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Cancers ORL : cancers de la tête et du cou

Les cancers de la sphère ORL sont également appelés cancers de la tête et du cou ou cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS).

Ils incluent les tumeurs de :

  • la cavité buccale,
  • l’oropharynx,
  • le rhinopharynx,
  • l’hypopharynx,
  • le larynx, 
  • les fosses nasales,
  • les sinus.

La plupart se développent à partir des muqueuses et le type histologique le plus fréquent est le carcinome épidermoïde. L’extension des tumeurs se fait à la fois localement et aussi dans les ganglions de drainage situés au niveau du cou.

Le rôle prépondérant de l’alcool et/ou du tabac

La majorité de ces cancers ont une cause toxique, découlant du mode de vie. Les facteurs de risque sont principalement l’alcool, le tabac, et leur association. Certains cancers peuvent également être liés à une exposition professionnelle et peuvent faire l’objet d’une reconnaissance en maladie professionnelle. Enfin, on sait aujourd’hui que le papillomavirus humain (HPV) serait responsable d’environ 30 % des cancers ORL.


Quelle prise en charge des cancers ORL ?

La prise en charge des cancers ORL s’effectue dans le cadre d’une collaboration pluridisciplinaire avec le service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de la Timone.

Le bilan d’évaluation de la maladie fait appel à des examens radiologiques qui peuvent être réalisés à l’IPC (scanner, IRM, TEP-scanner) et à un bilan endoscopique, effectué par le Pr Fakhry (consultation hebdomadaire à l’IPC) dans le service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de la Timone.

Avant tout traitement, il est également nécessaire de réaliser un bilan personnalisé des besoins du patient, aussi bien au niveau nutritionnel, que psychologique et médical. Différentes consultations peuvent alors être programmées, auprès des diététiciennes, des psychologues et, si des soins spécifiques à domicile sont nécessaires, ils sont organisés par le département d’hospitalisation à domicile (HAD) de l’IPC.

A l’issue de ce bilan, le dossier du patient est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (IPC – La Timone). Cette réunion rassemble à la fois les oncologues radiothérapeutes, les oncologues médicaux de l’IPC et de la Timone ainsi que l’équipe chirurgicale du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de la Timone. Une proposition thérapeutique est alors définie en fonction de la localisation de la maladie, du stade et du type histologique.


Les traitements des cancers ORL

Le traitement des cancers ORL repose sur la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie et les thérapies ciblées. L’organisation et l’association des différentes modalités thérapeutiques sont définies en RCP en fonction du type de maladie :

  • localisation,
  • stade,
  • type histologique.

Chaque patient bénéficie d’une consultation d’annonce avec chacun des spécialistes, qui lui expose les modalités de préparation et de réalisation des traitements ainsi que les bénéfices et les effets secondaires attendus. Ces consultations permettent de répondre à toutes les questions que se posent les patients.

Les chirurgies sont réalisées par l’équipe chirurgicale de la Timone.

La chirurgie consiste en l’exérèse de la tumeur et des ganglions lymphatiques cervicaux de drainage (curage cervical).

Différentes techniques sont possibles, par voie externe ou endoscopique à l’aide d’un laser CO2. Selon l’importance de la chirurgie, des techniques de reconstruction et de microchirurgie plus ou moins complexes sont associées.

Toutes les interventions de chirurgie et de reconstruction ORL sont réalisées par l’équipe chirurgicale du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de la Timone.

La radiothérapie externe peut être indiquée, associée ou non à une chimiothérapie, d’emblée ou en post-opératoire.

Cette radiothérapie externe se déroule sous la forme d’une séance quotidienne d’environ 15 minutes, 5 jours par semaine. Elle nécessite au préalable un scanner, à partir duquel sont définis les volumes à traiter et les tissus à épargner.

Actuellement, les traitements sont réalisés en radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI), ce qui permet d’épargner au maximum les tissus sains et donc de diminuer les éventuelles séquelles à long terme.

Dans certaines localisations particulières, le traitement peut être réalisé en tomothérapie, dans le service de radiothérapie de l’hôpital Nord, sous l’entière responsabilité de l’équipe de radiothérapie de l’IPC.

La curiethérapie est utilisée dans certaines indications (lèvres, cavité buccale, certaines tumeurs cutanées faciales), après une chirurgie ou en complément d’une radiothérapie externe.

La curiethérapie consiste à positionner, sous anesthésie générale au sein du volume à traiter, des cathéters dans lesquels sera placée, dans un 2ème temps, une source radioactive.

Cela permet de délivrer des fortes doses, tout en épargnant au maximum les tissus sains. Le traitement est délivré selon une technique de « curiethérapie haut débit de dose » à raison de 2 séances par jour (de quelques minutes) pendant 3 à 5 jours. Il nécessite une hospitalisation en secteur conventionnel. Il n’y a pas de mesures d’isolement entre les séances.

Une chimiothérapie peut être proposée dans différentes indications :

  • en induction (avant tout autre traitement),
  • concomitante à une radiothérapie (d’emblée ou en post-opératoire),
  • en cas de rechute de la maladie.

Selon le contexte, elle intègre une ou plusieurs molécules et fait de plus en plus appel à des agents thérapeutiques ayant une action précise sur une cible biologique (thérapeutique moléculaire ciblée).

On sait depuis très longtemps que le système immunitaire détecte l’émergence de la maladie tumorale. D’où l’idée d’utiliser cette barrière naturelle d’immunosurveillance anti-tumorale et d’en faire un outil thérapeutique.

Dans de nombreux cancers, les patients bénéficient déjà sans le savoir de traitements par immunothérapie, basés sur des anticorps monoclonaux. Les anticorps monoclonaux sont, à la base, des molécules capables de repérer les cellules tumorales et les protéines spécifiques présentes à leur surface (antigènes), puis de bloquer leur croissance.

Une approche récente consiste à utiliser autrement de nouveaux anticorps monoclonaux. En effet, face à une agression, comme la présence anormale d’un cancer, les cellules du système immunitaire sont en réalité naturellement « freinées » dans leur action, en partie verrouillées et endormies, pour empêcher que le système ne s’emballe et ne s’attaque aux cellules normales de l’organisme. Ces freins sont assurés par des « check-points », points de contrôle immunologiques. L’idée consiste à identifier ces verrous et à les débloquer pour réveiller l’immunité.

De premiers essais thérapeutiques, avec des molécules de ce type, appelées anti-PD1/PDL1, ont récemment donné des résultats encourageants pour certains cancers ORL. A l’IPC…