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ESMO Breast Cancer 2026 : retour sur les avancées sur le cancer du sein

ACTUALITÉS SUR LE CANCER DU SEIN
Congrès ESMO Breast Cancer 2026

Vers une personnalisation du traitement des cancers du sein surexprimant HER2

Les cancers du sein diagnostiqués à un stade « localisé » (maladie opérable en l’absence de métastase à distance) restent des maladies que l’on peut guérir avec la chirurgie. Toutefois, certaines caractéristiques biologiques de la tumeur lui confèrent une agressivité importante et peuvent justifier un traitement plus lourd (généralement à base de chimiothérapie) afin de limiter le risque de rechute.
Les cancers du sein dits « HER2 positifs » (environ 15–20 % des cancers du sein, caractérisés par une présence importante de la protéine HER2 à la surface de la tumeur) représentent un sous-type agressif de cancer du sein. Le standard thérapeutique actuel repose donc sur un traitement préopératoire à base de chimiothérapie associé à des anticorps ciblant HER2 comme le trastuzumab et le pertuzumab, dont l’indication sera retenue dans une grande majorité des cas.

Une nouvelle stratégie présentée au congrès vise à réduire le recours à la chimiothérapie pour les patientes qui n’en auraient pas besoin. En effet, certaines tumeurs sont très sensibles aux anticorps anti-HER2 et la combinaison trastuzumab + pertuzumab peut entrainer une régression complète de la maladie. Si l’on arrive à identifier ces patients, on pourrait envisager d’omettre la chimiothérapie et donc limiter significativement les effets indésirables générés par le traitement (fatigue, nausées/vomissements, chute des cheveux…).
Dans l’étude PHERGain-02, la combinaison trastuzumab + pertuzumab sans chimiothérapie a été administrée à des patientes jugées à « bas risque » de récidive (petite tumeur, absence de ganglions atteints) et a permis d’obtenir une régression complète de la maladie chez 6 patientes sur 10. L’étude se poursuit actuellement et nous attendons de connaître le taux de récidive de ces patientes après 3 ans de suivi avant de valider cette stratégie.

A l’inverse, pour les patientes présentant un cancer du sein HER2 positif localisé jugé à plus haut risque de récidive (grosse tumeur, atteinte ganglionnaire) après la chirurgie, un médicament au mécanisme d’action novateur (appartenant à la famille des anticorps-drogue conjugués ou ADC) appelé trastuzumab déruxtecan — cf illustration ci-dessous — a donné d’excellents résultats lorsqu’on l’administre avant la chirurgie, en complément d’une chimiothérapie. Dans l’essai de phase III DESTINY-Breast11, plus de 8 patients sur 10 n’avaient plus ou très peu de cellules cancéreuses après ce traitement, contre 7 sur 10 avec la chimiothérapie habituelle.

Cette stratégie n’est pas encore validée dans la pratique courante du fait d’un faible recul sur le suivi des malades mais ce médicament est déjà indiqué chez des patientes atteintes d’un cancer du sein surexprimant HER2 métastatique. A l’avenir, le fait d’y accéder à un stade plus précoce (avant ou après la chirurgie) devrait permettre d’augmenter les chances de guérison.

Une prise de sang pour détecter précocement la récidive 

Les chercheurs travaillent sur une analyse de sang capable de détecter des traces infimes de cellules cancéreuses qui circuleraient dans le sang, appelée « ADN tumoral circulant ».

L’essai TRAK-ER présenté au congrès montre que cette analyse, lorsqu’elle est réalisée juste après la chirurgie puis répétée régulièrement tous les 3 mois, peut détecter une rechute de cancer du sein chez des patientes ayant été opérées plusieurs mois avant qu’elle ne soit visible sur les examens d’imagerie (scanner, TEP scanner).

Cependant, on ne sait pas encore si agir sur la base de ce test plutôt que d’attendre une rechute détectable à l’imagerie permet vraiment de traiter plus efficacement la maladie : des études sont en cours pour répondre à cette question.

De nouveaux traitements pour les cancers du sein hormono-dépendants métastatiques 

Pour les cancers du sein sensibles aux hormones (« récepteurs hormonaux positifs », forme la plus fréquente de cette maladie), de nouvelles molécules montrent des résultats encourageants après l’échec des traitements habituels :

     • Le giredestran (nouvelle génération d’hormonothérapie) associé à l’évérolimus a démontré un bénéfice réel sur le contrôle de la maladie tout en préservant la qualité de vie sous traitement.
     • L’inavolisib, qui bloque un « interrupteur » moléculaire hyperactivé dans certains cancers du sein (mutation PIK3CA), retarde significativement la progression de la maladie. Ce médicament est actuellement disponible en France pour les patients éligibles.

Un nouveau standard en vue pour le cancer du sein triple négatif de stade avancé ou métastatique

Le cancer du sein « triple négatif » est une forme particulière de cancer du sein (environ 15% des cas) que l’on considère particulièrement difficiles à traiter, car il ne répond ni aux traitements hormonaux ni aux thérapies anti-HER2. Lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé et non accessible à un traitement chirurgical curatif, son pronostic est particulièrement sombre. Le traitement repose alors sur de la chimiothérapie conventionnelle à laquelle on peut ajouter dans certains cas de l’immunothérapie (pembrolizumab).

Un nouveau médicament de la famille des anticorps-drogue conjugués (ADC), le datopotamab déruxtecan, qui agit en ciblant une protéine spécifique à la surface des cellules cancéreuses (TROP2) par un mécanisme similaire à celui du trastuzumab deruxtecan décrit précédemment, a été comparé à la chimiothérapie classique dans cette indication.

Les résultats confirment non seulement une amélioration de la survie par rapport à la chimiothérapie classique, mais aussi une meilleure qualité de vie : les patients conservent mieux leur forme physique et globale pendant plus longtemps.

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