Cancer du col utérin

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Prévention

L'évolution naturelle du cancer du col utérin est bien connue actuellement : la première étape est l'infection par le papilloma virus (HPV) lors des rapports sexuels.

Si cette infection persiste à l'état latent, la seconde étape est l'apparition 2 à 3 ans après d'anomalies au niveau de la muqueuse du col utérin qui sont appelées dysplasies. Ces lésions sont minimes au départ et on parle de dysplasies légères ou de lésions de bas grade ; mais elles peuvent évoluer au fil du temps et s'aggraver et on parle alors de dysplasies sévères ou de lésions de haut grade.

Ces dysplasies sont les lésions précancéreuses du col utérin. Elles sont limitées à la muqueuse du col utérin et leur traitement à ce stade empêche la survenue d'un cancer du col. Si elles ne sont pas traitées, elles vont progressivement évoluer et se transformer en une lésion cancéreuse.

Acutellement il existe des moyens pour prévenir l'apparition du cancer il s'agit de :

  • Prévention primaire par la vaccination
  • Prévention secondaire par les frottis cervico-vaginaux
  • Prévention tertiaire par le traitement du cancer et la surveillance

La vaccination

En octobre 2005 est sorti un vaccin contre le papillomavirus type 6, 11, 16 et 18.Cette vaccination nommé GARDASIL est de nature à prévenir les lésions précancéreuses et les cancers non invasifs du col de l'utérus dus aux papillomavirus de type 6, 11, 16 et 18 L'immunité conférée dure au moins cinq ans.

Son efficacité est quasi totale (98%) chez les femmes non infectées par un des virus contenus dans le vaccin. Il ne paraît pas efficace, ni pour les autres génotypes, ni pour les femmes déjà infectées. L'efficacité n'est pas connue au-dela de cinq ans, notamment en raison de la longueur de développement du cancer du col de l'utérus.

La vaccination concerne surtout les adolescentes avant les premières relations sexuelles, soit à l'âge de 14 ans, et c'est ce que recommande le CSHPF qui préconise une vaccination systématique à cet âge. Elle ne dispense pas de la poursuite du dépistage du cancer du col de l'utérus ni de l'utilisation du préservatif. La vaccination complète (3 doses sur 6 mois : 0, 2, 6) devient accessible au plus grand nombre car la sécurité sociale a fixé sont taux remboursement à 65% L'utilisation des vaccins contre l'HPV (human papillomavirus) protège contre les infections à papillomavirus 6, 11, 16 et 18.

La vaccination contribue ainsi a diminuer le risque du cancer du col de l'utérus (HPV16 et HPV18 sont une des causes connues les plus fréquentes des lésions précancéreuses du col utérin), et le risque d'apparition de condylomes génitaux (HPV6 et HPV11 sont responsables d'environ 90% de ces affections). Elle semble avoir également un effet positif sur le taux de cancers de la vulve et du vagin. La vaccination nécessite trois injections (0, 2 et 6 mois) et offrirait une protection supérieure à 5 ans. Son coût est important (environ 150 euros la dose en été 2007), mais devient accessible au plus grand nombre, notamment par une prise en charge du vaccin à hauteur de 65 % par la sécurité sociale en France.


Historique

La vaccination a débuté aux USA l'État du Michigan demande la vaccination de toutes les jeunes filles de 11-12 ans de cet État. En octobre 2006, la Commission européenne autorise son emploi chez les jeunes femmes de 16 à 26 ans et chez les enfants. Une vaccination de masse a débuté en Australie en 2007.


Cible de la vaccination

La cible logique est l'adolescente ou la jeune femme, ce qui permettrait de diminuer très sensiblement l'apparition de lésions du col utérin. La vaccination de tout jeune, garçons et filles, serait cependant plus efficace en termes de santé publique.

L'Institut de veille sanitaire InVS préconise, en France, de vacciner toutes les jeunes filles de 14 ans, afin de les protéger avant qu'elles ne soient exposées à l'HPV. Cependant la vaccination est également possible entre 15 et 23 ans s'il n'y a pas eu de relations sexuelles (au plus tard dans l'année suivant le début de la vie sexuelle). La vaccination n'est pas efficace, une fois l'infection installée. A partir de 25 ans, toutes les femmes, vaccinées ou non, doivent se faire suivre dans le cadre du dépistage du cancer du col de l'utérus puisque le vaccin ne protège pas de toutes les souches de virus

Il est important de savoir que le meilleur moyen de prévenir la survenue d'un cancer du col utérin est la pratique régulière et suivie de frottis cervico-vaginaux. En effet, cet examen permet de dépister les lésions précancéreuses du col et de les traiter avant qu'elles ne dégénèrent en lésion maligne. La plupart des cancers du col utérin sont diagnostiqués chez les femmes qui n'ont jamais eu de frottis de dépistage ou chez qui le dernier frottis a été pratiqué il y a plus de 5 ans. Cet examen est simple à réaliser, parfaitement indolore et dans notre pays, remboursé par l'assurance-maladie.

Le meilleur moyen de réduire le nombre de cancers du col et sa mortalité est d'amener un plus grand nombre de femmes à se faire dépister et surtout à le faire de façon régulière.

Les autres moyens qui peuvent avoir un impact sur la diminution du nombre de cas de cancer du col sont l'arrêt du tabac et l'usage du préservatif diminue en grande partie la transmission des papillomavirus et la fréquence des infections persistantes à HPV (ce qui signifie que l'utilisation régulière du préservatif entraine une régression des lésions préexistantes plus fréquentes que chez ceux qui ne l'utilisent pas).


En savoir plus : Les dysplasies du col utérin

Les dysplasies du col utérin sont des lésions précancéreuses. Ce sont de petites anomalies des cellules de la muqueuse du col utérin qui vont dégénérer au fil du temps et aboutir à la formation d’une lésion cancéreuse. On évalue à une vingtaine d’années le temps nécessaire à la constitution d’un cancer du col.
Ces lésions sont mises en évidence par un frottis cervico-vaginal qui retrouve des cellules dysplasiques. Ces anomalies peuvent se diviser en deux catégories :

  • les lésions de bas grade : Ce sont les premières modifications qui apparaissent. On les appelle aussi dysplasie légère ou CIN 1 (Cervical Intraepithelial Neoplasia). Elles sont le plus souvent diagnostiquées chez les femmes âgées de 25 à 35 ans.
  • les lésions de haut grade ; Ce sont des lésions plus évoluées mais elles restent strictement limitées à la muqueuse du col. On les appelle aussi dysplasies modérée et sévère, ou CIN 2 et CIN 3 ou carcinome in situ en fonction du degré plus ou moins important d’anomalies cellulaires. Elles sont le plus souvent diagnostiquées chez les femmes âgées de 30 à 40 ans.


Devant cette anomalie, le médecin va pratiquer un autre examen : la colposcopie. Il s’agit d’examiner le col utérin à l’aide d’une grosse loupe binoculaire pour visualiser la lésion. En plus de l'examen "sans préparation" il est nécessaire d’appliquer sur le col des colorants (Acide Acétique et Lugol) pour bien mettre en évidence la lésion surtout si elle est de petite taille. Une fois la lésion repérée, le médecin va pratiquer une biopsie. Cela consiste à prélever un petit morceau de la zone suspecte pour qu’il soit examiné au microscope par un médecin spécialiste (anatomo-pathologiste). Ce prélèvement est réalisé sans anesthésie locale. Il permet au médecin d’avoir plus de renseignements sur cette lésion et de proposer à la patiente le traitement le plus adapté.

Il existe différentes méthodes pour traiter les dysplasies. Le choix du traitement va dépendre du degré de la dysplasie, de l’âge de la patiente, de son désir de grossesse ultérieure, des habitudes du médecin. Les dysplasies peuvent être détruites par laser, cryothérapie (destruction des cellules par le froid), ou par une conisation (on enlève chirurgicalement au bistouri froid ou à l’anse diathermique un fragment conique du col utérin).