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Cancer du pénis : un cancer rare et souvent négligé

Le cancer du pénis est rare : il ne représente que 0,7 % à 0,8 % environ des cancers de l’homme adulte. Il existe plusieurs facteurs de risque : des infections virales, le rétrécissement du prépuce (phimosis) et  le tabagisme.

Ce cancer se manifeste essentiellement chez les hommes non circoncis, au niveau du gland, voire du prépuce, mais il peut également s’étendre à l’ensemble du pénis puis aux ganglions inguinaux et pelviens.

Le traitement des cancers du pénis à l’IPC : chirurgie et curiethérapie en première intention

La prise en charge thérapeutique diffère selon la taille et la localisation de la tumeur, ainsi que son extension locorégionale. Parfois, une circoncision peut suffire. 

Le premier traitement du cancer du pénis est généralement la chirurgie. Selon le degré d’atteinte, elle peut se limiter à une simple excision de la peau au niveau du gland (équivalente à la circoncision), ou réclamer l’ablation du gland, avec une possibilité de reconstruction ensuite. L’ablation totale de la verge est très rare, et peut s’accompagner d’une reconstruction.

Selon le geste, l’hospitalisation dure de 2 à 5 jours. Parfois, plusieurs interventions et hospitalisation sont nécessaires. En savoir plus

La technique du ganglion sentinelle

En cas de cancer du pénis, la technique du ganglion sentinelle peut être proposée au moment de l’intervention chirurgicale. Technique permettant un diagnostic précis avec un minimum d’effets secondaires, elle consiste à analyser un petit nombre de ganglions situés à proximité de la tumeur. S’ils ne contiennent pas de cellules tumorales (dans environ 60 à 65% des cas), les autres ganglions sont préservés, ce qui permet d’éviter un curage ganglionnaire large responsable de la formation d’œdèmes, de limiter les effets secondaires et d’améliorer de façon significative la qualité de vie des patients après l’opération, sans pour autant augmenter le risque de récidive. En cas d’atteinte ganglionnaire, un curage au niveau inguinal et pelvien peut être requis.

Les avantages de la biopsie du ganglion sentinelle par rapport au curage inguinal (ablation de l’ensemble des ganglions) sont une moindre morbidité, sans augmentation du risque de récidive inguinale ou métastatique, et une meilleure stadification.

En effet, l’analyse de quelques ganglions sentinelles (en moyenne deux) par rapport au curage ganglionnaire total, avec au moins dix ganglions, permet de réaliser des analyses pathologiques beaucoup plus poussées et précises par des coupes sériées et des analyses en immuno-histochimie. Ceci n’est pas réalisable en pratique sur un nombre important de ganglions.

Une stadification plus précise de la maladie est donc obtenue, permettant de détecter des atteintes de petite taille qui sont généralement ignorées par une analyse standard d’un ganglion. Ces atteintes correspondent à des micro-métastases (< 2mm et > 0,2mm) ou à des sub-micro-métastases ou nano-métastases (≤ 0,2mm ; cellules isolées ou amas cellulaires).


Curiethérapie

En cas de petite tumeur du gland, inférieure à 30 mm, l’équipe de l’IPC dédiée aux cancers urologiques peut proposer un traitement par curiethérapie à haut débit, c'est à dire un traitement de radiothérapie interne. Des cathéters, destinés à recevoir la source radioactive, sont positionnés au niveau de la tumeur sous anesthésie générale. Le traitement par lui-même dure 5 jours, à raison de une ou de deux séances de 10 mn par jour, effectuées dans le cadre d’une hospitalisation traditionnelle.

Mais lorsque la maladie ne permet pas d’envisager un tel traitement conservateur, et pour éviter toute progression, la chirurgie reste le principal traitement. Il s’agit soit d’une pénectomie partielle, destinée à retirer la partie du pénis où siège la tumeur, soit d’une pénectomie totale, impliquant l’ablation totale du pénis. 

La pluridisciplinarité, au cœur de la prise en charge

Le parcours de soins implique une équipe multidisciplinaire de chirurgiens, radiologues, radiothérapeutes, oncologues, anatomopathologistes, spécialistes de médecine nucléaire qui travaillent ensemble pour garantir aux patients une prise en charge individualisée.

Outre des urologues (chirurgiens) et des oncologues médicaux, l’équipe intègre, dès le diagnostic, des radiologues et des spécialistes de médecine nucléaire. Selon la pathologie, le diagnostic peut en effet nécessiter la réalisation de différents examens d’imagerie : échographie, IRM, scanner, PET scanner, scintigraphie. S’ajoutent également des bio-pathologistes, car la seule preuve d’un cancer se fait par l’analyse anatomopathologiste de la lésion.

Si le cancer est confirmé, après l’annonce de la maladie et en fonction des besoins du patient, plusieurs autres professionnels peuvent intervenir en appui. Par exemple, un soutien psychologique peut être proposé. Parallèlement, l’équipe multidisciplinaire définit la stratégie thérapeutique la plus appropriée.

L’urologue ou le médecin oncologue constitue l’interlocuteur privilégié : le patient le rencontre aux différentes étapes de son parcours thérapeutique, pour le confirmer ou le réorienter en fonction des différents résultats des examens. S’il le juge nécessaire, le patient peut également demander un entretien à tout moment.

Après ses consultations avec les spécialistes, le patient voit le coordinateur de soins, infirmier spécialisé dans le suivi urologique. Ensemble, ils discutent de l’information médicale donnée et organisent le plan personnalisé de soins (calendrier, rendez-vous, etc.). Ils restent en contact pendant tout le parcours de soins.

Le pénis

Le pénis appartient à l’appareil génital masculin. Il est composé de deux parties : les corps caverneux et le corps spongieux. Les corps caverneux sont les tissus qui permettent l’érection. Le corps spongieux contient le canal de l’urètre et se termine par le gland. Le pénis a une double fonction : urinaire et sexuelle.

Traitement médical du cancer du pénis

Dans le cadre d'une tumeur pénienne, on peut être amenés à faire de la chimiothérapie avant une chirurgie. C'est une chimiothérapie néo-adjuvante.

On peut également réaliser cette chimiothérapie après la chirurgie, en prévention d'un risque de rechute. Il s'agit alors d'une chimiothérapie adjuvante.

Cette chimiothérapie peut aussi être administrée en cas de maladie métastatique.

Enfin, pour optimiser la prise en charge, nous participons à des essais thérapeutiques.

Ressources

  Association Française d’Urologie 

  Association Européenne d’Urologie (European Association of Urology – EAU)