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Dr Marc Giovannini : « La biologie, une aide à la décision thérapeutique »

Le Dr Marc Giovannini, responsable de l’unité d’échoendoscopie et d’endoscopie d’oncologie digestive de l’IPC répond à nos questions sur le cancer du pancréas

Que représentent les cancers du pancréas dans l’activité de la plateforme d’échoendoscopie et d’endoscopie digestive ?

Marc Giovannini : L’échoendoscopie est une technique mixte qui combine l’endoscopie et l’échographie. Plus précise que le scanner ou l’IRM, c’est un outil unique pour le diagnostic des tumeurs digestives. Aujourd’hui, notre activité d’échoendoscopie diagnostique est dédiée à 70 % au cancer du pancréas. Parallèlement, 40 % à 50 % de notre activité d’échoendoscopie thérapeutique concernent la mise en place de prothèses biliaires, qui permettent de soulager les patients atteints d’un cancer du pancréas et d’envisager un traitement par chimiothérapie.

Nous allons sous peu évaluer un nouveau traitement local visant à détruire les tumeurs du pancréas à un stade avancé : « l’hybridtherm », technique basée sur l’association des radiofréquences et de la cryothérapie, c’est-à-dire du chaud et du froid, le tout guidé par échoendoscopie. Un protocole international sera mis en place en 2015. De même, l'IPC participera à un projet national concernant la destruction par radiofréquence guidée par échoendoscopie des tumeurs endocrines et cystadénome mucineux pancréatiques.

 

En quoi la recherche en biologie peut-elle vous permettre de progresser dans la prise en charge des cancers du pancréas ?

Marc Giovannini : Aujourd’hui, les traitements proposés pour un cancer du pancréas sont peu ciblés. Pour progresser dans la prise en charge de ce cancer, nous avons besoin de facteurs pronostics : savoir si, en fonction des éléments qui la caractérisent, telle tumeur doit être opérée ou pas, si elle va être sensible à la chimiothérapie, et éventuellement à quelle chimiothérapie. Une meilleure connaissance de la biologie moléculaire des tumeurs du pancréas nous permettra de développer des traitements plus adaptés, si ce n’est à la carte.

 

Toujours dans l’optique de faire progresser la prise en charge des cancers du pancréas, l’échoendoscopie présente-t-elle d’autres intérêts ?

Marc Giovannini : Oui. Courant 2013, nous avons démarré, avec le Pr. François Eisinger, responsable du département d’Anticipation et de Suivi des Cancers de l’IPC, une activité de dépistage du cancer du pancréas sous échoendoscopie. Certains patients potentiellement à risque, en fonction du nombre de cancers du pancréas survenu dans leur famille, ou parce qu’on a détecté chez eux une mutation génétique (BRCA2, STK11...), ou encore parce qu’ils sont atteints d’une pancréatique chronique héréditaire, se voient proposer un suivi annuel, sous échoendoscopie.