Les facteurs de risque
Les facteurs de risque
On assiste actuellement à une augmentation du nombre de nouveaux cancers de la peau (environ 60 000 par an tout types de cancers de la peau confondus). Pour le seul mélanome (le plus rare mais le plus sérieux) on est passé de 2300 nouveaux cas /an en 1980 à 7200/an en 2000.
Le risque de cancer de la peau est donc aujourd’hui beaucoup plus élevé qu'il y a 20 ans car nous sommes maintenant exposés à une quantité plus grande de rayons ultraviolets :
- nous ne nous protégeons pas toujours correctement du soleil durant nos activités de plein air qui occupent de plus en plus de place dans nos style de vie.
- la couche d’ozone arrête moins les UV du soleil car elle se réduit en raison de la pollution chimiques.
A coté des UV d’autres facteurs interviennent qui sont individuels et qui augmentent le risque : la couleur de la peau et de cheveux (Phototype), le nombre et le type de grains de beauté (naevi) et les antécédents familiaux.
Un facteur de risque essentiel, le rayonnement ultraviolet (UV)
L’exposition aux rayons ultraviolets (UV) est un facteur majeur dans le développement des cancers de la peau. On estime qu’au moins 2/3 des mélanomes sont dus à une exposition excessive au soleil.
On sait aujourd’hui que les ultraviolets moins énergétiques (UVA) contribuent autant, et dans certaines conditions davantage, que les ultraviolets très énergétiques (UVB) au développement des cancers.
L’intensité du rayonnement UV est donc un facteur de risque qu’il est essentiel de prendre en compte pour adapter son comportement en termes d’exposition solaire.
Comment l’exposition aux UV favorise-t-elle les cancers de la peau ?
Les mécanismes expliquant le mode d’action des UV ne sont pas encore connus avec précision.
Les UV absorbés par la peau provoquent chacun à leur façon des effets néfastes sur les cellules cutanées.
- Les UVB, induisent directement des mutations au niveau des gènes des cellules.
- Les UVA agissent indirectement en libérant des radicaux libres qui altèrent les membranes cellulaires et les noyaux.
Les agressions répétées des UV au fur et à mesure des expositions solaires abîment les cellules de la peau et endommagent l’ADN.
Heureusement, les cellules de la peau disposent de mécanismes de défense et d’adaptation qui leur permettent d’empêcher puis de réparer les dommages qu’elles subissent. La peau se défend : c’est le bronzage, elle s’épaissit et fabrique un pigment, la mélanine (à partir des cellules mélanocytes). La mélanine colore le teint et surtout filtre en partie les rayonnements UV. Mais cette protection « naturelle » contre les effets nocifs des UV reste superficielle car elle ne filtre qu’une partie des UV.
La peau se répare (systèmes enzymatiques, vitamine C, vitamine E, éléments traces notamment le sélénium) : cette capacité naturelle de réparation appelée généralement « capital solaire » n’est pas inépuisable. Face à des agressions brutales et répétées des UV, des mutations peuvent se produire et entraîner la transformation cancéreuse de la cellule.
Une protection solaire efficace est donc indispensable pour diminuer la pénétration des rayons UV dans la peau et donc les dommages induits sur l’ADN des cellules cutanées. Elle préserve notre « capital solaire ».
Les facteurs individuels biologiques
Les antécédents familiaux
Le fait d’avoir eu un cas de cancer de type mélanome dans la famille constitue un facteur de risque important. On estime que le risque est multiplié par 2 ou 3 pour une personne dont un parent de premier degré (parents-enfants, frères-sœurs) a eu un mélanome. En effet, 5 à 10% des cas de mélanome surviennent dans un contexte familial. Ils sont liés à des caractéristiques génétiques : ainsi, en France, dans 44% des cas de mélanomes familiaux on retrouve une mutation héréditaire d’un gène appelé P16. C’est pourquoi les membres d’une famille déjà touchée par un mélanome doivent systématiquement se faire surveiller.
Le type de peau et le nombre de grains de beauté
Nous ne sommes pas égaux devant les effets du soleil car nous n’avons pas tous la même qualité de peau (phototype). Ainsi, une peau claire (peu pigmentée) a davantage de risques de développer un cancer cutané lors d’expositions répétées au soleil. Mais, une peau foncée (davantage pigmentée) est également sensible aux effets nocifs du rayonnement UV, même si elle paraît protégée. Il est donc important de savoir quel type de peau l’on a pour adapter en conséquence durées d’exposition et mesures de protection. Pour cela, il existe une catégorisation des types de peaux vis-à-vis de leur sensibilité au rayonnement ultraviolet, appelée le «phototype». Il permet d’estimer le risque lié à l’exposition solaire pour chaque type de peau et de déterminer l'importance des protections nécessaires. 6 phototypes, correspondant à 6 types de peaux et couleurs de cheveux, ont été identifiés : plus le numéro du phototype est faible, plus le sujet doit se protéger du soleil.
- Phototype I Peau extrêmement blanche, cheveux blonds ou roux, yeux bleus/verts. Brûle facilement, ne bronze jamais.
- Phototype II Peau claire, cheveux blonds roux à châtains, yeux verts/bruns. Brûle facilement, bronze à peine.
- Phototype III Peau moyenne, cheveux châtains à bruns, yeux bruns. Brûle modérément, bronze graduellement.
- Phototype IV Peau mâte, cheveux bruns/noirs, yeux bruns/noirs. Brûle à peine, bronze toujours bien
- Phototype V Peau brun foncé, cheveux noirs, yeux noirs. Brûle rarement, bronze beaucoup
- Phototype VI Peau noire, cheveux noirs, yeux noirs. Ne brule pas
Par ailleurs, la présence de nombreux nævi (grains de beauté) sur le corps est un facteur de risque important : un nombre de 50 naevi ou plus, mesurant plus de 2 mm, multiplie le risque par 4 ou 5. La présence de naevi atypiques (larges, irréguliers) ou de naevi congénitaux (présents dès la naissance) augmente également le risque de mélanome.