Les lymphomes malins non Hodgkiniens

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Le bilan d’extension

L’évaluation de l’extension de la maladie et de son retentissement sur l’organisme est une étape essentielle avant de débuter un traitement. Le choix du traitement va dépendre du stade d’évolution retrouvé. Différents examens vont donc être réalisés de façon systématique :
1- une prise de sang comprenant :

  • numération formule sanguine (NFS)
  • bilan hépatique, bilan de la fonction rénale
  • mesure des enzymes LDH qui est un facteur pronostic essentiel élevé dans les lymphomes         
  • dosage de la 2 microglobuline qui est un facteur pronostic pour certains cancers comme le myélome ou le lymphome
  • dosage de certaines marqueurs protéiques des cellules lymphomateuses (bcl-2 ou bcl-1) qui permet de suivre la maladie  


2 - Myélogramme et Biopsie Ostéo-Médullaire (BOM) : prélèvement de moelle osseuse par aspiration (myélogramme) et prélèvement d'une carotte osseuse dans la hanche (BOM) sous anesthésie locale. Ils permettent de savoir si la maladie a envahi la moelle osseuse,

3- bilan d'imagerie

  • Scanner avec injection d'iode du thorax, de l’abdomen et du petit bassin : recherche de ganglions et de localisations tumorales, mesure des ganglions en nombre et en taille
  • Un PET scanner qui est une sorte de scanner couplé avec la mesure de la radioactivité d'un produit (le 6- fluoro déoxyglucose) qui est administré au patient et qui va être capté par les cellules en forte activité métabolique dont les cellules tumorales. Ce nouveau type d'examen est ESSENTIEL pour repérer tout les sites du LMNH puis ensuite de surveiller leurs disparitions avec le traitement de chimiothérapie. C'est un examen indolore et sans risque. Il se réalise à jeun.

    
4- La ponction lombaire (PL) : Cet examen n'est pas réalisé systématiquement. Le lymphome peut envahir le système nerveux. Dans ce cas, le liquide céphalo-rachidien (LCR) entourant le cerveau et la moelle épinière contient des cellules lymphomateuses. Pour le savoir, le médecin va pratiquer une ponction lombaire en introduisant une fine aiguille entre deux vertèbres dans le bas du dos et recueillir un petit échantillon de LCR et l’analyser. Cet examen se fait au lit du patient, est habituellement peu douloureux mais on peut administer un gaz (protoxyde d'azote) qui permet au patient de se détendre.
Ces examens peuvent être complétés au besoin en fonction de signes d’appel présentés par le patient : examen de la sphère ORL, fibroscopies digestives et pulmonaires, examen par Résonance Magnétique Nucléaire, biopsie du foie. Le but de ces examens est toujours le même: avoir un reflet précis du degré d’extension de la maladie pour choisir le traitement le plus approprié.
De plus, on pourra proposer au patient une sérologie de dépistage pour le VIH (les cas de LMNH étant plus fréquents en cas de déficit immunitaire)

Bilan préthérapeutique

  • mesure de la fonction cardiaque par échographie cardiaque ou mesure isotopique (scintigraphie)
  • Mesure de la fonction respiratoire quelquefois (Explorations Fonctionnelles Respiratoires, EFR)
  • Conservation de sperme s’il s’agit d’un homme pour prévenir un risque de stérilité

Moelle osseuse

Les globules blancs, les plaquettes et les globules rouges, cellules du sang, sont fabriqués par la moelle osseuse. Elle se trouve dans tous les os, surtout dans les os plats comme : le sternum, le bassin, les côtes et les os du crâne. Elle contient les cellules souches qui, en se différenciant, vont donner les cellules du sang. Cette moelle peut être à l’origine de cancers du sang ou être envahie secondairement par des métastases d’un autre cancer. Elle est touchée par la quasi-totalité des médicaments de chimiothérapie. Quand sa production est diminuée ou arrêtée, on parle d’hypoplasie ou d’aplasie médullaire.  Actuellement la greffe de moelle osseuse consiste à la réinjection de cellules souches prélevées soit chez le patient lui même (autogreffe) ou chez un donneur (allogreffe). Ces cellules sont prélevées le plus souvent dans le sang (rarement dans la moelle) et réinjectées au patient en perfusion.

Autoconservation de sperme

Le sperme est composé de liquide séminal et de spermatozoïdes responsables de la fertilité masculine. Les spermatozoïdes ont un taux de reproduction élevé ce qui les rend très sensibles à la chimiothérapie ou à la radiothérapie.
Aujourd’hui, il existe des moyens de protection renforcée des testicules lors de l’irradiation d’un organe voisin. Par contre, il est impossible de limiter la toxicité des médicaments de chimiothérapie. Cette toxicité est variable en fonction des médicaments, des doses, de la durée de la chimiothérapie et aussi des individus. La stérilité définitive n’est pas obligatoire après une chimiothérapie, ni même pendant sa réalisation. Les mesures de contraception, si elles étaient indiquées, doivent être maintenues.
Pour prévenir le risque de stérilité, on propose aux hommes de préserver du sperme par congélation après recueil au CECOS (Centre d’Études et de Conservation du Sperme). L'accord du conjoint n'est pas nécessaire. Le prélèvement doit être réalisé avant toute chimiothérapie. La fertilité du sperme recueilli est évaluée avant et après congélation. Le sperme peut être conservé ainsi plusieurs années. Si le patient en a besoin, il peut récupérer son sperme pour l’insémination de sa compagne.
Les CECOS refusent de délivrer le sperme d’un patient décédé.