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Pr. Anthony Gonçalves


Oncologue médical, responsable notamment du programme sur le cancer du sein métastatique


La recherche translationnelle au service de la prise de décision thérapeutique

L'oncogenèse mammaire est un processus complexe et, malgré les énormes avancées de ces dernières années, de nombreux projets de recherche translationnelle sont en cours à l’IPC pour encore mieux prendre en charge les patientes, selon la typologie de leur cancer du sein.

Pour les cancers du sein, nous disposons de traitements ciblés ayant fait leur preuve. L’anticorps Trastuzumab/Herceptin constitue une référence : il permet de combattre certaines cellules tumorales en bloquant une molécule de surface (dénommée HER2) impliquée dans la maladie, mais aussi d’épargner les cellules saines (qui n’expriment pas ou peu cette molécule à leur surface). Aujourd’hui, de nouveaux médicaments anti HER2 ont vu le jour, qui peuvent s’associer au Trastuzumab et augmenter son efficacité.

Mais, comme l’explique le Pr. Anthony Gonçalves, « des résistances à ces thérapies ciblées apparaissent progressivement, imposant le développement de nouveaux traitements. De plus, certaines tumeurs du sein, comme les cancers triples négatifs, ne bénéficient toujours pas de thérapies ciblées efficaces. En effet, ils n’expriment ni les récepteurs hormonaux, ni la molécule HER2, qui les rendraient sensibles à une hormonothérapie ou au Trastuzumab ».  

 

Améliorer la classification des cancers du sein et trouver de nouvelles cibles diagnostiques et thérapeutiques

Dans leur ensemble, les tumeurs du sein s’avèrent extrêmement hétérogènes, non seulement entre elles mais aussi au sein d’une même tumeur. L’un des axes de la recherche translationnelle consiste donc à parfaire notre connaissance de la biologie de ces tumeurs, afin de trouver de nouveaux biomarqueurs qui puissent améliorer leur classification, mais aussi constituer de nouvelles cibles à double visée diagnostique et thérapeutique. A partir des échantillons collectés, dédiés à la recherche, chaque tumeur est caractérisée afin d’identifier les défauts génétiques à l’origine de la maladie et les cellules prioritairement touchées par ces altérations. On cherche ensuite à cibler les anomalies découvertes en développant des essais précliniques et cliniques innovants.

En particulier, pour les tumeurs résistant aux traitements ciblés actuels et pour les tumeurs de mauvais pronostic, l’objectif consiste à trouver de nouvelles combinaisons thérapeutiques plus rationnelles, susceptibles de cibler simultanément plusieurs catégories de cellules et différents mécanismes biologiques : réparation de l’ADN, voies de signalisation, réaction du microenvironnement tumoral, récepteurs aux androgènes… 

 

L’apport des outils d’analyse génomique

Par ailleurs, le récent développement des outils d’analyse génomique rend désormais possible, en routine et dans un délai compatible avec la prise en charge personnalisée des patientes, l’obtention d’une cartographie quasi complète des altérations présentes dans leur tumeur.

« Nous avons lancé plusieurs programmes de « médecine de précision », d’abord essentiellement dédiés aux cancers du sein métastatiques, mais actuellement élargis à d’autres pathologies récidivantes ou très avancées, grâce auxquels les analyses moléculaires sont réalisées en direct, et alors que les patientes sont en cours de traitement. Ce, afin d’intégrer ces analyses génomiques à la décision thérapeutique. A moyen terme, cette approche pourrait également se développer pour les cancers du sein localisés, afin d’identifier les patientes susceptibles de récidiver et de les traiter en fonction de leur niveau de risque estimé. C’est l’un des autres enjeux de la recherche translationnelle basée sur l’analyse génomique », affirme le Pr. Anthony Gonçalves.

 

Lorsque la génomique ne suffit pas

Néanmoins, l’analyse génomique personnalisée effectuée sur des tissus obtenus par biopsies ne peut pas, à elle seule, répondre à toutes les questions. Cette piste de recherche, aussi prometteuse soit-elle, présente en effet des limites. Par exemple, l’analyse peut ne pas découvrir d’altérations, mettre en évidence des altérations n’ayant pas un rôle majeur dans la maladie, ou pour lesquelles il n’existe pas de médicaments. Il se peut également que le prélèvement ne soit pas nécessairement représentatif de la maladie.

C’est pourquoi une autre approche, encore plus innovante et générant beaucoup d’espoirs, est à l’étude : l’analyse, après une simple prise de sang, des altérations présentes dans le sang circulant.

Enfin, l’immunothérapie constitue une autre piste digne d’intérêt face aux limites de la médecine personnalisée, moléculaire et prédictive. « Avec l’immunothérapie, on ne cible pas directement la tumeur, mais plutôt le système immunitaire, que l’on vient stimuler pour qu’il soit plus efficace dans sa lutte contre la maladie. Pour l’heure, la recherche s’est particulièrement développée sur les mélanomes et les cancers du rein. Mais incontestablement, l’immunothérapie constitue une solution majeure, appelée à se développer dans les 10 prochaines années », commente le Pr. Anthony Gonçalves.

L’équipe de médecine translationnelle sur le cancer du sein

Sur le plan clinique, l’équipe comprend des oncologues médicaux, des chirurgiens, une unité de radiologie spécialisée en sénologie, des radiothérapeutes référents et des biopathologistes experts de la pathologie mammaire. Une équipe d’Oncogénétique (Pr. Hagay Sobol, Dr. Cornel Popovici) et de Médecine Anticipatoire (Dr. François Eisinger et Dr. Jessica Moretta) est également présente. Sur le plan scientifique, le Pr. Emmanuelle Charafe-Jauffret, le Pr. François Bertucci et le Pr. Anthony Goncalves font le lien avec les chercheurs du CRCM, notamment l’équipe d’oncologie moléculaire du Dr. Daniel Birnbaum, les immunologistes du groupe de Dr. Daniel Olive et les équipes des Dr. Robert Fuchs et Vincent Géli qui explorent les mécanismes de réparation de l’ADN.

Par ailleurs, l’équipe bénéficie de plateformes communes pour retravailler sur les échantillons de tumeurs, valider le potentiel thérapeutique d’une découverte (TrGET®), conduire des études cliniques précoces (ETOH), suivre la réponse immunitaire de nos patients (plateforme d'immunomonitoring), concevoir, gérer et exploiter nos essais cliniques (DRCI).

Docteurs et chercheurs de l'équipe

  • Marie BANNIER (Docteur)
  • François BERTUCCI (Professeur)
  • Lise-Marie BILLARD/DAUFRESNE
  • Daniel BIRNBAUM
  • Cécile BRATICEVIC (Docteur)
  • Serge BRUNELLE (Docteur)
  • Max BUTTARELLI (Docteur)
  • Jacques CAMERLO (Docteur)
  • Christian CHABANNON (Professeur)
  • Emmanuelle CHARAFE-JAUFFRET (Professeur)
  • Monique COHEN (Docteur)
  • Yves COLLETTE
  • Béatrice DELARBRE (Docteur)
  • François EISINGER (Professeur)
  • Jean-Marc EXTRA (Docteur)
  • Robert FUCHS (Docteur)
  • Vincent GELI (Docteur)
  • Anthony GONÇALVES (Professeur)
  • Gilles HOUVENAEGHEL (Professeur)
  • Aurélie JALAGUIER-COUDRAY (Docteur)
  • Eric LAMBAUDIE (Docteur)
  • Marc LOPEZ
  • Virginia MICHEL
  • Jessica MORETTA-SERRA (Docteur)
  • Jacques NUNES
  • Daniel OLIVE
  • Rodica POPOVICI (Docteur)
  • Renaud SABATIER (Docteur)
  • Hagay SOBOL (Professeur)
  • Carole TARPIN (Docteur)