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Des échantillons : pourquoi, pour qui ?

Outil partagé entre la clinique et la recherche translationnelle, la tumorothèque de l’Institut, qui compte plus de 200 000 échantillons (tissus, cellules sanguines, sérum, ADN, ARN), est l’une des plus actives au sein de l’hexagone.

La médecine du XXI° siècle intègre pleinement la biologie dans ses raisonnements, et la cancérologie en est une des meilleures illustrations : sans biologie, aucune décision n’est aujourd’hui possible. Les informations biologiques sont produites par l’analyse d’échantillons obtenus du patient, la nature des informations biologiques dépendant du type d’analyse réalisée : anatomo-pathologie pour l’étude des tissus, cytologie pour l’étude des cellules, cytogénétique pour l’étude des chromosomes, biologie moléculaire pour l’étude des gènes, cytométrie en flux pour l’étude des protéines exprimées par les gènes actifs dans les cellules et tissus.

Ces informations biologiques sont indispensables pour établir le diagnostic, c’est-à-dire affirmer qu’une personne souffre d’un cancer, et définir quel type de cancer. Elles contribuent également à établir le pronostic de la maladie cancéreuse, qui consiste à prédire si ce cancer va évoluer de façon plus ou moins rapide, agressive, ou au contraire « indolent » sur de nombreux mois et années. Enfin, elles permettent de plus en plus souvent de prédire la réponse au médicament, et sa tolérance. 

La biologie documente de mieux en mieux toutes les évolutions de la maladie

Les progrès observés en médecine dérivent - à plus ou moins brève échéance - des progrès accomplis par les chercheurs dans leur compréhension des mécanismes qui sont à l’origine des cancers. Un progrès fondamental de la recherche est d’appréhender la diversité de la maladie. Pour chaque type de cancer, comme par exemple le cancer du sein, il existe des sous catégories. De plus, chaque tumeur est elle-même hétérogène et évolue au cours du temps chez le même malade. 

Face à cette complexité, les données nécessaires à la prise en charge d’un patient deviennent donc de plus en plus nombreuses, mais aussi de plus en plus pointues. Ceci explique pourquoi de nombreux prélèvements sont nécessaires tout au long du parcours personnalisé de soins. Parallèlement, les diagnostics de cancers étant réalisés plus précocement qu’il y a quelques années, et les techniques de prélèvement étant de moins en moins invasives (endoscopie, fibroscopie, radiologie interventionnelle…), l’organisation mise en place doit avoir pour objectif d’optimiser leur utilisation.

Un nombre d’échantillons à gérer par patient de plus en plus important

La tumorothèque est l’une des unités fonctionnelles du département de biologie du cancer. Dans le cadre des soins, la tumorothèque participe à l’indispensable gestion des flux de tous ces échantillons. Objectifs : analyser chacun d’entre eux et produire des résultats biologiques le plus rapidement possible, pour poser le diagnostic dans les plus brefs délais et décider du traitement.

Préfigurer la biologie de demain

A la fin de la prise en charge puis du suivi du patient, une fois finalisées toutes les analyses réalisées dans son intérêt, il reste souvent une partie des échantillons prélevés. Dans beaucoup d’hôpitaux, cette partie résiduelle est détruite. Pour promouvoir son activité scientifique, l’Institut Paoli-Calmettes a mis en place une politique de conservation. Ces éléments, utilisés dans le respect de l’anonymat et du secret médical, peuvent en effet être très utiles à la conduite de projets de recherche. 

Condition sine qua non : que le patient ait accepté que ses échantillons et les informations de son dossier médical qui sont associées soient conservés et utilisés à des fins de recherche scientifique et/ou génétique, c’est-à-dire qu’il ait exprimé son consentement, comme la législation Française lui en accorde le droit. Le consentement peut être exprimé et retourné à la tumorothèque à distance de l’acte de prélèvement : sa présence est importante au moment où un scientifique sollicite l’accès à l’échantillon pour conduire ses travaux. A tout moment, un patient peut revenir sur cette décision et demander la destruction de ses échantillons stockés.

A la différence de la recherche biomédicale (essais cliniques), cette situation, qui permet de « requalifier » pour un usage scientifique des échantillons qui ont été initialement obtenus dans le cadre des soins et dans l’intérêt immédiat du patient, ne nécessite pas d’acte supplémentaire de prélèvement. 

Responsable

Christian Chabannon

Équipe de la tumorothèque