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Prévention | Le tabac, et si on arrêtait ?


Le tabac est le principal facteur de risque de cancer évitable. Pourtant, avec un taux de 33 % de fumeurs, et des consommateurs de plus en plus jeunes, la France bat de tristes records.

En France, le tabac est responsable chaque année de 73 000 décès, dont 44 000 par cancer. Le cancer du poumon est le plus lié au tabac (85 % des cancers du poumon sont directement liés à la consommation du tabac), mais les cancers du larynx, de la cavité buccale, de la vessie, du rein, du col de l’utérus, du pancréas sont aussi intimement liés au tabac. De même, le lien entre tabac et cancer du sein ne fait plus de doute, surtout pour celles ayant commencé jeunes à fumer. Au total, le tabac peut être responsable de 17 localisations de cancers.

Le tabac, 15 ans perdus

Quel que soit le mode de consommation (cigarette, cigarillo, cigare, tabac à rouler, chicha...), le tabac est nocif et 1 fumeur sur 2 décède en raison de son tabagisme. Fumer fait perdre environ 15 années de vie en raison du risque accru de cancer, d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral, de bronchite chronique, d’ulcères…

Ce qui est dangereux dans la cigarette est la combustion du tabac. Une cigarette allumée peut être considérée comme une usine chimique. La fumée est un mélange de gaz et de particules et contient environ 4 000 substances, dont une soixantaine cancérigènes. La combustion provoque la formation de goudrons, dont les fines particules se collent aux bronches et aux poumons, mais aussi de gaz toxiques (monoxyde de carbone, monoxyde d’azote, ammoniac, acide cyanhydrique…) et de métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).

La fumée contient également de la nicotine qui, si elle n’est pas cancérigène, est à l’origine du phénomène de dépendance. La nicotine atteint le cerveau en 7 à 8 secondes, stimule le système nerveux et produit un « effet flash » qui entraîne une diminution du stress, une sensation d’apaisement, augmente la vigilance et stimule les facultés  intellectuelles. Mais l’effet diminue après 30 minutes. et le besoin en nicotine se fait alors de nouveau sentir.

Au-delà de ses effets psychotropes, la nicotine agit également sur le système cardiovasculaire : elle augmente la tension artérielle et la fréquence cardiaque, rétrécit les artères. Toutefois c’est le monoxyde de carbone qui est le plus à craindre au plan cardiovasculaire car, en prenant la place de l’oxygène sur l’hémoglobine, il entraîne une hypoxie et est responsable des atteintes vasculaires. Pourtant, dès l’arrêt du tabac, le risque cesse d’augmenter, puis diminue progressivement : 15 ans après la dernière cigarette, le risque de cancer rejoint celui des non-fumeurs.

Quelles que soient son histoire et la durée de son tabagisme, il n'est donc jamais trop tard pour arrêter de fumer.

Arrêter : mode d’emploi

Tous les fumeurs n’arrêtent pas de la même manière : certains y parviennent tout seul, 37 % se font accompagner. De même, certains cessent de fumer du jour au lendemain quand d’autres diminuent leur consommation progressivement. Il existe des produits d'accompagnement, les substituts nicotiniques (patchs, pastilles...), remboursés sur la base d’un forfait de 50 Euros par année civile et par bénéficiaire (150 Euros pour les moins de 25 ans). Dans le cadre du nouveau Plan cancer, ce forfait de 150 Euros va être étendu en 2015 aux 25 - 30 ans, aux bénéficiaires de la CMU et à tous les malades souffrant d’un cancer. « Avec l’aide des substituts nicotiniques, traitement de première intention, on considère que la durée moyenne pour arrêter est de 3 mois, affirme le Dr Martine Vittot. Ce traitement substitutif peut comprendre des patchs ou des associations patchs-formes orales (comprimés, gommes, inhalateur) ». Quant à la cigarette électronique, pour l’heure, aucune étude ne prouve qu’elle permette réellement d’arrêter de fumer. Néanmoins, 50 % des utilisateurs déclareraient s’en servir dans ce but. La cigarette électronique fonctionne sans combustion. Les cartouches contiennent, et peuvent délivrer, de la nicotine, du propylène glycol, du glycérol végétal, des arômes. D'après l'INRS, l'Institut National de Recherche et de Sécurité, le propylène glycol est considéré généralement comme non toxique. Pour autant, le débat est ouvert.

« Le propylène glycol n’est pas toxique au contact ou ingéré, mais lorsqu’il est chauffé et inhalé, nous ne connaissons pas les risques. Le danger, si danger il y a, reste à définir. Quoi qu’il en soit, le fumeur remplace une dépendance par une autre dépendance, d’ordre comportemental », commente le Dr Martine Vittot.

Se faire aider à l’IPC

A l’Institut Paoli-Calmettes, le « sevrage » tabagique peut être mis en place à n’importe quel moment du parcours de soins. Arrêter de fumer permet à l’organisme de mieux réagir lors d’une opération et durant certains traitements. Pour prendre rendez-vous pour une consultation dédiée au tabac, il suffit d’appeler le 04 91 22 34 81. Les premières consultations, avec le Dr Martine Vittot, durent en général de 30 à 45 min. Elles permettent de réaliser plusieurs tests, afin de déterminer le degré de dépendance physique à la nicotine (recherche d’un niveau constant de nicotine), mais aussi d’évaluer la dépendance comportementale ou d’ordre émotionnel (pourquoi fumez-vous, dans quelles circonstances, etc.). « Il convient également d’évaluer le terrain anxio-dépressif du patient.

En effet, le sevrage, qui consiste à aménager et à gérer le besoin en nicotine, est susceptible d’aggraver certains symptômes comme l’irritabilité et l’anxiété en cas de manque. La prise en charge n’est pas que médicamenteuse.

Il faut aussi combler le vide laissé avec l’arrêt du tabac par d’autres habitudes et activités », conseille le Dr Martine Vittot. Les consultations sont l’occasion de trouver « des éléments motivationnels positifs » à partir desquels peut s’ancrer la démarche. Elles permettent aussi d’aider le patient à exprimer ses nouvelles sensations, liées à une vie sans tabac : goût des aliments, souffle, etc., autant de mieux-être au quotidien.

L’hypnose, pour faire le deuil de la cigarette

Le Dr Martine Vittot peut être amenée à conseiller un substitut nicotinique, un traitement médicamenteux et/ou thérapie complémentaire. Dans ce cadre, certains patients consultent Alexia Raphaël, psychologue clinicienne qui pratique des séances d’hypnose dédiées à l’arrêt du tabac. « Si les patients arrêtent effectivement de fumer grâce à l’hypnose, alors ils se sentent beaucoup mieux qu’auparavant, avec une amélioration notable de l’humeur et de l’estime de soi. Ils ne subissent aucun des effets négatifs du sevrage classique, aucune crise d’angoisse. Ils n’ont pas l’impression de lutter contre quoi que ce soit », explique Alexia Raphaël. Le plus souvent, quelques séances d’hypnose suffisent à aider le patient à se sentir apaisé à l’idée d’arrêter de fumer et à faire le deuil de la cigarette.

 

Les bénéfices de l'arrêt du tabac

20 MINUTES APRÈS La dernière cigarette, la fréquence cardiaque redevient normale.

24 HEURES APRÈS, Les risques d'infarctus du myocarde commencent à diminuer. Le monoxyde de carbone est éliminé et n'est plus détectable dans le corps. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée.

2 SEMAINES APRÈS, Le goût des aliments revient et la peau reprend une couleur plus claire. On récupère du souffle.

1 AN APRÈS, Le risque d'infarctus est réduit de 50 %.

5 ANS APRÈS :

- le risque de cancer du poumon est réduit de 50 %,

- le risque de cancer de la bouche, de l'œsophage et de la vessie est également diminué de 50 %.

15 ANS APRÈS, Le risque de maladie cardiovasculaire est égal à celui des non-fumeurs et le niveau de risque de cancer lié au tabac rejoint celui des non-fumeurs.

www.tabac-info-service

Le « 39 89 » de Tabac info service est accessible du lundi au samedi de (8 h à 20 h).

Le premier appel, pour prendre rendez-vous, est payant. Mais il est ensuite possible de se faire suivre et coacher gratuitement par un tabacologue.

Idées fausses

Le tabagisme passif n’est pas dangereux

FAUX : La fumée du courant « secondaire », qui résulte de la combustion entre les bouffées, est celle qui contient le plus de substances cancérigènes ; c’est elle qui est inhalée par l’entourage.

Le tabac à rouler est moins dangereux que les cigarettes industrielles

FAUX : Les cigarettes que l’on roule soi-même sont perçues comme plus naturelles et moins nocives.

Il n’en est rien, bien au contraire. Comme le tabac à rouler brûle mal, les cigarettes s’éteignent souvent et produisent une fumée plus toxique : leur rendement en nicotine et goudron est 3 à 6 fois plus élevé, sans compter qu’il n’y a pas de filtre. Depuis 2002, toute cigarette commercialisée en Europe ne doit pas contenir plus de 1 mg de nicotine, 10 mg de goudron, 10 mg de CO. Or le tabac à rouler échappe à cette réglementation.

Fumer seulement 2 ou 3 cigarettes par jour n’est pas dangereux

FAUX : Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel il est possible de fumer sans conséquences néfastes pour la santé. La survenue d’un cancer du poumon s’explique à la fois par la durée du tabagisme et par le nombre de cigarettes quotidiennes, avec le rôle prépondérant de la durée d’exposition au tabac. Un triplement du nombre de cigarettes fumées par jour multiplie par trois le risque de cancer du poumon, alors qu’un triplement de la durée du tabagisme multiplie ce risque par 100. Le risque augmente également en fonction de la précocité de l’âge de début de la consommation de tabac (baromètre cancer 2010). Pour réduire le risque, le seul moyen est d’arrêter de fumer.



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