Radiothérapie
Radiothérapie
La radiothérapie est un traitement habituel du cancer de la prostate. Elle utilise des rayons X à haute énergie pour tuer les cellules cancéreuses et faire diminuer la tumeur. Comme la chirurgie, la radiothérapie est un traitement local.
La radiothérapie peut être utilisée à la place de la chirurgie ou après l'intervention chirurgicale pour détruire les cellules cancéreuses qui n'auraient pas été éliminées (radiothérapie adjuvante).
Quand le cancer de la prostate a atteint les os (métastases osseuses) et entraîne des douleurs invalidantes, la radiothérapie permet de diminuer les douleurs et de soulager le patient.
Il existe différentes techniques de radiothérapie. Les radiations peuvent provenir d'une machine (radiothérapie externe) ou de particules radioactives implantées dans la prostate (curiethérapie). C'est l'équipe médicale multidisciplinaire (associant le chirurgien urologue, le radiothérapeute, l'oncologue, le pathologiste et le médecin traitant) en accord avec le patient qui choisira le type de radiothérapie la mieux adaptée au cas du patient.
En savoir plus : La radiothérapie externe
La radiothérapie externe se déroule en ambulatoire (c'est-à-dire que le patient vient à l'hôpital tous les jours pour recevoir son traitement et quand la séance est terminée, il peut rentrer chez lui). On utilise des radiations à haute énergie dirigées sur la prostate, avec ou sans irradiation des ganglions. Le nombre de séances dépend de la taille de la prostate et des caractéristiques de la tumeur.
Le traitement est indolore. Il nécessite une séance par jour, 5 jours par semaine pendant 7 à 8 semaines, chaque séance durant quelques minutes. On ne donne chaque jour qu'une petite partie de la dose de radiation de façon à diminuer les effets secondaires. La fréquence et l'intensité des effets secondaires de la radiothérapie externe varient d'un patient à l'autre. Les complications digestives sont dues à l'atteinte du rectum (partie basse du tube digestif s'ouvrant à l'anus) par les rayons. Elles vont d'une inflammation de la muqueuse (rectite) avec parfois des selles sanglantes à des ulcérations rectales parfois graves. Les complications urinaires éventuelles se résument surtout à des envies d'uriner fréquentes liées à une cystite (inflammation de la vessie) "radique" (due aux rayons). Le taux d'impuissance après radiothérapie externe varie de 10 à 50 %.
La radiothérapie externe conformationnelle :
C'est un perfectionnement récent de la radiothérapie externe : elle permet d'améliorer l'efficacité du traitement tout en diminuant les effets secondaires grâce à un système sophistiqué qui permet d'adapter la forme du rayon à la forme de la prostate quelle que soit l'incidence du rayon lors du traitement.
En savoir plus : La curiethérapie
Elle consiste à implanter dans la prostate un certain nombre de grains radioactifs sous contrôle échographique. Chaque grain radioactif entraîne une irradiation très focalisée sur quelques millimètres autour de lui. La concentration de grains radioactifs permet de traiter la prostate dans sa totalité de façon homogène avec une faible irradiation des organes de voisinage, notamment le rectum et la vessie.
La curiethérapie est indiquée dans les formes précoces de cancer. Il est important que la prostate ne soit pas trop grosse (poids estimé <50 à 60 grammes) pour bien pouvoir la traiter. Le patientne doit avoir de problèmes de hanches, d'antécédent d'adénome de la prostate opéré, ni de difficultés à uriner avant la curiethérapie.
La préparation à la curiethérapie
Trois à six semaines avant la date prévue de la curiethérapie, une échographie endorectale est faite pour étudier la morphologie, le volume et la position de la prostate. Elle permet de calculer le nombre et la position exacte des grains à implanter avec l'aide d'un logiciel spécial: c'est ce qu'on appelle l'étude dosimétrique prévisionnelle.
Le déroulement de l'implantation
Quatre jours avant le début de la curiethérapie, un régime sans résidus est prescrit complété le jour même de l'implant par un lavement évacuateur. Un traitement antibiotique est débuté le même jour. L'implantation est réalisée sous anesthésie générale au bloc opératoire dans les mêmes conditions que l'échographie. Une sonde urinaire est mise en place. Les aiguilles chargées de grains sont ensuite introduites les unes après les autres. Une radiographie de la région prostatique est réalisée afin de vérifier leur disposition.
Les suites immédiates
Au réveil, on peut ressentir une pesanteur dans le bas ventre, avoir du sang dans les urines ou encore une ecchymose du scrotum. Ces inconvénients temporaires sont liés à l'insertion des aiguilles.
Le patient peut avoir des troubles urinaires comme une difficulté à uriner, des envies fréquentes ou une diminution du jet Ces troubles sont le plus souvent transitoires, ils apparaissent quelques jours après l'implantation et atteignent un maximum entre le 1er et 2e mois puis disparaissent.
Ces effets sont liés au gonflement de la prostate du fait de l'hématome et de l'oedème.
Les réactions tardives
Les séquelles urinaires (difficultés pour vider sa vessie après 6 mois) et sexuelles (difficulté pour obtenir des érections satisfaisantes) après curiethérapie existent mais sont rares, ce qui représente son principal atout.
Ces effets indésirables sont dépistés lors des consultations qui ont lieu régulièrement après la mise en place des grains.
La surveillance de l'efficacité du traitement
Elle est réalisée grâce aux dosages répétés du PSA dans le sang. Les résultats de la curiethérapie sont bons : à 10 ans, ils sont comparables à ceux de la chirurgie par prostatectomie totale.
Précautions spéciales
Les patients traités par curiethérapie sont souvent inquiets sur les risques d'irradiation pour les membres de leur famille ou leur entourage. Même si les grains implantés restent en place à demeure, le patient n'est pas radioactif et peut donc se déplacer, voyager et vivre avec d'autres personnes sous le même toit. La seule précaution à prendre concerne les enfants en bas âge et les femmes enceintes avec lesquels le contact physique étroit doit être réduit les deux premiers mois. A quelques centimètres du bassin, il n'existe plus d'irradiation détectable.
Le risque de migration des grains dans les urines ou le sperme est faible; la surveillance des urines et le port de préservatif sont néanmoins recommandés le premier mois suivant l'implant. A distance de l'implantation, une diminution du volume de l'éjaculation est fréquente.
Il est nécessaire de prévenir le centre de traitement avant toute intervention chirurgicale abdominale pendant une période d'environ 2 ans. De même, en cas de décès, le patient est averti de la nécessité d'une inhumation plutôt que d'une crémation pendant la première année suivant l'implantation uniquement.