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Comment améliorer la prise en charge des cancers colorectaux : les pistes de recherche

Deux axes de recherche laissent entrevoir de nouvelles perspectives : l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques associée au développement de thérapies ciblées, et la recherche dans le sang circulant de cellules tumorales ou d’ADN tumoral. Etat des lieux avec le Pr. Jean-Luc Raoul, oncologue médical spécialisé en hépato-gastro-entérologie, responsable de l’équipe de médecine translationnelle hépato-gastro-entérologie de l’IPC.

Ces dernières années, le développement de nouvelles thérapeutiques ciblées a permis à la cancérologie de faire d’énormes progrès. Qu’en est-il pour le cancer colorectal ?

Jean-Luc Raoul : Effectivement, la recherche appliquée a permis de développer un certain nombre de nouveaux médicaments. Par exemple, dans les cancers colorectaux, nous disposons de deux anticorps monoclonaux (Cetuximab et Panitumumab) qui bloquent le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). Leur utilisation, en association avec la chimiothérapie ou isolément, chez les patients dont le cancer est métastasé, a permis des gains en efficacité. Néanmoins, des mutations du gène RAS, qui « neutralisent » l’effet bénéfique de ces anticorps, ont été mises en évidence. Tous les patients ne peuvent donc pas bénéficier de cette avancée.

En réalité, les cancers digestifs sont des maladies très complexes et  multifactorielles. Ces tumeurs présentent de multiples altérations génétiques qui conduisent à la suractivation ou à l’inactivation de nombreux gènes. Résultat : dans le cancer du côlon, par exemple, si nous connaissons aujourd’hui la molécule cible du Bevacizumab/Avastin®, traitement qui bloque le développement des vaisseaux tumoraux et qui améliore également le pronostic des malades métastatiques, nous ne savons toujours pas déterminer par avance chez quel patient le médicament marchera. Tous ces résultats nous rendent humbles face à la maladie, mais en questionnant la recherche, ils ouvrent aussi de nouveaux champs d’étude.

 

La recherche dans le sang circulant de cellules tumorales ou d’ADN tumoral semble être une autre piste prometteuse : pourquoi ?

Jean-Luc Raoul : En recherche translationnelle, une étude va prochainement démarrer à l’IPC, centre promoteur, pour tenter d’apprécier, par le biais de prélèvements sanguins, l’agressivité des tumeurs colorectales et leur réponse aux traitements. En nous permettant de mieux suivre l’éventuelle apparition de nouvelles anomalies au niveau des tumeurs, d’affiner le pronostic de risque de récidive, ces prélèvements sanguins, très complexes, pourraient devenir de nouveaux outils d’aide à la prise de décision thérapeutique.