoscopie à visée thérapeutique

Depuis 15 ans, différents traitements guidés par échoendoscopie ont été développés, constituant une alternative à des traitements plus lourds ou mutilants tels que la chirurgie ou la radiologie interventionnelle. Les avancées sont sensibles, en particulier dans le cas du drainage des voies biliaires.

« Il est possible de réaliser le traitement de kystes et d'abcès du pancréas, voire de guider diverses thérapeutiques permettant la destruction d'une tumeur par thermothérapie (destruction des cellules en les chauffant ou en les refroidissant) ou par l'injection de produit toxique », explique le Docteur Marc Giovannini.


Toujours grâce à l’échoendoscopie thérapeutique, on effectue des dérivations internes (dériver les voies biliaires au niveau de l’estomac par exemple) pour des malades chez qui les techniques habituelles ont échoué.

 

  • L'endoscopie confocale
    L’endoscopie confocale permet de visualiser des cellules ou des tissus vivants, grâce à la bioluminescence, au microscope et de réaliser des images vidéo en temps réel au niveau cellulaire pour le diagnostic précoce de certains cancers. La technique offre donc la possibilité d’un diagnostic de malignité en temps réel, et permet de proposer une résection endoscopique pour des lésions superficielles, évitant ainsi une chirurgie plus mutilante.
    Elle peut également être utilisée dans les voies biliaires et le pancréas, notamment les tumeurs kystiques, pour un diagnostic plus précis et plus rapide des lésions pré-cancéreuses du pancréas.
    L’IPC fait partie des quelques centres français équipés des dernières innovations avec des microscopes miniaturisés, et qui permettent en un geste non invasif de 2 minutes de déterminer avec 93 % de fiabilité la malignité éventuelle de cellules : le système Optiscan, intégré à l’intérieur d’un endoscope et le système Cellvizio, qui peut être inséré dans le canal opérateur de l’endoscope et utilisé comme une « pince à biopsie optique ».

 

Enfin, l'échoendoscopie est également une ressource pour la recherche et pour les essais cliniques. Elle permet d’examiner, en cours de traitement, la réaction des tumeurs et métastases aux médicaments.


Plateau technique et savoir-faire : les atouts de l'IPC

Entretien avec Erwan Bories, chef d'unité, gastro-entérologue « Une réputation ancrée dans un savoir-faire réel ».

En quoi le plateau technique d'endoscopie digestive de l'IPC se situe-t-il à la pointe de l'innovation ?

E.B. : De 400 à 450 actes endoscopiques, tous types confondus, sont effectués chaque mois. Ce plateau est aujourd'hui l'un des plus importants en Europe en nombre d'endoscopies interventionnelles réalisées : échoendoscopies, endoscopies bilio-pancréapeutiques. C'est également l'un des premiers centres européens en termes de savoir-faire sur la résection des tumeurs superficielles par endoscopie. Pour le patient, les avantages sont multiples : un geste unique (endoscopie diagnostique et interventionnelle), donc un parcours thérapeutique moins agressif pour l'organisme, et un taux de complications très faible.

Cela signifie-t-il que l'endoscopie interventionnelle prend le pas sur la chirurgie ?

E.B. : Chaque cancer colorectal est unique. Il se définit en fonction de sa localisation dans le côlon, de la taille et de la profondeur de la tumeur dans la paroi, de l'atteinte ou non des ganglions lymphatiques et du nombre de ganglions atteints et, enfin, de la présence ou non de métastases. En fonction de ce que nous montre la caméra, nous pouvons déterminer avec une certitude de 80 % à 90 % s'il s'agit d'une tumeur bénigne ou d'une tumeur cancéreuse, mais que l'on peut traiter immédiatement par voie endoscopique, ou au contraire, d'un cancer plus invasif pour lequel il faudra de la chirurgie.

Concrètement, si la coloscopie révèle une tumeur d'ores et déjà maligne, mais de bon pronostic, limitée à la surface du côlon, à l'IPC, elle est de plus en plus souvent enlevée par voie endoscopique. S'il s'agit d'une tumeur de plus mauvais pronostic, plus agressive et qui atteint le muscle du côlon, l'ablation par endoscopie n'est pas possible et une chirurgie est nécessaire.

Néanmoins, des évolutions sont en cours, notamment les techniques de « dissection sous muqueuse », nées de la transposition des techniques chirurgicales à l'endoscopie, et encore peu développées en Europe. Le principal intérêt réside dans le fait qu'il devient possible de traiter des tumeurs plus étendues, de plus de 2 cm de diamètre, en les enlevant en un seul tenant par voie endoscopique.

L’échoendoscopie est particulièrement indiquée pour effectuer :

  • Le diagnostic différentiel des tumeurs superficielles et des cancers invasifs qui, eux, devront être traités de manière plus agressive.
  • Le bilan d’extension des cancers de l’oesophage, de l’estomac, du pancréas, des voies biliaires et du rectum.
  • Le diagnostic de petites tumeurs pancréatiques (moins de 2 cm) qui passent inaperçues au scanner dans environ 50 % des cas.
  • Le diagnostic des tumeurs sous-muqueuses et des compressions extrinsèques du tube digestif (évitant une intervention chirurgicale à visée exploratrice).
  • Le diagnostic de ganglions du thorax et de l’abdomen permettant une biopsie guidée et évitant une chirurgie exploratrice lourde.
  • Le diagnostic de calculs des voies biliaires où l’échoendoscopie parvient à révéler des calculs de moins de 5 mm (non visibles par l’IRM), souvent responsables de coliques hépatiques ou de pancréatites aiguës.

Des consultations d’oncogénétique digestive sont proposées à l’Institut.

Pour le côlon, la consultation d’oncogénétique s’adresse en premier lieu à des personnes porteuses d’un cancer colorectal, en cours de traitement et vise à évaluer les risques familiaux.

Elle s’organise principalement autour de trois items :

  • un diagnostic avant 45 ans ;
  • l’existence d’antécédents personnels de tumeurs colorectales, quel que soit l’âge, ou de cancer d’un autre organe ;
  • l’existence d’autres cancers du côlon dans la famille avec un lien de 1er degré ;
  • sachant que la plupart des patients reçus en consultation d’oncogénétique digestive présentent l’un des trois, voire une combinaison de ces signes d’appel cliniques.

Il s’agit d’anticiper les risques ultérieurs pour la personne et, au-delà, pour sa famille. Car un patient présentant une prédisposition génétique, s’il survit, a un risque important de développer un autre cancer : souvent, le côlon sera de nouveau touché, mais le cancer peut concerner un autre organe, l’utérus notamment chez la femme.

Autre cas de figure : si le cancer du patient est porteur d’une anomalie de l’ADN, dite « MSI », nous savons que cette anomalie révèle fréquemment l’existence d’une prédisposition génétique transmissible. En France, 10 % des patients souffrant d’un cancer colorectal ont une prédisposition génétique majeure.

Lors de l’entretien, le médecin retrace donc avec le patient son histoire personnelle et familiale et, en fonction des arguments et des éléments cliniques, évalue le sur-risque pour le patient. Si la probabilité de sur-risque s’avère supérieure à 20 %, le médecin prescrit une analyse de sang pour un test génétique. De plus, à l’IPC, en cas de cancer du côlon diagnostiqué avant 60 ans, un test de recherche de MSI est systématiquement effectué, comme le recommande l’INCa depuis 2004.

Analyser ce sur-risque est fondamental. Si l’on identifie une prédisposition génétique majeure, il existe aujourd’hui une prise en charge efficace et spécifique qui a fait ses preuves pour le cancer du côlon. Une approche validée dans le respect de la qualité de vie du patient, et qui va lui permettre d’avoir une espérance de vie normale.

Différents essais sont en cours en endoscopie, notamment deux protocoles de radiofréquences pancréatiques. Un autre protocole en cours (Fiducor) porte sur le repérage des tumeurs par échoendoscopie, afin d'aider le ciblage de la radiothérapie.

De la coloscopie de dépistage – diagnostic, voire acte thérapeutique, à la recherche, en passant par les consultations d’oncogénétique digestive, sans oublier les parcours de soins traditionnels, l’IPC traite chaque année 400 patients porteurs d’une tumeur maligne pour un cancer du côlon ou du rectum, soit 30 % de l’ensemble des patients pris en charge à l’Institut.

Sur ces 400 patients, 100 sont soignés par simple voie endoscopique, 150 à 170 par chirurgie et 150 par seule chimiothérapie.

Ses spécificités en endoscopie et en oncogénétique digestive, l’existence d’une filière dédiée pourvue d’un plateau technique et d’une équipe d’excellence, en font un centre de premier recours dès la phase diagnostique.

L’IPC dispose, en endoscopie digestive, d’un plateau technique à la pointe de l’innovation. Il comporte notamment :

  • 3 colonnes vidéo d’endoscopie haute définition permettant la chrono-endoscopie de dernière génération,
  • 1 systèmes de microscopie électronique confocale permettant d’analyser certaines formes de polypes avant la résection,
  • 3 systèmes d’échoendoscopie digestive et bronchique,
  • 3 systèmes de bistouris électriques dernière génération pour l’ablation des polypes.

Ce plateau technique est aujourd’hui l’un des plus importants en Europe en nombre d’endoscopies thérapeutiques ou interventionnelles réalisées. Par ailleurs, c’est également l’un des premiers centres européens en termes de savoir-faire sur la résection des tumeurs coliques par endoscopie. Sur les 120 coloscopies, réalisées en moyenne chaque mois, 60 % donnent lieu directement à une résection de tumeur(s) ou de polypes.

Son positionnement comme centre de référence en échoendoscopie et en endoscopie dédiées à l’oncologie, notamment digestive, a tout naturellement amené l’IPC à devenir un pôle d’enseignement international.

  • Le seul diplôme interuniversitaire d’échoendoscopie organisé en France est localisé à la faculté de médecine de Marseille. Il se déroule sur un an, avec la participation de l’IPC.
  • L'Institut organise chaque année un cours international d'échoendoscopie et d'endoscopie en oncologie.
  • Suite à un agrément passé avec l’hôpital universitaire Santa Casa de Sao Paolo, au Brésil, et dans le cadre du club franco - brésilien d’échoendoscopie, six à huit médecins brésiliens viennent chaque année suivre une formation de trois mois en échoendoscopie à l’IPC.

 

 

Une équipe de spécialistes

Marc Giovannini, chef du département
Erwan Bories, chef d'unité, gastro-entérologue
Fabrice Caillol, gastro-entérologue
Christian Pesenti, gastro-entérologue
Jean-Philippe Ratone, gastro-entérologue