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Finir... l’isolement

CHRISTOPHE POZUELOS TEMOIGNE DE SON VECU FACE A SON LYMPHOME FOLLICULAIRE RECIDIVANT.

POUR LUI, LA MEILLEURE THERAPIE EST ENCORE DE S’INVESTIR POUR LES AUTRES PATIENTS.

« Le lymphome est une maladie compliquée qui fait mal et qui bouleverse le cours d’une vie. Le mot cancer fait peur, on pense à la mort quand on l’entend, c’est un véritable traumatisme psychologique. Le plus difficile n’est pourtant pas de l’accepter mais d’accepter ses nouvelles faiblesses et sa nouvelle image.

Les traitements laissent des stigmates, même si les nouvelles molécules en laissent de moins en moins.

La société nous regarde comme un extraterrestre, un contaminant ; on perd la relation de confiance avec son banquier et ses assureurs. Pour une femme c’est encore pire, lorsqu’elle perd ses cheveux.

J’avais un métier avant que le lymphome ne vienne perturber ma vie, je vendais des produits d’alimentation sur les marchés, mais ce n’était plus compatible avec mon état de santé.

Quand vient la fin de la thérapie, un grand vide s’installe. On est un petit oiseau sur une branche à qui l’équipe médicale donne la béquée pendant plusieurs mois, on est très entouré, très choyé, et puis tout à coup tout s’arrête. On est toujours sur cette branche, on doit voler de nos propres ailes mais on ne sait ni comment ni dans quelle direction.

Alors on se sent abandonné. Beaucoup sombrent dans une dépression à ce stade-là.

Cela n’a pas été mon cas car ma famille m’a beaucoup soutenu. C’est un véritable avantage de pouvoir affronter la maladie à plusieurs. Beaucoup de patients isolés n’osent pas le dire à leur médecin. Car même si aujourd’hui ils sont davantage tournés vers les soins de supports et la communication avec les patients, ils restent des médecins en blouses blanches et impressionnent toujours autant. Les médecins sont les ingénieurs de la réparation, tandis que les infirmiers et aides-soignants sont en première ligne face à la souffrance des patients.

J’ai appris que j’étais atteint d’un lymphome folliculaire en septembre 2001, par hasard, suite à des douleurs abdominales. J’ai eu de multiples récidives, plusieurs cures de chimiothérapie et une autogreffe, avec tout ce que cela signifie en termes de qualité de vie.

J’ai trouvé une bonne thérapie dans le travail et dans ma relation avec les autres. Depuis 2009 je suis membre actif de l’association France Lymphome Espoir dont le rôle et d’informer et de soutenir les patients et depuis 2013 j’y suis salarié. J’y apporte mon expérience pour alléger la violence que les nouveaux patients peuvent ressentir, comme je l’ai ressentie moi-même.

J’y fais de belles rencontres, je partage avec eux des moments difficiles mais aussi des moments agréables. »