Savoir et comprendre

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Comprendre la dépendance

La cigarette crée une véritable dépendance

La cigarette peut entraîner une toxicomanie au même titre que l'alcool, les tranquillisants et n'importe quelle drogue.

Une dépendance se reconnaît aux critères suivants :

  • un besoin compulsif de quelque chose (besoin sur lequel l'individu n'a aucun contrôle),
  • l'accoutumance (nécessité d'augmenter la dose pour obtenir le même effet),
  • une dépendance physiologique, comme le démontrent les symptômes de sevrage en cas d'arrêt.

Un fumeur est un drogué

Même si le tabac comme l'alcool sont des drogues souvent acceptées socialement. C'est pourquoi il n'est pas toujours facile d'arrêter de fumer.

Diverses formes de dépendance

La nicotine contenue dans le tabac cause une accoutumance, comparable à celle de l'héroïne. Dans le cerveau, la nicotine se fixe à des récepteurs au niveau des cellules cérébrales. Cette liaison libère de la dopamine, de la sérotonine et de la noradrénaline. Ces substances engendrent un sentiment de plaisir, de concentration accrue et d'éveil, et influencent l'humeur. Un autre effet de la nicotine est la réduction de l'appétit.
Outre la dépendance physique, il y a aussi une dépendance psychique (suite aux effets ressentis comme positifs sur le psyché et le bien-être) et comportementale (lorsqu'on téléphone, après un repas, après l'amour,...). Bien que la première cigarette soit rarement une expérience agréable, les gens, après une consommation répétée de tabac, deviennent des consommateurs habituels. Après cette phase de dépendance physique, viennent les automatismes comportementaux et la dépendance psychologique. C'est pourquoi, après avoir arrêté de fumer, vous pouvez présenter des signes de manque, tant de nature physique que psychique.
L'envie de fumer est conditionnée par plusieurs "phénomènes de renforcement". En raison du renforcement positif, le fumeur est incité à fumer pour ressentir les effets "agréables" du tabac. Le renforcement négatif, pour sa part, incitera à continuer de fumer pour éviter l'effet de manque.

(Source Fondation Belge du cancer)

Le degré de dépendance

La nicotine a un effet d'accoutumance très marqué. Sur 100 personnes qui essaient l'héroïne ou l'alcool, 10 % deviennent réellement dépendantes, contre 25 % pour la nicotine !
Si vous avez l'intention d'arrêter de fumer, vous devez d'abord analyser dans quelle mesure il y a une dépendance (accoutumance). En principe, il y a une forte dépendance à la nicotine si vous fumez plus de 10 cigarettes par jour et/ou si vous allumez votre première cigarette dans la demi-heure qui suit le réveil. Il existe un test approfondi pour déterminer ce degré de dépendance : le test de Fagerström. Un score de plus de 8 indique une forte dépendance. En cas de forte dépendance, il est difficile d'arrêter de fumer sans aucune aide et il vaut mieux faire appel à un encadrement une fois que vous avez fixé une date d'arrêt. Demandez toujours conseil à votre médecin traitant si vous êtes enceinte, si vous êtes âgé(e) de moins de 18 ans ou si vous souffrez d'une quelconque maladie.

(Source Fondation Belge du cancer)

Signes de manque

Le fait d'arrêter de fumer peut s'accompagner de phénomènes psychiques et/ou physiques, liés à la désaccoutumance. Sur le plan physique, des phénomènes liés au sevrage de la nicotine peuvent se produire : irritation, insomnie, problèmes de concentration, maux de tête, fatigue, transpiration, palpitations, etc. Ces sensations désagréables sont passagères (elles durent généralement deux semaines). Pour faciliter la désaccoutumance physique, on peut utiliser des substituts nicotiniques. Sur le plan psychique, on peut parler d'une sorte de "deuil". En effet, le fumeur attribue consciemment ou inconsciemment une force à la cigarette qui influence son psyché :

  • on joue avec le feu ... de son briquet (par exemple, prendre des risques dans le cadre d'un vieux sentiment de culpabilité),
  • on comble un manque ... avec la fumée (par exemple un manque affectif),
  • on tire un rideau de fumée (par exemple pour cacher sa colère ou sa tristesse derrière un écran de fumée).

C'est pourquoi se séparer définitivement de la cigarette s'accompagne de tout un travail de deuil. Quelqu'un qui veut arrêter définitivement de fumer, devra donc passer par certaines phases (acceptation, dépression réactionnelle, réinvestissement).

Parfois, des troubles du sommeil peuvent survenir, tels qu'un sommeil interrompu. C'est surtout le cas au cours des deux premières semaines qui suivent l'arrêt tabagique et ils peuvent être liés aux substituts nicotiniques qui distillent une dose la nuit. Il faut parfois réduire la dose de nicotine administrée, voire prendre un léger anxiolytique. Les troubles du sommeil qui se produisent plus tardivement, peuvent être liés à une anxiété généralisée ou être un signe de dépression. Une approche individuelle est toujours requise.

(Source Fondation Belge du cancer)