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Immunothérapie : ce que l’on peut en attendre

Comme son nom l’indique, l’immunothérapie utilise les principes de l’immunité de l’organisme et ses capacités naturelles à nous défendre contre l’apparition de tumeurs, comme il nous permet de nous défendre contre les maladies infectieuses.

En soi, le concept de l’immunothérapie, qui consiste à amplifier la réponse immunitaire anti-tumorale naturelle, n’a rien de nouveau. La greffe de moelle osseuse constitue en réalité l’une des premières formes d’immunothérapie : une fois la greffe réalisée, le système immunitaire du donneur entre en action et éradique la maladie du patient receveur. Depuis maintenant de nombreuses années, les chercheurs travaillent sur des approches multiples, vecteurs potentiels de l’immunothérapie : vaccination, immunothérapie cellulaire, anticorps monoclonaux.

 

Les espoirs de l’immunothérapie cellulaire

Si à ce jour, aucune vaccination thérapeutique n’a encore réussi à faire ses preuves, en revanche, avec les « CAR T Cells », l’immunothérapie cellulaire donne depuis peu des résultats cliniques prometteurs dans certaines hémopathies malignes (leucémies aiguës lymphoblastiques, lymphomes non hodgkiniens).

Pour contrecarrer le fait que les cellules cancéreuses parviennent à empêcher les cellules du système immunitaire de les reconnaître et prospèrent ainsi « camouflées et incognito », on prélève des cellules immunes chez le patient, en l’occurrence des lymphocytes T. Ces cellules sont ensuite modifiées génétiquement, en quelque sorte « réactivées », puis réinjectées au malade pour reprendre leur fonction initiale, mais avec des « supers pouvoirs ».

La nouvelle saga des anticorps monoclonaux : des succès à l’ampleur inattendue

Les anticorps monoclonaux sont, à la base, des molécules capables de repérer les cellules tumorales et les protéines spécifiques présentes à leur surface (antigènes), puis de bloquer leur croissance en venant s’y fixer et en fonctionnant comme des « interrupteurs ». Dans les lymphomes, l’immunothérapie est largement utilisée depuis les années 90, en association avec la chimiothérapie : avec le rituximab (Mabthéra®), les chances de guérison ont ainsi été améliorées de 10 % à 15 %. Actuellement, les thérapies se multiplient, avec des résultats significatifs chez des patients réfractaires à la chimiothérapie.

Mais la nouvelle approche consiste à utiliser autrement de nouveaux anticorps monoclonaux. En effet, face à une agression, comme la présence anormale d’un cancer, les cellules du système immunitaire sont en réalité naturellement « freinées » dans leur action, en partie verrouillées et endormies, pour empêcher que le système ne s’emballe et ne s’attaque aux cellules normales de l’organisme. Ces freins sont assurés par des « check-points », points de contrôle immunologiques. L’idée consiste à identifier ces verrous, check-points de notre système immunitaire et à les débloquer pour réveiller l’immunité.

La révolution en marche, c’est donc ce déblocage, avec des molécules appelées anti-PD1/PDL1, et qui ont récemment permis des avancées remarquables, dans les lymphomes hodgkiniens en rechute et/ou réfractaires. Malgré le peu de recul, on observe clairement des effets thérapeutiques marqués et durables : un plus indéniable pour ces pathologies, connues pour mal répondre à la chimiothérapie.

 

Optimisme et prudence

Toutes pathologies confondues, ces progrès majeurs pourraient concerner environ 20 % des patients atteints de cancer. Les succès récents préfigurant d’autres succès à venir, l’arrivée de toute une famille de nouveaux médicaments, en lien avec ce changement d’approche thérapeutique, s’avère plus que probable. L’industrie pharmaceutique investit ce nouveau champ et les essais avec de nouvelles molécules se multiplient.

Mais par définition, aucun médicament efficace n’est exempt d’effets indésirables. Plus précisément, lever les freins de l’immunité revient aussi à « jouer avec le feu », en favorisant l’émergence de réponses auto-réactives contre des cellules normales de l’organisme. Faute de recul, l’efficacité de ces nouveaux traitements sur le long terme n’est pas connue : on ne peut pas encore parler de traitement curatif. Par ailleurs, comment cibler avec justesse les patients susceptibles de tirer le meilleur parti de ces nouveaux traitements, qui coûtent 10 à 20 fois plus chers que les thérapies standards ? Sera-t-il possible de retraiter des patients en cas de rechute ? De nombreuses questions restent en suspens, mais l’optimisme nait du simple fait de pouvoir les formuler.

Recherche : la piste des cellules NK

On sait que les cellules « natural killer », dites NK, participent à la surveillance immunitaire contre les infections et le cancer. Elles éliminent de façon efficace les cellules tumorales, sans toxicité pour l’organisme.

Partant d’une observation partagée par les scientifiques travaillant sur l’immunothérapie, selon laquelle les patients qui reconstituent plus vite et en nombre plus important les cellules NK dans leur sang suite à une allogreffe se rétablissent mieux, une cinquantaine d’essais cliniques d’immunothérapie sont menés avec des cellules NK dans le monde.

A l’IPC, un essai clinique spécifique a été lancé en 2011. Son but : optimiser les résultats des greffes allogéniques (donneur issu de la fratrie) en s’appuyant sur les atouts des cellules NK. Des  cellules NK parfaitement caractérisées sont donc administrées aux malades, en complément des greffons cellulaires hétérogènes classiquement utilisés.