Joindre l'IPC

04 91 22 33 33

 Prendre rendez-vous

04 91 22 30 30

« Partageons les couleurs et la lumière de l’espoir»

La tête emplie des lumières de Saint-Tropez et de Papeete, Bernard Camba transpose sur bois des féeries de couleurs. Patient à l’IPC, il expose en mars une série d’oeuvres vitro acryliques. Des créations où se mêlent lumière extérieure et lumière intérieure, dans un hommage à l’énergie vitale.

  L’histoire commence à Saint-Tropez, dans les années 50, au tout nouveau musée d’art moderne de l’Annonciade. Bernard Camba, alors adolescent, découvre les peintres de la couleur : Seurat, Derain, Signac… «  Ma mère était régisseur et j’avais donc un accès libre au musée. J’étais totalement subjugué par le fauvisme et la technique du pointillé », se souvient Bernard Camba.

Issu du mouvement impressionnisme, le pointillisme consiste à peindre par juxtaposition de petites touches de peinture, en alternant couleurs primaires et couleurs complémentaires. Vu de près, l’ensemble n’est qu’une multitude de points. Mais lorsque le tableau est regardé à distance, le mélange optique s’opère sur notre rétine et la scène représentée apparaît alors dans sa globalité, avec une intense luminosité.

 

« À l’époque, j’ai commencé à peindre des aquarelles et des toiles à la peinture à l’huile. Je dessinais également, mais je n’utilisais pas la technique du pointillisme, même si elle me touchait profondément. J’ai eu la chance de côtoyer quelques peintres en vogue. Néanmoins, je reste un autodidacte et je me considère comme un gribouilleur du dimanche », raconte Bernard Camba. 

« Un gribouilleur du dimanche » qui n’a jamais cessé de peindre, avec toujours en lui cette fascination pour la lumière. « Cela m’a poursuivi toute ma vie », reconnaît-il. Et c’est à Papeete, où sa vie professionnelle d’ingénieur en mécanique dans la Marine Nationale l’amène un temps, que se produit le déclic. « C’est là-bas que j’ai commencé à ébaucher la peinture que je pratique maintenant. Seulement, le rendu à la gouache ne me satisfaisait pas et je ne trouvais pas de peinture répondant à mes attentes sur le plan technique. J’ai dû attendre ces dix dernières années pour qu’apparaissent des acryliques transparentes », explique-t-il.

 

La lumière au bout du pinceau

À 71 ans, Bernard Camba travaille donc maintenant en vitro acrylique. Il peint essentiellement sur du bois, traité avec un enduit laqué blanc, très lisse. D’où, selon lui, un rendu encore plus lisse qu’une feuille de papier. Sur cette surface de base, il dessine ensuite les contours des formes du tableau : des cloisonnements, comme pour un vitrail. Puis, il peint l’intérieur des différentes formes avec de la peinture acrylique transparente, ce qui lui permet d’utiliser la technique du pointillisme.

 

Et sur le sujet, il est intarissable. « Les limites sont en noir et, parfois, depuis peu, en doré. Le sujet principal, lui, est réalisé soit normalement, soit en pointillés. En revanche, toutes les zones qui l’environnent sont des zones en pointillés. Comme je peins avec des teintes transparentes, il y a une décomposition, de sorte que toutes les couleurs se dévoilent. Par endroits, 5 à 6 couleurs différentes se superposent par pointillés : la richesse obtenue permet d’augmenter la lumière captée. Au final, le tableau est terminé lorsque tout est coloré et que l’ensemble est satisfaisant. Alors, je passe plusieurs couches de vernis, ce qui donne de la profondeur à la peinture. »

 

Du clocher de Saint-Tropez au vieux pont sur le Verdon, en passant par la plage aux cocotiers, les papillons ou encore les coccinelles, Bernard Camba a différents thèmes favoris. Au total, il a d’ores et déjà finalisé environ 130 œuvres de ce type, de tailles variables. Par ailleurs, il crée différentes formes, parfois loin des standards traditionnels, de façon à s’adapter au sujet.

 

« Dans la démarche du vitrail traditionnel, les cloisons servent à tenir les pièces. Dans mes tableaux, les cloisons sont là pour donner du mouvement aux différents éléments de la composition », ajoute-t-il.

 

Une exposition pour partager

Pendant plusieurs années, Bernard Camba a régulièrement exposé à Colmars-les-Alpes, là où il passe ses vacances. De nombreux tableaux ont été achetés par des touristes étrangers. Aujourd’hui, il a décidé d’exposer à l’Institut Paoli-Calmettes, où il est suivi depuis 5 ans. Une exposition – plaisir, loin de toute démarche commerciale.

 

Comme il aime à le préciser, il n’y a pas de message dans sa peinture, qui reste figurative. Bernard Camba, malade s’adressant aux autres malades, a eu tout simplement envie de partager toutes ces couleurs, toute cette lumière et, surtout, l’énergie positive qui en émane.