Mieux traiter
La Chimiothérapie :
Différentes possibilités thérapeutiques sont actuellement étudiées :
Tout d'abord des essais cliniques sont en cours pour évaluer plusieurs molécules de chimiothérapie qui ont montré une efficacité contre les cellules du cancer de l'ovaire ; l'objectif de cette recherche est de savoir si le fait d'administrer ces traitements lors de la première chimiothérapie et non plus lors de la rechute peut améliorer le taux de réponses au traitement D'autres études évaluent l'intérêt d'administrer un traitement d'entretien après une réponse à un premier protocole de chimiothérapie par rapport à une simple surveillance qui est l'attitude habituellement recommandée. L'objectif est de diminuer le risque de rechute.
Pour les formes avancées, l'intensification thérapeutique est actuellement proposée dans le cadre d'essais cliniques : Cela consiste à administrer de très fortes doses de chimiothérapie dans l'espoir de détruire toutes les cellules cancéreuses. Ces médicaments très puissants sont aussi très toxiques pour la moelle osseuse qui produit les cellules du sang. Ils sont donc utilisés en association avec une autogreffe de moelle :La moelle osseuse de la patiente est prélevée avant d'administrer les médicaments et réinjectée après le traitement pour reconstituer les cellules sanguines. Une étude d'intensification est en cours à l'Institut Paoli-Calmettes.
Une voie de recherche est l'amélioration de la chimiothérapie par voie intra-péritonéale. De nouvelles molécules de chimiothérapie font l'objet d'évaluation : analogues des sels de platine, nouveaux taxanes, lurcotecan liposomal ...
Les thérapeutiques innovantes
Une meilleure compréhension des mécanismes qui rendent la cellule cancéreuse a permis de mettre au point de nouveaux médicaments en plus de ceux déjà employés lors d'essais thérapeutiques et qui agissent directement sur ces dérèglements cellulaires. Les inhibiteurs de proteasome, les immunomodulateurs, inhibiteurs multiples de kinases et d'autres anticorps monoclonaux. L'ensemble de ces nouveaux traitements font actuellement l'objet d'études cliniques, seuls ou en association avec les médicaments de chimiothérapie conventionnelle.
En savoir plus : La Recherche clinique
À quoi servent les essais cliniques ?
Les essais cliniques appelés aussi recherche clinique, études cliniques ou essais thérapeutiques sont les moyens qui permettent aux médecins d'évaluer les nouveaux traitements. Le but de ces études est de rechercher la meilleure façon de traiter les patients. Ces essais évaluent différents types de traitements : nouvelles molécules de chimiothérapie, nouvelles techniques d'irradiation ou de chirurgie, nouvelles associations de plusieurs médicaments ou de nouvelles méthodes comme la thérapie génique ou l'immunothérapie. Les essais cliniques contribuent à la connaissance et aux progrès contre le cancer. Ils sont faits pour répondre aux questions que se posent les médecins et les aident à trouver de nouvelles voies de recherche. Quand un nouveau traitement fait preuve de son efficacité à la fin d'un essai clinique, il devient le traitement de référence avec lequel seront soignés de nombreux patients. La plupart des traitements que les patients reçoivent aujourd'hui sont les résultats d'essais cliniques auxquels de nombreux autres patients ont accepté de participer.
Les différents types d'essais cliniques
L'essai clinique fait partie d'un long processus de recherche. Dans un premier temps, la recherche d'un nouveau traitement va débuter dans un laboratoire où des scientifiques développent et testent de nouvelles idées. Puis, si les premiers résultats semblent intéressants, le nouveau traitement va être testé sur des animaux pour avoir une première évaluation de son efficacité et de sa tolérance. Cela permet d'éliminer les traitements qui ne marchent pas ou sont trop toxiques. Il sera ensuite administré à l'être humain dans le cadre d'essais cliniques en trois étapes successives :
La première étape va déterminer le meilleur moyen de donner le médicament aux patients (par voie orale, par voie intra-veineuse), de noter les effets indésirables qu'il peut déclencher et de connaître la dose maximale tolérée. Ces essais sont dits de phase I et ne comprennent qu'un petit nombre de patients ayant épuisé toutes les ressources thérapeutiques.
La deuxième étape va essayer de déterminer la dose qui est la plus efficace. Ces essais sont dits de phase II.
La troisième étape consiste à comparer le nouveau traitement au traitement de référence du cancer étudié pour savoir s'il est meilleur ou non. Ces essais sont dits de phase III et nécessitent la participation de nombreux patients.
Critères d'inclusion ou pourquoi sélectionner des patients
Chaque essai va s'adresser à une population de patients qui est définie au départ par des critères d'inclusion : quel type de cancer, à quel stade d'évolution, l'absence d'autre maladie qui pourrait contre-indiquer l'administration des traitements (insuffisance hépatique, insuffisance rénale...). Cela permet d'avoir des résultats fiables, de protéger les patients chez qui le traitement pourrait être toxique ou ne pas être efficace.
Qu'est-ce que la randomisation ?
Dans la plupart des essais, le choix du traitement que recevra le patient (traitement testé ou traitement de référence) est laissé au hasard ; cette méthode s'appelle la randomisation. Elle s'effectue par tirage au sort. Elle permet d'éviter que des choix humains ou d'autres facteurs non dus aux traitements puissent venir perturber les résultats de l'essai. Comparer deux groupes de patients identiques prenant un traitement différent pour le même type de cancer est un moyen d'être sûr que les résultats de l'essai sont réels et dus aux traitements. Comparer deux traitements permet de savoir lequel est le mieux toléré ou le plus efficace.
Les aspects réglementaires
Dans un essai clinique, deux choses sont importantes : la sécurité du patient et le but de la recherche. Chaque essai est conçu comme un plan d'action qui explique clairement comment les choses vont se dérouler. L'investigateur de l'essai (un médecin) prépare ce plan d'action (protocole). Celui-ci explique ce qui doit être fait durant l'essai et pourquoi. Il décrit combien de patients prendront part à l'étude, quels types d'examens seront réalisés et comment les traitements de l'essai seront donnés aux patients. Pour la sécurité du patient, chaque essai doit être examiné et approuvé par le CCPPRB (Comité Consultatif pour la Protection des Personnes dans la Recherche Biomédicale). Sans l'avis de ce comité, l'essai ne peut débuter. Ce comité comprend des médecins, des psychologues, des assistantes sociales, des scientifiques et juge de l'intérêt de l'étude pour les patients et l'absence de danger pour les personnes qui y participent. Il s'assure aussi que le patient recevra une information claire et complète sur l'étude avant d'y participer et y donnera son consentement libre et éclairé. Ces procédures sont régies par la loi Huriet-Sérusclat du 20 Décembre 1988.
Vos droits
Quand votre médecin vous proposera de participer à un essai, il vous remettra une notice d'information : celle-ci vous explique les buts de cette étude, les bénéfices et les risques attendus, les traitements de l'essai, leurs effets secondaires connus, ainsi que le déroulement de cette étude. Si vous acceptez d'y participer, votre médecin vous demandera de signer avec lui un formulaire de consentement éclairé : celui-ci signifie que vous avez reçu toutes les informations nécessaires avant de prendre votre décision et assure de votre liberté de choix. Il matérialise une relation de partenariat entre vous et votre médecin.
Vous avez le droit d'interrompre votre participation à cet essai à tout moment sans avoir à vous justifier. Votre médecin vous proposera alors un autre traitement et vous continuerez à bénéficier des meilleurs soins possibles. Participer à un essai clinique est votre décision. Il existe d'autres traitements possibles de votre maladie, vous pouvez en discuter avec votre médecin et faire ensemble le meilleur choix pour vous.
Si au cours de l'essai, le traitement que vous recevez ne vous convient pas (effets secondaires ou inefficacité), votre médecin arrêtera l'essai et vous donnera un autre traitement. Des assurances sont obligatoires pour votre indemnisation en cas de dommages liés à la recherche.