Joindre l'IPC

04 91 22 33 33

 Prendre rendez-vous

04 91 22 30 30

Cancer de la vessie : le cancer urologique le plus fréquent après celui de la prostate


Le cancer de la vessie est en fréquence, après le cancer de la prostate, le deuxième cancer de l’appareil urinaire. Il est nettement plus fréquent chez l’homme que chez la femme.
Les statistiques annoncent environ 11 965 nouveaux cas annuels, dont 80 % survenant chez l’homme. Avec une incidence en augmentation ces dernières années, le cancer de la vessie devient un véritable problème de santé publique : le tabagisme est le facteur de risque principal.

La prise en charge d’un cancer de la vessie dépend de l’état général du patient, de son âge, mais aussi bien sûr du stade et du type de la maladie. Un cancer de la vessie peut être :

  • localisé et superficiel, c’est-à-dire n’atteignant pas le muscle vésical ;
  • localisé et inflitrant, envahissant le muscle ;
  • ou encore non localisé et métastatique.

Une fois la tumeur diagnostiquée, l’équipe pluridisciplinaire décide collégialement de la stratégie thérapeutique à mettre en œuvre.

  • Une analyse d’urines est effectuée pour rechercher notamment la présence d’éventuelles cellules cancéreuses.
  • L’endoscopie vésicale, réalisée à l’aide d’un fibroscope souple, introduit par les voies naturelles, sous simple anesthésie locale, permet de visualiser l’intérieur de la vessie et de prélever éventuellement un fragment (biopsie).
  • Les tissus issus de la biopsie sont analysés.
  • Le scanner sert à repérer d’éventuelles extensions à distance.


La prise en charge des tumeurs superficielles

Si le cancer est superficiel, qu’il n’infiltre pas le muscle, un traitement conservateur est la plupart du temps accessible : une simple résection par endoscopie (intervention par les voies naturelles sous caméra) peut suffire. A l’IPC, cette résection s’effectue dorénavant sous lumière fluorescente.

Cette technique diagnostique fait appel à un spectre de lumière différent de la lumière blanche, la lumière bleue. Un produit marqueur est injecté au patient avant l’intervention. Celui-ci est alors immédiatement capté par les cellules tumorales de la vessie car il répond à leur hypermétabolisme. La lumière bleue permet ensuite de révéler ces cellules « gourmandes », qui apparaissent en rose et se distinguent ainsi des cellules saines. La détection comme l’ablation de l’ensemble des lésions présentes sont optimisées. Ensuite, l’analyse anatomopathologique détermine précisément le stade et le grade tumoral. En fonction des résultats, la prise en charge thérapeutique diffère.


Dans certains cas, cette résection peut être complétée par une série d’instillations intra-vésicales de bacilles de Calmette et Guérin (BCG) ou de chimiothérapie (Mitomycine C) classique, destinées à diminuer les risques de récidive et/ou de progression. Enfin, pour certaines de ces tumeurs, plus agressives que d’autres, l’IPC propose depuis peu aux patients éligibles une stratégie innovante : la thermo-chimiothérapie.

Le traitement consiste à délivrer une chimiothérapie locale. La Mitomycine est instillée dans la vessie par l’intermédiaire d’une sonde vésicale. Le schéma d’administration est une instillation hebdomadaire pendant 6 à 8 semaines. Les conditions et les précautions d’emploi sont l’absence du sang dans les urines et l’absence d’infection urinaire.

Le principe n’est pas celui d’un vaccin. Ce traitement conservateur, utilisé depuis 1976, agit par l’intermédiaire d’une souche atténuée de mycobactéries dont l’effet est de déclencher une réaction immunitaire locale visant notamment à empêcher une nouvelle tumeur de se développer. Chaque instillation consiste à injecter le produit dans la vessie par l’intermédiaire d’une sonde introduite par l’urètre. Le traitement d’induction est de 6 instillations hebdomadaires.

La thermo-chimiothérapie repose sur une synergie anti-tumorale entre la chimiothérapie et une hyperthermie de 42°C +/-1. La Mitomycine est chauffée à 42°C puis instillée dans la vessie par l’intermédiaire d’une sonde vésicale. Le schéma d’administration est identique à celui de l’instillation standard, soit une instillation hebdomadaire pendant 6 à 8 semaines. Les conditions et les précautions d’emploi sont également similaires.



La prise en charge des tumeurs localisées infiltrantes

La chirurgie, le traitement standard des tumeurs infiltrantes

Si la tumeur est infiltrante (30% des cas), la vessie doit être retirée au cours d’une intervention chirurgicale : une cystectomie totale. Il s’agit de l’ablation de la vessie et des ganglions de drainage, puis d’une reconstruction médicale (stomie - poche de substitution). Dans la grande majorité des cas, le geste chirurgical emporte également la prostate chez l'homme et l'utérus chez la femme.

Cette chirurgie est proposée pour éviter à la tumeur d’évoluer, d’exposer le patient à des risques de troubles urologiques et à des douleurs ainsi qu’à une progression locale et à distance de la maladie. Elle est souvent précédée d’une chimiothérapie. Néanmoins, dans certains cas, un traitement conservateur de la vessie, une prise en charge alternative utilisant la radiothérapie et/ou la chimiothérapie, peut être proposé.

Enfin, la chirurgie peut induire des effets secondaires sur la continence et les érections, différents d’un individu à l’autre. Lorsque des problèmes de continence subsistent, une rééducation spécifique peut être envisagée. Par ailleurs, lors de l’intervention, le risque de léser les nerfs de l’érection est important. 
Il est donc fréquent de ne plus avoir d’érections après une ablation de la vessie : divers traitements de ce trouble de l’érection sont possibles et peuvent être conseillés.

Face à ces problématiques d’effets secondaires (fonctions érectile et urinaire), auxquelles s’ajoutent celles liées à la reconstruction, la chirurgie par rabot assistée se développe de plus en plus pour le cancer de la vessie. L’intervention dure environ 5 - 6 heures et l’hospitalisation implique en moyenne 12 nuits. Compte tenu des bons résultats fonctionnels et oncologiques obtenus, dans un avenir proche, au moins 50 % des patients opérés d’un cancer de la vessie infiltrant pourraient être pris en charge en chirurgie robotique.

Les traitements médicamenteux : avant ou après la chirurgie

Une chimiothérapie peut être proposée en traitement néo-adjuvant (avant la cystectomie) ou suite à la chirurgie (chimiothérapie adjuvante).


La prise en charge des tumeurs métastatiques

Certaines tumeurs sont métastatiques au moment du diagnostic. La prise en charge est alors médicamenteuse, le protocole proposé pouvant varier d’un patient à l’autre.

 

 

La vessie

La VESSIE est le réservoir dans lequel l’urine, provenant des reins et drainée par les uretères, est stockée avant d’être évacuée lors de la miction. Lors de la miction, les urines sont évacuées à l’extérieur par le canal de l’urètre. Ce canal est court chez la femme (environ 4 cm). Chez l'homme, il est beaucoup plus long (environ 17 cm) et entouré par la prostate dans sa première partie sous la vessie.

Facteurs de risque

Les cancers de la vessie et des voies urinaires hautes sont favorisés par le tabagisme et l’exposition à certains facteurs professionnels ou environnementaux : arsenic, pesticides, cancérogènes industriels.