Le mélanome
Le plus grave des cancers de la peau
Plus rare que le carcinome, le mélanome est le plus grave des cancers de la peau. Quelques millimètres cubes de tumeur peuvent en effet entraîner une dissémination métastatique rapide mettant en cause le pronostic vital. Le mélanome peut se déclarer chez des personnes de tous âges, mais il est rare chez les enfants. Il peut se situer n’importe où sur le corps, assez fréquemment sur le tronc chez l’homme et sur les jambes chez la femme. Ce sont les coups de soleil de l’enfance et les expositions solaires intermittentes mais intenses (caractérisant les périodes de vacances) qui augmentent le plus le risque de mélanome.
Le mélanome se manifeste essentiellement de deux façons :
- soit par l’apparition d’une petite tâche pigmentée sur la peau saine (cas le plus fréquent),
- soit par la modification d’un grain de beauté (naevus pigmentaire) préexistant. Lorsque le mélanome est détecté assez tôt à un stade peu développé (quand la tumeur n’est pas trop épaisse et qu’il n’y a pas de métastases), il peut la plupart du temps être guéri. Le traitement consiste alors à retirer la lésion sous anesthésie locale (exérèse).
En revanche, diagnostiqué tardivement, le mélanome est souvent mortel car il s’étend rapidement à d’autres parties du corps (diffusion de métastases). Les traitements existants sont alors peu efficaces. Cette absence de traitement curatif des formes avancées de mélanome rend d’autant plus indispensable le développement des mesures préventives et de l’incitation à la détection précoce.
Le mélanome, est un cancer de plus en plus fréquent
Les cas de mélanomes sont de plus en plus fréquents, en raison notamment de l’évolution des habitudes d’exposition au soleil au cours de ces quarante dernières années. On compte aujourd’hui plus de 7000 nouveaux cas par an : c’est trois fois plus qu’il y a 20 ans.
Cette évolution préoccupante et l’absence de traitements efficaces à un stade évolué rendent d’autant plus indispensables des mesures de prévention fortes dès aujourd’hui si l’on veut éviter une hausse dramatique de la mortalité due au mélanome dans les prochaines décennies.
Détecter le mélanome
La détection précoce, meilleure chance de guérison du mélanome
L’auto-examen de la peau et le dépistage précoce par un médecin sont essentiels, en particulier pour les personnes identifiées comme « sujets à risque ». En effet, plus un cancer de la peau, de type mélanome, est détecté tôt plus on a de chance de le guérir.
Le traitement consiste alors à retirer la lésion sous anesthésie locale. Mais, un mélanome diagnostiqué tardivement devient redoutable. Il peut s’étendre à d’autres parties du corps (métastases) et les traitements sont alors beaucoup moins efficaces.
L’auto-examen de la peau :
La règle ABCDE
Pour repérer les signes suspects dès leur apparition, il est conseillé de pratiquer, environ trois fois par an, un auto-examen de sa peau, en observant bien toutes les parties du corps de la tête aux pieds. Plus on est familier avec sa peau, plus il est facile de repérer de nouvelles tâches pigmentées ou des changements dans ses grains de beauté. Le principal problème est de savoir faire la différence entre un simple grain de beauté (bénin) et un mélanome (malin). Pour cela, on peut retenir une règle simple qui permet de mémoriser les signes d’alerte à surveiller :
La règle de l’ABCDE :
- A comme Asymétrie : forme non circulaire, avec deux moitiés qui ne se ressemblent pas.
- B comme Bords irréguliers : bords dentelés, mal délimités, avec parfois une extension du pigment sur la peau autour de la tâche.
- C comme Couleur non homogène : présence de plusieurs couleurs (noir, marron, rouge, blanc ou bleu).
- D comme Diamètre : diamètre en augmentation, en général supérieur à 6 mm.
- E comme Evolution : toute tâche pigmentée qui change d’aspect rapidement (forme, taille, épaisseur, couleur) est un signe d’alerte.
La présence d’un ou plusieurs de ces critères ne signifie pas forcément que l’on a un mélanome, mais elle ne doit jamais être ignorée. Au moindre doute, il est essentiel de consulter sans attendre son médecin traitant ou son dermatologue.
Une autre méthode, très efficace, consiste à entraînez votre œil : regardez les photos de grains de beauté et de mélanomes et vous serez capable de reconnaître les lésions suspectes. Pour apprendre, une site est à votre disposition : http://www.info-melanome.net
Au moindre doute, il est essentiel de consulter sans attendre son médecin traitant ou son dermatologue.
Les 8 étapes de l’auto-examen : http://www.syndicatdermatos.org
Le dépistage :
Un examen simple et indolore.
Le dermatologue fait un examen visuel de l’ensemble de la peau destiné à repérer les tâches ou grains de beauté pouvant faire suspecter un cancer. Il utilise une loupe éclairante et grossissante (dermatoscope) qui lui permet de voir à travers la première épaisseur de l’épiderme.
S’il repère une tâche ou un grain de beauté suspect, le dermatologue peut alors décider simplement de le surveiller ou bien de le retirer et de le faire analyser.