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Cancer du pancréas, quelles étapes diagnostiques?

Il existe plusieurs types de cancer du pancréas.

Dans 95 % des cas, la tumeur se développe aux dépens des cellules exocrines (celles qui fabriquent des enzymes nécessaires à la digestion des aliments) : on parle d’adénocarcinome du pancréas.

Sur 9 000 nouveaux cas de cancer du pancréas diagnostiqués chaque année (Source : INCa 2011), environ 8 500 sont des adénocarcinomes. Les autres tumeurs potentiellement malignes du pancréas sont les tumeurs neuroendocrines. Elles sont beaucoup plus rares et leur prise en charge diffère totalement.

Une prothèse en cas de jaunisse

La compression des voies biliaires par la tumeur constitue l’une des complications possibles, précoces ou tardives, du cancer du pancréas. L’écoulement de la bile ne peut pas s’effectuer normalement dans l’intestin, ce qui entraîne une jaunisse. Ainsi, la jaunisse constitue l’un des modes de révélation de la maladie. Pour les patients concernés, et quel que soit le type de parcours thérapeutique qui suivra, la prise en charge débute alors par la mise en place d’une prothèse par voie endoscopique. L’intervention, qui est effectuée sous anesthésie générale par l’équipe d’endoscopie d’oncologie digestive de l’IPC, vise à rétablir un écoulement normal de la bile.

Les deux  examens clés du diagnostic

En cas de suspicion de cancer du pancréas, le patient passe systématiquement un scanner corps entier, c’est-à-dire un scanner thoraco-abdomino-pelvien. Cet examen d’imagerie permet de visualiser :

  • la tumeur,
  • sa localisation au niveau du pancréas (tête, corps, queue),
  • ses limites par rapport aux artères et veines de la région,
  • son volume,
  • la présence de métastases.

En effet, d’une part le cancer du pancréas est agressif, d’autre part le diagnostic est souvent malheureusement tardif (80 % des cas).

Le patient passe ensuite une écho-endoscopie. L’écho-endoscopie est une technique mixte qui combine l’endoscopie et l’échographie. Dirigée par le Dr Marc Giovannini, l’unité d’écho-endoscopie et d’endoscopie d’oncologie digestive de l’IPC est reconnue par les spécialistes comme une plateforme d’excellence.

Cet examen, effectué sous anesthésie générale, affine le diagnostic en précisant les limites de la tumeur et en décelant d’éventuels ganglions suspects. Il devient de plus en plus performant, permettant également d’apprécier la vascularisation de la tumeur et sa dureté, données ayant une certaine valeur diagnostique. Enfin, dans le même temps, une étude en microscopie confocale et une biopsie seront réalisées. Seule l’analyse histologique des tissus pourra confirmer le cancer.


Une prise en charge thérapeutique différente selon la forme de la maladie

Un cancer du pancréas peut être diagnostiqué à plusieurs stades :

  • cancer localisé,
  • localement avancé,
  • métastatique.

Selon la forme de la maladie et l’état général du patient, le parcours thérapeutique proposé n’est pas le même.

La maladie étant la plupart du temps diagnostiquée tardivement, les formes localisées de cancer du pancréas ne constituent que 10 % à 20 % des cas.

Seulement 10 % à 20 % des patients atteints d’un cancer du pancréas sont opérés de première intention. Le type de chirurgie réalisée dépend de la localisation de la tumeur :

  • Si seule la queue du pancréas est atteinte, c’est cette partie qui est enlevée.
  • Si le corps est atteint, l’exérèse concerne le corps et la queue de l’organe.
  • Si la tumeur s’est développée sur la tête du pancréas, le chirurgien enlève la zone atteinte, mais aussi une partie du duodénum et une partie de l’estomac. On parle alors de duodéno-pancréatectomie-céphalique.

Dans tous les cas, il s’agit d’une chirurgie délicate. L’intervention s’effectue de façon traditionnelle et elle est associée à un curage ganglionnaire. Elle implique une hospitalisation de 10 jours et il peut y avoir des complications post-opératoires (10 % - 20 %), plus rarement entre des mains expertes.

Par la suite, le patient doit souvent momentanément changer sa façon de s’alimenter et éviter tout risque de dénutrition. Au cas par cas, il peut être conseillé de fractionner les repas, d’éviter de manger trop épicé, etc. Une diététicienne de l’IPC assure ce suivi personnalisé.

Ensuite, que la tumeur soit de petite taille ou pas, que des ganglions soient atteints ou pas, l’équipe prescrit une chimiothérapie de prévention afin de diminuer le risque de récidive (chimiothérapie dite « adjuvante »). Ce protocole de chimiothérapie dure 6 mois, usuellement, à raison d’une cure brève un jour par semaine, en ambulatoire.

Afin de faire diminuer la taille de la tumeur, si la maladie est localement avancée, la prise en charge thérapeutique démarre par une chimiothérapie.

Le traitement dure de 3 à 6 mois. Il est administré tous les 15 jours et nécessite une hospitalisation traditionnelle de 2 jours pour chaque cure. 

Selon les résultats du scanner après plusieurs cures, si la tumeur a suffisamment diminué pour rendre l’exérèse possible, le chirurgien intervient comme dans le cas d’une chirurgie de tumeur localisée et selon la zone du pancréas qui est touchée.

Dans le cas contraire, si la chirurgie n’est pas possible, le premier traitement de chimiothérapie est éventuellement consolidé par un second traitement de radio-chimiothérapie : la chimiothérapie, cette fois en comprimés, est couplée à des séances de radiothérapie sur 5 semaines.

Un nouveau scanner permet de vérifier la réponse aux traitements. Si la maladie est stabilisée, le patient est mis sous surveillance.

Si la maladie s’est développée et s’accompagne de foyers cancéreux à distance, le cancer est métastatique.

La prise en charge thérapeutique repose alors, soit sur une chimiothérapie délivrée tous les 15 jours, dans le cadre d’une hospitalisation traditionnelle de 2 jours, et sur une durée allant de 3 mois à 6 mois, soit sur une chimiothérapie plus légère mais plus fréquente (une fois par semaine).

En cas d’amélioration à l’issue de ce premier traitement, une seconde chimiothérapie, plus allégée, peut être proposée. De même, elle est délivrée tous les 15 jours, dans le cadre d’une hospitalisation traditionnelle de 2 jours, et sur une durée allant également de 3 mois à 6 mois. L’autre possibilité consiste à poursuivre quelques cures supplémentaires de la chimiothérapie légère et de réaliser des périodes sans traitement, si la maladie est contrôlée.

Actuellement, plusieurs essais cliniques de chimiothérapies, dédiés aux cancers du pancréas métastatiques ou localement avancés sont en cours. Selon les critères d’éligibilité, certains patients peuvent se voir proposer d’intégrer un essai clinique à la suite du parcours thérapeutique décrit ci-dessus ou, parfois même, en tout début de prise en charge.

En savoir plus les essais cliniques en cours à l’IPC sur le cancer du pancréas.


Le pancréas

  • Le pancréas est situé dans la partie supérieure de l’abdomen, en arrière de l’estomac. Il s’étend transversalement, sous les côtes, entre le foie à droite et la rate à gauche, et se compose de trois parties : la tête, le corps, la queue.

  • Le pancréas aide à la digestion et joue un rôle majeur dans la régulation du taux de glucose dans le sang.

L'équipe médicale

Anapathologistes

  • Dr Geneviève Monges
  • Dr Flora Poizat

Chirurgiens

  • Pr Jean-Robert Delpero
  • Dr Jacques Ewald
  • Dr Régis Fara
  • Dr Olivier Turrini

Gastroentérologues

  • Dr Erwan Bories
  • Dr Fabrice Caillol
  • Dr Marc Giovannini
  • Dr Christian Pesenti

Oncologues

  • Dr Slimane Dermeche
  • Dr Marine Gilabert
  • Dr Sandrine Oziel-Taieb
  • Pr Jean-Luc Raoul
  • Dr Pauline Ries

Radiothérapeutes

  • Dr Laurence Moureau-Zabotto
  • Dr Amira Zioueche