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Une année nébuleuse

LE LYMPHOME DE MICHEL JOUVE S’EST DECLARE LE 20 JANVIER 2013, ALORS QU’IL AVAIT 71 ANS. SOUTENU PAR SON EPOUSE, IL N’A JAMAIS PERDU SON OPTIMISME MALGRE LES BOULEVERSEMENTS QU’ACCOMPAGNE UN TEL DIAGNOSTIC.

« Je ne savais pas ce qu’était un lymphome quand on m’a posé ce diagnostic, mais on m’a dit que c’était un cancer qui se soignait et que j’en guérirai. Je n’ai jamais pleuré, j’ai toujours gardé le moral, je voulais me battre et gagner.

Une première fois, nous avons cru que mon lymphome était parti, mais c’était pour mieux revenir. Il a récidivé, ma chimiothérapie aussi. Au total il m’aura fallu 11 séances pour en venir à bout. Pendant près d’un an je ne pouvais plus rien faire de mes activités habituelles : plus de pêche, de chasse, de cueillette de champignons ni de bricolage. Les traitements donnaient un goût terreux à tout ce que je pouvais avaler, tout était amer. Les nuits étaient difficiles, pour que le vélo arrête de tourner dans ma tête, il fallait que je pense à d’autres ou à ce que j’avais fait de ma journée.

Ce que je redoutais le plus était les ponctions lombaires et les injections intrathécales. Systématiquement, je bougeais mes orteils pour m’assurer de ne pas être paralysé. Je me souviens du sentiment de soulagement que je ressentais à chaque fois que je sortais d’une de ces séances. Même si je savais que la maladie était encore là, la peur, elle, m’avait quittée jusqu’à la prochaine séance.

Ma fille et mon épouse ont été d’un secours remarquable. Mon épouse était mon bâton et mon agenda, quand je n’étais pas bien, elle lisait à côté de moi en me tenant la main. Nous avons vécu cette année ensemble, avec tout ce que cela peut comprendre. Un jour, alors que j’étais tombé comme un château de cartes devant la porte de la salle de bain, j’ai senti que le moral me quittait. C’est elle qui m’a remis sur les rails : il ne fallait pas que je lâche prise. Je n’ai jamais eu d’appréhension à parler de ma maladie, au contraire. Cela faisait sortir tout ce que j’avais en moi. Je dis souvent que j’ai eu de la chance que mon lymphome et sa récidive aient été pris à temps. Depuis ma maladie, je pense qu’il n’y a pas grand-chose qui ait changé dans ma façon d’être, sauf peut-être que je suis un peu moins rapide qu’avant. Aujourd’hui, je pars du principe que ce que je ne peux pas faire en deux heures, je le ferai en quatre et si je ne peux pas le finir aujourd’hui, je le finirai demain. »