Cancer du rein

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Les thérapeutiques innovantes

La thérapie génique

La meilleure compréhension des mécanismes qui rendent la cellule cancéreuse permet aussi d'envisager de modifier à l'intérieur de la cellule ces anomalies. La thérapie génique est une technique qui permet de modifier le matériel génétique ou génome d'une cellule. Grâce à des virus qui serviront de vecteurs, on peut intégrer de nouveaux gènes dans le noyau de la cellule cancéreuse et donc rajouter un gène fonctionnant normalement pour suppléer un gène inefficace, insérer un gène qui va provoquer la mort de la cellule cancéreuse ou insérer un gène qui va faire produire à la cellule une protéine particulière. Cette dernière technique est à l'étude pour insérer au sein des cellules du cancer du rein un gène qui va faire sécréter de l'interleukine2 au sein même de la tumeur. Elle rencontre encore de nombreux problèmes de mise au point, mais des essais utilisant la thérapie génique en association avec les chimiothérapies conventionnelles sont en train de voir le jour.

La prolifération des cellules cancéreuses nécessite la présence de facteurs de croissance. De nombreux gènes dans le noyau des cellules cancéreuses sont responsables de la sécrétion de ces facteurs ou de la présence de récepteurs à ces facteurs à la surface des cellules. Bloquer l'expression de ces récepteurs à la surface des cellules cancéreuses est une voie thérapeutique des plus prometteuses. Ceci peut se faire grâce à des anticorps monoclonaux dirigés contre les récepteurs, aux inhibiteurs de tyrosine-kinase ou à des molécules antisens. Des études cliniques évaluant l'intérêt de ces nouvelles molécules sont en cours. Certains médicaments qui ont plusieurs mécanismes d'action, dont l'inibition de la croisssance cellulaire sont déjà disponibles (sorafenib, sunitinib) . voir paragraphe : les inhibiteurs de l'angio-génèse.

La Recherche clinique

À quoi servent les essais cliniques ?

Les essais cliniques appelés aussi recherche clinique, études cliniques ou essais thérapeutiques sont les moyens qui permettent aux médecins d'évaluer les nouveaux traitements. Le but de ces études est de rechercher la meilleure façon de traiter les patients. Ces essais évaluent différents types de traitements : nouvelles molécules de chimiothérapie, nouvelles techniques d'irradiation ou de chirurgie, nouvelles associations de plusieurs médicaments ou de nouvelles méthodes comme la thérapie génique ou l'immunothérapie. Les essais cliniques contribuent à la connaissance et aux progrès contre le cancer. Ils sont faits pour répondre aux questions que se posent les médecins et les aident à trouver de nouvelles voies de recherche. Quand un nouveau traitement fait preuve de son efficacité à la fin d'un essai clinique, il devient le traitement de référence avec lequel seront soignés de nombreux patients. La plupart des traitements que les patients reçoivent aujourd'hui sont les résultats d'essais cliniques auxquels de nombreux autres patients ont accepté de participer.

Les différents types d'essais cliniques

L'essai clinique fait partie d'un long processus de recherche. Dans un premier temps, la recherche d'un nouveau traitement va débuter dans un laboratoire où des scientifiques développent et testent de nouvelles idées. Puis, si les premiers résultats semblent intéressants, le nouveau traitement va être testé sur des animaux pour avoir une première évaluation de son efficacité et de sa tolérance. Cela permet d'éliminer les traitements qui ne marchent pas ou sont trop toxiques. Il sera ensuite administré à l'être humain dans le cadre d'essais cliniques en trois étapes successives :
La première étape va déterminer le meilleur moyen de donner le médicament aux patients (par voie orale, par voie intra-veineuse), de noter les effets indésirables qu'il peut déclencher et de connaître la dose maximale tolérée. Ces essais sont dits de phase I et ne comprennent qu'un petit nombre de patients ayant épuisé toutes les ressources thérapeutiques.
La deuxième étape va essayer de déterminer la dose qui est la plus efficace. Ces essais sont dits de phase II.
La troisième étape consiste à comparer le nouveau traitement au traitement de référence du cancer étudié pour savoir s'il est meilleur ou non. Ces essais sont dits de phase III et nécessitent la participation de nombreux patients.

Critères d'inclusion ou pourquoi sélectionner des patients

Chaque essai va s'adresser à une population de patients qui est définie au départ par des critères d'inclusion : quel type de cancer, à quel stade d'évolution, l'absence d'autre maladie qui pourrait contre-indiquer l'administration des traitements (insuffisance hépatique, insuffisance rénale...). Cela permet d'avoir des résultats fiables, de protéger les patients chez qui le traitement pourrait être toxique ou ne pas être efficace.

Qu'est-ce que la randomisation ?

Dans la plupart des essais, le choix du traitement que recevra le patient (traitement testé ou traitement de référence) est laissé au hasard ; cette méthode s'appelle la randomisation. Elle s'effectue par tirage au sort. Elle permet d'éviter que des choix humains ou d'autres facteurs non dus aux traitements puissent venir perturber les résultats de l'essai. Comparer deux groupes de patients identiques prenant un traitement différent pour le même type de cancer est un moyen d'être sûr que les résultats de l'essai sont réels et dus aux traitements. Comparer deux traitements permet de savoir lequel est le mieux toléré ou le plus efficace.

Les aspects réglementaires

Dans un essai clinique, deux choses sont importantes : la sécurité du patient et le but de la recherche. Chaque essai est conçu comme un plan d'action qui explique clairement comment les choses vont se dérouler. L'investigateur de l'essai (un médecin) prépare ce plan d'action (protocole). Celui-ci explique ce qui doit être fait durant l'essai et pourquoi. Il décrit combien de patients prendront part à l'étude, quels types d'examens seront réalisés et comment les traitements de l'essai seront donnés aux patients. Pour la sécurité du patient, chaque essai doit être examiné et approuvé par le CCPPRB (Comité Consultatif pour la Protection des Personnes dans la Recherche Biomédicale). Sans l'avis de ce comité, l'essai ne peut débuter. Ce comité comprend des médecins, des psychologues, des assistantes sociales, des scientifiques et juge de l'intérêt de l'étude pour les patients et l'absence de danger pour les personnes qui y participent. Il s'assure aussi que le patient recevra une information claire et complète sur l'étude avant d'y participer et y donnera son consentement libre et éclairé. Ces procédures sont régies par la loi Huriet-Sérusclat du 20 Décembre 1988.

Vos droits

Quand votre médecin vous proposera de participer à un essai, il vous remettra une notice d'information : celle-ci vous explique les buts de cette étude, les bénéfices et les risques attendus, les traitements de l'essai, leurs effets secondaires connus, ainsi que le déroulement de cette étude. Si vous acceptez d'y participer, votre médecin vous demandera de signer avec lui un formulaire de consentement éclairé : celui-ci signifie que vous avez reçu toutes les informations nécessaires avant de prendre votre décision et assure de votre liberté de choix. Il matérialise une relation de partenariat entre vous et votre médecin.
Vous avez le droit d'interrompre votre participation à cet essai à tout moment sans avoir à vous justifier. Votre médecin vous proposera alors un autre traitement et vous continuerez à bénéficier des meilleurs soins possibles. Participer à un essai clinique est votre décision. Il existe d'autres traitements possibles de votre maladie, vous pouvez en discuter avec votre médecin et faire ensemble le meilleur choix pour vous.
Si au cours de l'essai, le traitement que vous recevez ne vous convient pas (effets secondaires ou inefficacité), votre médecin arrêtera l'essai et vous donnera un autre traitement. Des assurances sont obligatoires pour votre indemnisation en cas de dommages liés à la recherche.