Pourquoi l’alcool augmente-t-il le risque de certains cancers ?
Les mécanismes d’action ne sont pas encore complètement connus. Mais on sait aujourd’hui que l’alcool est d’autant plus nocif qu’il est associé à d’autres facteurs comme le tabac, une alimentation mal équilibrée, pauvre en fruits et légumes. Il pourrait agir de plusieurs manières : en agressant les parois internes (muqueuses) de l’appareil digestif, en perturbant le fonctionnement de foie ce qui provoque l’accumulation de toxines, en perturbant le métabolismes des hormones sexuelles, en perturbant les mécanismes réparateurs des mutation des gènes, etc.
L'alcool est dangereux pour la santé et pourtant il n'est pas interdit, pourquoi ?
En France, l'alcool est effectivement un produit qui est beaucoup consommé (quelquefois raisonnablement et d'autres fois avec abus) et qui a des effets négatifs sur la santé quand il est consommé avec excès (abus, dépendance). Il ne faut pas oublier que chaque pays a sa culture, ses coutumes, ses habitudes, même si celles ci ne sont pas toujours bonnes pour la santé. On ne peut donc pas envisager d'interdire l'alcool en France, mais on peut apprendre et répéter à tout le monde qu'il faut consommer avec modération.
Il est sans doute préférable d'informer et de responsabiliser les consommateurs pour qu'ils ne rentrent jamais dans la dépendance.
Est-ce que l'on tient mieux l'alcool lorsque l'on boit très régulièrement ?
Quand on boit de l'alcool très régulièrement, on en perçoit moins les effets : on a l'impression que l'on résiste mieux, mais en fait cela ne change rien à la quantité d'alcool que l'on a dans le corps.
Est-ce que l’alcool tue seulement sur la route ?
Un tiers des accidents mortels de la route sont dus à l’alcool, mais cela ne représente que 5 % des décès liés à l'alcool en France. 95 % sont dus aux méfaits de l’alcool sur la santé. Par exemple : il est admis aujourd’hui que la consommation régulière, même raisonnable, d’alcool augmente le risques d’apparition de certains cancers. De plus, on sait aussi que la toxicité de l’alcool augmente si sa consommation est associée au tabac, à un régime pauvre en fruits et légumes, une alimentation mal équilibrée. L’alcool a aussi des effets néfastes sur le foie, le cerveau, le psychisme, les vaisseaux sanguins, les relations humaines, etc..
Quelles substances contenues dans la cigarette sont la cause du cancer du poumon ?
La fumée de cigarette est composée de nombreuses substances dont on sait qu'elles peuvent avoir un effet nocif sur différentes parties du corps. Le « goudron » de la cigarette (nom donné aux particules solides condensées dans la fumée) contient à lui seul quelque 4 000 substances chimiques connues, parmi lesquelles on retrouve certains poisons et 50 agents cancérogénes. On a déjà établi un lien entre plusieurs de ces substances et la maladie. Au nombre des produits chimiques et des gaz toxiques présents dans la fumée de la cigarette, on retrouve :
- l'arsenic,
- l'acétone : (utilisé dans le décapant à peinture et le dissolvant pour vernis à ongles),
- l'ammoniac,
- l'oxyde de carbone,
- le cyanure,
- le mercure,
- la nicotine,
- le plomb.
Il a été prouvé qu'il existe un lien entre plusieurs de ces substances et les maladies cardiovasculaires, le cancer du poumon et d'autres formes de cancer, l'emphyséme et la bronchite chronique.
En quoi la fumée des autres cause-t-elle du tort aux enfants ?
La fumée des autres menace la santé des enfants. En effet, ils deviennent des fumeurs passifs car ils respirent malgré eux de la fumée à la maison, dans la voiture familiale, dans les endroits publics où il n'est pas interdit de fumer et/ou qui ne sont pas suffisamment contrôlés. La fumée des autres contient les mêmes 4 000 substances chimiques que la fumée inhalée directement, mais en plus grande quantité encore ! Environ 50 de ces substances sont cancérogénes, c'est-à-dire qu'elles causent le cancer.
Chaque cigarette du fumeur expose les autres à 12 mn de fumée environ. La cigarette des autres, parce qu'elle brûle à une température plus basse, contient :
- 2 fois plus de goudron, qui se dépose sur les poumons et les voies respiratoires,
- 5 fois plus de monoxyde de carbone, ce qui réduit la concentration d'oxygéne dans le sang.
Quels sont les effets de la Nicotine ?
La nicotine (qu'on retrouve à l'état naturel dans la plante de tabac) constitue un puissant excitant pour le cerveau et le systéme nerveux central. Elle entraîne en outre une forte dépendance. Voici les effets observés chez un fumeur qui inhale la fumée de cigarette. L'inhalation procure une dose instantanée de nicotine qui se répand dans le sang. La nicotine se rend au cerveau en moins de 10 secondes, soit plus vite que de l'héroïne injectée par voie intraveineuse.
La nicotine entraîne une hausse de la pression artérielle et cause une augmentation significative du rythme cardiaque pouvant aller jusqu'à 33 battements de plus à la minute. La nicotine peut également avoir un effet dépresseur.
La premiére dose quotidienne de nicotine stimule le gros intestin, modére l'appétit et ralentit la digestion. Elle provoque une baisse de la température de la peau et une diminution de la circulation sanguine dans les jambes et les bras, ce qui exige un effort supplémentaire de la part du coeur. À forte dose, la nicotine est trés toxique et peut provoquer des nausées chez les nouveaux fumeurs ou chez tout fumeur qui en abuse.
60 mg de nicotine absorbés d'un seul coup paralysent la respiration d'un adulte et entraînent sa mort. En fait, la nicotine est un poison aussi mortel que le cyanure. La seule raison pour laquelle la nicotine ne tue pas les fumeurs de la même façon, c'est qu'ils absorbent leur poison à petites doses qui peuvent être métabolisées et rejetées par l'organisme.
Quels sont les effets de l'oxyde de carbone libéré par la fumée de cigarette ?
L'oxyde de carbone (CO) de la fumée de cigarette prend la place de l'oxygéne dans les globules rouges, ce qui entraîne la formation de carboxyhémoglobine (COHb). Lorsqu'on fume, la nicotine augmente le rythme cardiaque et force le coeur à travailler plus fort, tandis que la carboxyhémoglobine le prive de l'oxygéne supplémentaire dont il a besoin pour fonctionner. L'oxyde de carbone favorise aussi la formation de dépôts de cholestérol dans les artéres.
Les effets nocifs de l'inhalation de ces substances sont-ils temporaires ?
La plupart le sont. Mais il ne faut pas oublier que, pour les fumeurs, ces effets sont répétés et cumulatifs – fumer un paquet par jour, c'est inhaler de la fumée 73 000 fois par année. À ce rythme, il est évident qu'une personne qui fume pendant des années court un risque sans cesse croissant d'être victime d'une maladie grave reliée au tabagisme.
Fumer sans inhaler la fumée, est-ce dangereux ?
Oui. Par conséquent, tous les fumeurs ont un risque accru de cancer des lévres, de la cavité buccale et de la langue, peu importe ce qu'ils fument. Toutefois, le cancer du poumon se développe davantage chez les fumeurs de cigarettes car la fumée de cigarette, légérement acide, doit être inhalée pour que la nicotine fasse effet. Par contre, la fumée de pipe ou de cigare étant alcaline, la nicotine qu'elle contient peut pénétrer dans le sang par les muqueuses buccales. Ces fumeurs risquent donc davantage de souffrir du cancer des lévres, de la cavité buccale et de la langue.
Peut-on fumer une petite quantité de cigarettes sans danger ?
Non. Chaque cigarette peut causer des dommages à l'organisme. Même un tabagisme relativement léger peut affecter les poumons du fumeur. De plus, la plupart des fumeurs éprouvent de grandes difficultés à ne s'en tenir qu'à quelques cigarettes par jour. Sans compter que les risques de maladies reliées à la consommation de tabac augmentent avec le nombre de cigarettes fumées.
Les dommages causés par la cigarette sont-ils permanents?
Pas nécessairement, si le fumeur cesse assez tôt. Chez les personnes qui ont arrêté de fumer avant l'apparition de dommages irréversibles au systéme cardiovasculaire, l'organisme commence de lui-même à se régénérer.
Voici comment :
- Aprés 6 mois, la toux, la congestion des sinus, la fatigue et l'essoufflement se résorbent.
- Aprés une année d'abstinence, le risque de crise cardiaque est réduit de moitié.
- Aprés 10 ou 15 ans, ce risque est à peu prés le même que chez une personne qui n'a jamais fumé.
Pourquoi les fumeurs toussent-ils?
Les substances irritantes contenues dans la fumée déclenchent les mécanismes de défense des voies respiratoires et des poumons, ce qui provoque la toux.
Mais la fameuse toux matinale des fumeurs s'explique autrement. La fumée de cigarette a un effet anesthésiant sur les cils vibratiles. Ces structures organiques, qui ressemblent à des petits poils, recouvrent les voies respiratoires et servent à repousser vers l'extérieur les corps étrangers qui atteignent les poumons. Quand ce systéme cesse de fonctionner, certaines des composantes toxiques de la fumée restent dans les poumons. Les heures de sommeil permettent aux cils vibratiles de se remettre en marche. Les fumeurs qui se lévent, toussent parce que leurs poumons évacuent les résidus du tabac qu'ils ont fumé la veille. Toutefois, les cils vibratiles qui sont exposés aux effets de la fumée pendant une période prolongée deviennent incapables de remplir leur fonction.
Peut-on prendre un substitut nicotinique pour arrêter de fumer lorsqu'on a été victime d'un infarctus ?
L'arrêt du tabagisme aprés un infarctus du myocarde est hautement recommandé. En effet, aprés un accident cardiaque, le fait de ne plus fumer réduit le risque de récidive. Il en est de même aprés une intervention chirurgicale (pontage coronarien ou une angioplastie). Etant donné que ce type de probléme survient brutalement, le fumeur n'est généralement pas préparé à arrêter de fumer.
Dés lors, la prise en charge de l'arrêt tabagique devra tenir compte de différents facteurs, tels que l'existence de troubles anxieux et/ou dépressifs, le niveau de dépendance physique souvent forte, etc. La prise d'un substitut nicotinique dans ce contexte est permise et recommandée aprés un certain délai. Elle doit impérativement se faire sous contrôle médical, en collaboration avec le cardiologue.
En savoir plus, contacter :
Tabac info service
Tél. : 0 825 309 310
Site : http://www.jarreteetvous.org
Ministére de la santé
Site : http://tabac-net.aphp.fr
Cesser de fumer permet-il de prévenir le cancer du poumon ?
Il est possible de prévenir le cancer chez un fumeur* si ce dernier renonce au tabagisme suffisamment tôt.
Toute personne qui cesse de fumer, quel que soit son âge, court moins de risques de développer un cancer du poumon qu'une autre qui continue à fumer. Dans les 5 ans qui suivent l'abandon du tabagisme, le risque de cancer du poumon diminue environ de moitié par rapport à celui d'un fumeur.
Aprés 10 à 15 ans d'abstinence, le risque devient à peu prés équivalent à celui d'une personne n'ayant jamais fumé. Plus une personne cesse de fumer tôt, surtout avant l'âge de 50 ans, plus cela est avantageux pour sa santé.
*Certaines études concluent que le risque de cancer du poumon demeurera toujours légérement plus élevé chez les ex-fumeurs que chez les personnes n'ayant jamais fumé.
J'ai tenté d'arrêter de fumer plusieurs fois mais je rechute aprés quelques jours en raison d'un état dépressif qui survient. Comment l'éviter ?
La personne qui arrête de fumer peut développer certains symptômes comme de la fatigue excessive, un sommeil perturbé, etc. Bref, des symptômes qui font penser à une dépression. Il s'agit ici d'une dépression dite « réactionnelle » à l'arrêt tabagique, un processus normal et passager dont l'intensité et la durée des manifestations peuvent généralement être atténuées par la prise d'un substitut nicotinique adéquat. Dans le cas d'une dépression attestée avant l'arrêt tabagique, il est préférable de demander conseil auprés d'un tabacologue.
En savoir plus, contacter
Tabac info service
Tél. : 0 825 309 310
Site : http://www.jarreteetvous.org
Ministére de la santé
Site : http://tabac-net.aphp.fr
Je suis enceinte et mon partenaire fume. Est-ce mauvais pour la santé de notre bébé ?
Il est essentiel que votre partenaire ne fume pas en votre présence. Le fumeur inhale seulement 15 % de la fumée du tabac, les 85 % restants demeurent dans l'air ambiant. Les effets du tabagisme passif - c'est-à-dire le fait d'inhaler la fumée présente dans l'air - sont de même nature que ceux observés chez les fumeurs.
Bien qu'ils soient quelque peu atténués, ils sont suffisamment puissants pour avoir des conséquences néfastes, pour la mére comme pour l'enfant. Les risques potentiels sont notamment des saignements du placenta, la rupture prématurée de la poche des eaux, une naissance avant terme ou encore un faible poids du bébé à la naissance. Les jeunes enfants sont également trés vulnérables à la fumée ambiante : ils sont plus souvent malades.