Les examens du diagnostic
La coloscopie
C'est l'examen qui permet de porter le diagnostic de cancer du côlon ou du rectum. En effet, grâce à cet examen le médecin peut visualiser l'intégralité du côlon, repérer la ou les lésions suspectes, et les biopsier. L'analyse histologique des biopsies réalisées au cours de l'examen va confirmer ou non la nature cancéreuse de la lésion.
Tout signe rectocolique surtout s'il s'accompagne d'hémorragie doit faire pratiquer une coloscopie, seul moyen de ne pas passer à côté d'une tumeur rectale ou colique.
Dans de rares cas, cet examen ne peut être réalisé entièrement de façon satisfaisante : un lavement baryté ou une « coloscopie virtuelle » sera alors pratiqué dans le but d'explorer intégralement le cadre colique.
Pour les cancers du rectum en parle de Rectosigmoidoscopie qui apprécie en plus la distance de la tumeur de la marge anale.
En savoir plus : Principe d'une coloscopie
Cet examen permet d'examiner les parois du côlon sur toute la longueur. Pour cela, on introduit un tube souple et fin par l'anus. Ce tube est fait d'une microcaméra électronique qui montre, filme et photographie. Il est nécessaire d'injecter de l'air dans le côlon ce qui permet la progression de l'appareil et cela permet aussi de bien voir les parois de l'intestin.
Ces tubes permettent aussi d'enlever des polypes et de réaliser des biopsies c'est-à-dire de prélever un petit morceau d'une lésion pour en analyser les cellules au microscope (cette analyse s'appelle une analyse histologique et le médecin spécialiste qui la réalise est un anatomo-pathologiste).
Avant l'examen, il est nécessaire de « nettoyer le côlon » : pour cela, on demande au patient d'ingérer la veille un repas dénué de fibres et de prendre une préparation laxative qui va « vider » l'intestin. On vous demandera aussi de ne pas boire ou manger le matin de votre examen.
Cet examen nécessite une hospitalisation d'une journée ou d'une demi-journée. Il se pratique avec une anesthésie générale légère.
La durée de l'examen est de 30 minutes en moyenne. La surveillance médicale dure 3 heures environ après l'examen.
En savoir plus : Le lavement baryté
C'est une radiographie particulière qui permet de visualiser les parois de tout le côlon. Pour que les clichés réalisés au cours de cet examen soient de bonne qualité, il est important que le côlon soit vide. La veille de l'examen, on vous demandera de prendre un laxatif qui va « vider » votre intestin et de boire beaucoup. On vous demandera aussi de ne pas boire ou manger le matin de votre examen.
Juste avant de réaliser l'examen, pour s'assurer que votre intestin est bien vide, un lavement sera pratiqué. Puis, le produit de contraste à base de baryte sera injecté dans votre côlon par une sonde endorectale et le médecin suivra sa progression sous radioscopie. De l'air peut aussi être injecté en même temps que la baryte pour bien déplisser les parois du côlon et obtenir les meilleurs clichés possibles. La baryte, qui est un produit opaque aux rayons X, va tapisser la muqueuse colique et permettre de bien voir les parois du côlon et les anomalies si elles existent. Il est important de garder la baryte jusqu'à la fin de l'examen.
En savoir plus : La coloscopie virtuelle
C'est une nouvelle technique en plein développement : Il s'agit de réaliser un scanner du côlon avec un appareil pouvant faire des coupes hélicoïdales (c'est-à-dire que la source des rayons X tourne autour du patient en décrivant une spirale). Le résultat de ces coupes radiologiques est traité par un ordinateur et l'on obtient des images en deux ou trois dimensions de l'intérieur du côlon permettant de voir des polypes ou des tumeurs cancéreuses. Les images reconstituées sont très proches de ce que l'on peut voir lors d'une coloscopie classique. Cette technique permet de détecter des lésions dont la taille est supérieure ou égale à 1 cm. L'examen se déroule simplement : La veille, le patient doit préparer son côlon en prenant un produit laxatif. Le lendemain, au début de l'examen, de l'air est insufflé dans le côlon par une sonde endorectale. Le radiologue s'assure que le côlon est suffisamment distendu et les différentes coupes sont réalisées avec le patient couché sur le côté gauche puis sur le côté droit. La dose de rayons nécessaire est la même que pour un lavement baryté et l'examen dure entre 15 et 20 minutes. Cet examen est indolore, aucune anesthésie n'est nécessaire et le patient peut rentrer chez lui dès la fin de l'examen.
Il est actuellement utilisé en complément de la coloscopie quand celle-ci n'a pu visualiser l'intégralité du côlon.
Le bilan d'extension
Une fois le diagnostic établi, le médecin vous demandera de passer d'autres examens qui lui permettront de déterminer le stade de votre maladie et d'évaluer votre état général. Ceci est nécessaire pour pouvoir vous proposer le traitement le plus adapté. Le médecin va s'assurer que vous ne présentez pas de pathologie qui pourrait contre-indiquer une intervention chirurgicale : troubles de la coagulation, troubles de la fonction respiratoire, troubles cardiaques...
Puis, il va rechercher d'éventuelles métastases (localisation du cancer colique en dehors du côlon). Les deux localisations les plus fréquentes sont le foie et les poumons ; leur recherche se fait par une échographie ou un scanner ou une IRM abdominal pour le foie et par une radiographie du thorax et / ou par un scanner thoracique pour les poumons. Les marqueurs tumoraux n'ont que peu d'intérêt au moment du diagnostic de la tumeur maligne. En effet, leur augmentation est inconstante et modérée au stade précoce. Dans le cas du cancer colorectal, il s'agit de l'Antigène Carcino-Embryonnaire (ACE). Son dosage est intéressant dans la surveillance des patients après l'opération ou tout autre traitement : son augmentation signe une récidive ou une métastase.
Dans le cas particulier du cancer rectal (c'est-à-dire d'un cancer situé dans la dernière partie du côlon, proche de l'anus), la réalisation d'une échoendoscopie rectale est indispensable car elle permet de mesurer le degré d'extension du cancer au sein de la paroi du rectum. Cet examen n'est réalisable que dans cette partie du côlon.
En savoir plus : L'échoendoscopie rectale
L'échoendoscopie rectale consiste à introduire une sonde d'échographie de petite taille dans la cavité rectale. Cette sonde, parce qu'elle est très près des parois coliques, permet d'en distinguer clairement les différentes couches (5 au total) et de préciser la profondeur de l'envahissement par la tumeur. Cet examen permet aussi de savoir s'il existe des ganglions atteints à proximité du côlon. Tous ces éléments sont très importants pour déterminer le stade évolutif du cancer et adapter le traitement.
Il est demandé au patient de pratiquer un lavement simple le jour même. Le patient est couché sur le côté gauche pendant le déroulement de l'examen. Cet examen est indolore et aucune anesthésie n'est nécessaire.